LE RÉGENT DE RHÉTOKIQOT
gea le malin paysan ; j'ai fiiit mon affairiez
— Adieu, Mademoiselle, merci ; je vous suis plus reconnaissant que si vous m'aviez donhé du pain, à moi et à mes quatre petits eniâfns.
— Jacques, Jacques, écoutez- Ne vous en allez pas si vite; si j'étois biep sûre que vous fussiez corrigé, «je tacherais de vous filire rentrer à là ferme.
-^ Si jamais un pareil bonheur m'arrivaii !....;
El bien, allez m*y attendre. J'aperçois là^bas mon père, et nous tacherons d'arranger tout cela;
— Je le savais bien quUdjé rentrerais, ma belle fermière , mâchonna Jacques, qui riait dans Éa barbe. Et saluant jusqu'à terre , il se rendit tout droit à la ferme, oà il s'installa bientôt conime ^ fumais il n'en avait quitté. »
• Cependant Marie allait au-devant de son
. hk VILLE DO fBlMliSR. 3?
père, grpB homme d'une haute taiUe et d'un embonpoint peu ordiuaire. A l'aspect de ia fille, la physionomie rouge et bonne de M. M«Ba« prit «ne «p«rioa inréea«Ue déplaisir. .
^ Marie l'embrassa et mit son petit braa frêle sur le bras robuste du gigantesque
— SaTez-Vouâbien, mon père, que toute ma couvée de cygnes a réusà?
— ^Yraiment, mon ange^ répliqua M. Moreau d'une Toix retentissante.
-^ Quatre petits cygnes ! Rien moins quç cela. Tenez, voyez, conmie ils sont gentils , n'est-ce pas? *
. -~Sur mon âme, je n'en ai jamais VII de plus beaux.
--^ Mon Dieu, méchant père, comme vous voilà tout en nage ; jW be^u vous gronder , vous n'en êtes pas moins dan» les champs et au soleil depuis le matin jusqu'au soir; vous n'êtes pas du tout rai«
39 LE HteBKT DB lUIÉTOR^UE.
sannaUe : voua yerres qu'il fiiudn que je m»
&che.
— Je te le oonMlle, dit k ftnmer en {Humait Marie per le menton et en^hii éoMr nant un gros baiser sur ses àeài. joues fraîches.
— Et Tos discussions avec le Toiân Ger> mer? demanda Marie ^ qui retmait sa jxm Clinnme si elle n'eût osé parler.
Le visage de M. Moceau se rembrunit et s'irrita.
— Un entêté! Un homme de mauvaise foi; mais je plaiderai : Oh ^ nous verrcms si je lui cède. Ce ne sara du moins cpi'après avoir vendu ma dernière mercaudée de terre*
— Plaider cela vous coâftera bien
cher et vous causera bien des inquiétudes.
— Je m'en moque, sacrebleu I... Ne crcnstu pas que je vais luil^éder? Tu t^ moques de moi, je pense?
-^ Non pas, mon père , et , au contraire, je vous approuve tout-àr-&it.
-^ Gesilmn hetirèiix! réfMmdît k ferittMr radouci «t souriant.
— Je tous âpprott?»^ wùù pèi«>M ji VMX même tous donner un arocat de ma Bi«ia«
-r^Yiiaimettt!
— Un jeune homme plein de takns ^ un jeone lumune qui a défe^»dtt gratutteniiit et de lui-même fe poutre Jacques; oer qui lui a épargné ad moins six semc^eS) sitton plus, de prttOti«
— Beau servioe qu'il a rendu Au nlbgsf Sur mon âme il eût miéu^ irakiqueton Jac^ ques restât en prison toute sft vie.
— Ak ! cela est mat, cfe que tous dites; fif le méchant que tou^-étes. SaTec-^TOiis bien que Jacques a quatre œfens? Voyons : Toulez-Tous de mon aTOCat? c'est VL, Laurent Lecomte,
— J'en ai déjà , plusieurs &âs, entendu dire du bien.
— Je le crois ! c'iest le meifieur arocat d« toute Ift TiUe.
40 LE R^a^NT D|ï RHÉTORIQUE.
— Diable! il a en toi un chaud partisan.
Eh bien, puisque tu le veux abaolumeuty c'est li4 que je chargerai de maa affaire^ je te le pnmietfi..
— Merci, mon père; et elle lui sauta au cou.
Skir ces entre&ites, tous les deux étaient arrÎTës. devant la ferme, où Jacques ^empressait, haUt bas et manches retroqssiées, de vanner du grain en faisant un grand étabge d'activité.
~ N'est-il pas vrai, Jacques^ que M. Laurent Lecomte est un bien bon avocat? demanda Marie avant que son père eût eu le tems d'apercevoir le domestique.
— Je le crois bien, Mademoiselle! répUqua •J^^çques sans cesser de vanner $on grain, tant il avait à cœur sa besogne, le meilleur avocat qif'on puisse voir-
M. Moreau.fit quelques questions à Jacques, comme si ce dernier n'eût jamais été chassé de la fevme, et, avec le t(m de bonté
M- HLLE DU FERHIEli. 4 1
dont Marie avait pris si adroitement l'inir^^ tiative. ' : : '
-^ Puisqu'il a d bien agi à ton égard, selle mon cheval et prépare-toi à venir avec moi. ' Noua allons aller voir ensemble de suite ton M. Lecomte, et je le chargerai d'une affaire que j'ai.
— ^ Mademoiselle, que Dieu vous bénisse, dit à la jeune fille le patelin Jacques courant à l'écurie avec l'empressement d'un homme qui veut &ire oublier des torts qu'il a eu j en un instant, deux chevaux furent sellés, et M. Moreau, escorté de Jacques, se. piit en route pour la ville.
Le soir il fiiUut que M. Moreau, de retour, répondît aux questions signs fin de Marie sur son nouvel avocat} encore ces'questions ne la satisfirent point complètement, car elle s'en fut les continuer à Jacques, qui spupait.
pnfin, quand l'heure du coucher advint,
4a LE lli«EK*r DB AHiWAIQBp/
Mttrie s'êndûrmit plus ^rd que de ccmtiâiie^ et toute la nuit elle rê?a à l'éloquent àTOCat qui avait défendu si généreusement le paorre Jacques;
DAVOCAT.
Et TOUS , menienn les mcmbref du banean , ayez sans cesse deyant les yeux, les deyoirs importaBS de TOt«e noble professioii. Qu'il toos souYienne sans cesse, que si yoQS derez prêter yo* tra ministère à rianooent cpt'aceabknt des apparences funestes , -vous deyez repousser les sëdn»* tions du coupable qui yons offire de J'or pour défendre et &ire yaloir sa canse inique, ^yautë, yertù, intégrité, yoilà yotre deyise.
— Un FfiOCTTREUR DU Boi (MerçurialeJ , —
Les femmes en général valent mieux que les hommes; D'a)x)rd^ parce que kur orga-