‹ Le Régent de rhétorique, moeurs flamandesChapitre 32 sur 56 · LE BAL. I^^S · texte numérisé non relu

LE BAL. I^^S

mères dérisions de^a toilette, -- il est vrai, peu fashionable, — et des sarcasmes de son maintien gêné. lDsensii>lement la salle se remplit, et perdu dans la foule, Félix, des itTitatioDS de Fempêtrement , tomba dans les angoisses de l'attente. Enfin, Lucile parut ; plusieurs jeunes gens se jetèrent audevant d'elle pour obtenir de ses contredanses, et p^rmi eux, un officier de grenadiers, dont la haute taille dominait celles des autres postulans. Cet officier parlait à Lucile avec une sorte d'intimité.

La tue de cet homme fit mal à Félix.

Par nature, te doux et simple r^ent devait éprouver une aversion décidée pour un Êit avide de se mettre en évidejrice, de trancher de tout et de &irc du bruit. Au spectacle , le voisinage d'un tel homme faisait, dui^nt toute la représentation , le malheur de Félix, lui gâtait le plaisir de la soirée et le renvoyait maussade et irrité.

176 LE aéGÈlIT DE RHÉTOllIQUE.

Cette antipathie assez fini» déjà y ne tarda point à s'accroître par les attentions* non équivoques que se mit à étaler pour LucUe le LoYekce à plumet rouge ; il prenait à cœur de venir sans cesse se placer entre Lucile et FélisL. Malgré Faccueil réservé de.M"''' Lecomte, on le voyait au spectacle, dès que ces dames arrivaient , aller prendre une place dans leur loge , les forcer à lui répondre^ et souvent même les obliger, par des instances eftrontées, à accepter son bras pour sortir.

S'il les rencontrait, il leur fiiisait des saluts pleins de fiimiliarité , et les abordait même parfois, sans se mettre en peine ni de la froideur de M""" Lecomte, ni encore moins de la colère de Félix, de Félix qui s'était senti, prêt , en diverses occasions , à demander compte au fat des airs dédaigneux qu'il prenait à son égard.

L'arrivée d'une autre danseuse en vogue, dissipa enfin le groupe de jeunes gens qui

Page 1