‹ Le Régent de rhétorique, moeurs flamandesChapitre 48 sur 56 · LE RÉGENT DE RHÉTOEIQUE · texte numérisé non relu

LE RÉGENT DE RHÉTOEIQUE

On sonneà la porte* Qui peut ireDir à cette heare? Félix peut-être.

Joyeuse^ elk courut ouvrir ... Mais c^était un inconnu. Il est porteur d'une lettre^., une lettre à elle!, à l'adresse de M"* Leconfie,. . • — l'écriture de Félix ! cher Faix ! Il n'a pu Tenir me yoir dans l'après-dlner.

11 ne le peut encore' ce soir, et Toiià qu'il m'écrit !

Disant ces paroles^ elle attisa son feu, se blottit comme il fiiut dans une grande ba:gère, reste de son ancienne opulence^ et s'établit de la sorte afin de se livrer avec un calme voluptueux, à la lecture du billet de Félix.

<( Je vous méprise. Je pars sur l'heure pour a ne jamais revenir ici. .

£Ue resta les yeux fixés sur ce billet, et

deiuL fois elle crut éprouver un affreux cauchemar, deux fois, elle s'agita pour tacher d'en sortir. . "

Non. C'est la réalité.

Pourquoi s'alarmer? une erreur, une calomnie a causé tout cela, il lui sera Êtcile de se justifier. JPélix est bon, il est ^néreux, il ne la condamna:^ pas sans Ij'entendre* Il iâut (|u^lle le voie, à l'instant, — aussitôt, — sur l'heure. 11 ne paitira pas si vite que cela. .

£lle court, elle court. Elle arrive^ hors d'haleine, dé&illante.

—M. Félix?

— Il vient de partir en chaise de poste avec M""" Françoise, sa gouvernante.

— Pour quels lieux? dites, dites, oh, dites, je vous en supplie!

— Ma foi, il ne nous en a point parléj il ' a emporté presque tous ses effets, et il nous a prévenu^ ou plutôt il nous a &it prévenir qu'il ferait reprendre le reste plus tard.

^4 ^^ EiGERT DE AaÉTORfQVE*

Bfarie restait éperdue, assourdie et sans prendre^garde à k joie inaligiie et à k curiosité dérisoire dont elk se trourait l'objet en oe mcmient.

Sans penser, machinalradent, et dans un état douloureux de brûknte stupidité, elle rentra chez elfe, kissant sa porte ouverte, et n'ayant dans k tète qu'une idée ou plutôt qu'une souffrance qui l'embrasait?

Tout-à-coup, un kntâme entre et se met devant Marie.

C'est M. Lecomte.

Il jette le d^isement qui le couvre. — Je ne «uis point mort, Madame, mais j'ai £dt croire que j'étais mort.

— Rassurez-vous, ajoi|ta-t-il, sans qu'elle l'ëcotitat et tandis qu'eUe attachait sur lui des yeux hébétés. Menacé d'une peine terrible, j'ai jeté mon manteau dans une rivière; on m'a pensé mort; un cadavre trouyé par hasard est venu appuyer ce^nensonge, et j'ai

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pu fuir en Belgique sans être iaquiétéj j'ai voyagé dix mois sous un nom supposé^ et me voici de retour^

Le misérable s'était enfui avec une somme assez' forte qui lui restait, et la somme avait été bientôt dissipée. Le hasard lui ayant appris l'héritage qu'avait fiiit sa femme, il venait réclamer sa part de cet héritage ou plutôt lé prendre tout entier.

— Je ne veux que personne sache ici mon arrivée. Vous vous tiendrez prête, vous et vo- /tre fils à partir au point du jour avec moi. ' Jules sera mis en pension dans une ville voisine.

A ces mots, Marie i^couvra toute sa raison.

Elle courut au lit de son fils, le prit dans ses bras , le couvrit de baisers , et versa un torrent de larmes. Elle s'arma ensuite de toute l'énergie qui lui restait, et s'écria:

— Quitter mon fils ! non .

266 LE RÉOEIIT DE fiHtTORIQVE.

Lecomte fit un geste impérieux et meuaça^it.

— Vous obéirez!

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