LE REGBNT DE RHÉTORIQUE
en un .moment ! Ou plutôt y n^en avoir ja-^ mais été aimé^ moi , moi qui l'aimais ! combien TOUS le save;.
Marie balbutia quelques consolations, que Félix rejeta avec désespoir.
' — Trahi! iûdigiiement! victime d'une longue et amère mystification! voir une femme, une jeune fille se jouer du bonheur d'un homme avec un esLécrable sang-froid > avec une dissimulation satanique; je ne crois plus à rien qu'à la perfidie. . !
-^ Calmez-vous, mon ami, disait Marié en lui prenant affectueusement les mams ; calmez ce désespoir;
— Vous l'avez vu, Madame, reprit lé régent avec plus d'én^gie, et/ à son insu, amplifiant la doruleUr qu'il é^uvait; car il y a de l'amour propre et de la pompe jusque dans la douleur la plus réeUe.et la plus vive; vous l'avez vu, avec quel af t elle a détruit le bonheur de toute ma vie! £t dites-^moi, quelle croyance je puiç gdtrd^ maintenant
CAÏAST&OPHES. 223
en mon cœur, après ce cruel dédencHante^ ment, après cette atroce perfidie?
11 en était là de ses plaintes , et les consolations que Marie, dans sa fervente amitié, s'efforçait de leur opposer, ne produisaient d'autre résultat que le résultat produit par des pierres jetées dans un ruisseau pour l'arrêter : elles peuvent suspendre sa course durant une seconde ; mais ensuite elles donnent à cette course plus de roideur et de ra-* pidité.
Il en était là, disons-nous, de ses plaintes;, ■quand Jacques Lefsbvre entra effrontément dans le salon, son bonnet sur la tête, et avec un air d'arrogance qui formait contraste avec la benoîte humilité dont il s'enveloppait d'ordinaire.
— Madame , dit-il , d'un ton de voii insolent , je viens vou; dire que je m'en vas et vous demander mes gages.
.•'^Yoiis save2 bien, Jacqui^, que vous
il34 ^^ RÉCtlBNf 0fi ÂHÊTÔtilQUE;
n^êtes pas à mon service, maid au service dé M. Lecomte.
^^ M; Lecomte, M. Lëcomte ! fit le garçon d'écurie, en hochapt la tête; ce M. Le-:
comte, où est-il depuis hiex? On ne Fa point vu , et toutà«rheure des huissiers sont venus le demander et l'attendent eticorél^ Un trouble mortel saisit la jeune femime ; ' tous ses membres s'agitèrent d'un mouvement çonvulsif.
— Mon Dieu ! mon Dieu ! dit-elle , mon Dieu ! quel nouveau malheur va me frapper encore?
— Voulez- vous me payer, Madame , une fois j deux fois? on ne sait pas comn^ tout
cela va finir, et je sais des choses Suffît ^
je veux mes gages, je les ai bien gagnés, et à la sueur de mon corps.
Marie était tombée prévue âins connaissance , et Félix s'efforçait de la &ire revenir à elle. Tout-à-coup des huissiers se monti^nt à la porte de l'appartement ; et l'un d'eux ,