LA FILLE DU FERMIER
'— Il est impoGsible que tous Fentricz à la ferme , Jacques. Vous arez trop de fois abusé de la patience de mon père ; et quand même je voudrais intercéder pour vous, il ne m'é* coûterait pas.
Ge que disait la jeune fille était plus ^ désolant de paroles que d'intonartièii , car elle parlait si doucéuieiit et avec tant de honié ^ que Jacques en fut tout ragaillardi.
Son refus, il le sentit , son refus d'une aumône et les grands sèntamens , mis en avant par lui, opéraient leur eSet, et il reconnut qu'un effort nouveau et du même genre, obtiendrait victoire complète; ii , i
— Puisqu'il n'y a plus d'espoir pour moi y Mademoiselle, il Êiut bien me résigner; Que Dieu ait pitié de ma pauvre femme et de
mes quatre enfans! 'Mais, ajouta -t-il^
après un moment de silence , et en affectent ime grande timidité , j'ai une &veut à voa6 demander, et j'y tiens, à celle-là, encoi^
il LE aiOMt DB EBiimiQUE.
plus qu'au travail doot j'ai, hélas 1 tant besoin pour nourrir ma femme rt mes quatre en&ns.
Yoyea^Tous, Mademoiadle^ il y a un brave homme d'avocat, qui m'a défendu gratis, et sans même le faire demander; ^ j'allais en avoir au moins pour trois mois , quand ilVest levé topW-coup en disant, e^est une infustice! Il n'en mérite pas tant; et puis l'autre! le procureur du Roi, a eubeau parler, et dire ça, çà , et ça, mon honune lui a fermé la boudie, et je n'en ai eu que pour huit jours. .
Ici Jacques releva doucement la tête, qu'il avait tenue baissée jusqu'alors , et vit que Marie l'écoutait avec un int^t ex- ^me^
-r- Bon, pettsa*t*il, je la tiens; il continua tout haut» '
f^ Or, Mademoisirfle, vous comprenez bien que je n'avais pas un sou à loi donner; au contraire, c'est lui qui m'a mis dans la
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niain une pièce de ti^Ble sous* Mais|e me suis dit t on peut être pauvre, niais non pas ingrat; si je ne peux m'acquittera envers lui , je connais une bonne et digne personne qui le fera pour moi. Le bon Dieu m'a servji à souhait.
J'ai appris en arrivant que M. Moreau allait avoir un grand, procès avec M. Ger^^ mer son voisin , à cause de cette pièce de terre, vous ;savft bien. Yoilà pourquoi je suis venu vous trouver à cette fin dC' vousr prier de prendre pour avocat M. Liayrent Lecomte. Dites^ un mot à M., votre père, et comme il veut tout ce que vous vquIesE^ — car qu'est-ce qjai aurait le cœur de vous refiiser quelqucLchose ? — mon brave hpmme d'avocat sera récompensé comme il faut de m'avoir défendu gratis., Si je sqis dans la misère, du moins je ne serai pas ingrat.
— Vous êtes un honnête garçon , Jacques. ^
-r- Bon, me voilà rentré à la ferme, spn-^