CHAPITRE XV
CE qu'il faut penser du traité de la HAYE
Les Anglais s'en félicitèrent comme de rachëvement d'un grand ouvrage, pour eux de la dernière importance dans là situation '.
Les Hollandais se réjouissaient d'un traité qui, sans leur coûter rien, dissipait toute crainte de guerre et leur ouvrait la perspective d'un ère réparatrice. Heinsius se plut à penser, comme l'abbé Dubois, que cette Triple Alliance ferait, une glorieuse figure et serait le fondement de la sécurité de la République pour des années '.
Le premier fruit qu'il en tira fut de narguer les Impériaux. Il communiqua au marquis de Prié la résolution des États prise le 5 janvier, par laquelle ils se déclaraient prêts à entrer en négociations pour accéder à l'alliance (du 25 mai (5 juin) 1716) entre le roi d'Angleterre et l'Empereur; mais il resta muet sur le traité signé la veille avec
1. Leathes à Slanhope, la Haye, 26 février 17i7. Rec. Off.^ liolland, vol. 379.
2. Lord Whitworth à lord Sunderland, la Haye, 21 mai 1717. Rec. Off., %Uand, vol. 380.
la France. Il n'y eut que le greffier Fagel qui, avec détachement, dit à Prié qu'il Tavait sans doute appris ; sur quoi, le ministre autrichien répondit que c'était le bruit public*.
Si raides jusque-là, les Impériaux s'adoucirent. M. do Heems affirma que l'Empereur désirait cultiver la plus étroite amitié avec le roi; et qu'il espérait prochainement l'aplanissement complet des difficultés de la Barrière avec les Etats. Le même eut ordre de sa cour de se rendre près du tsar à Amsterdam, pour lui signifier que l'Empereur s'attendait que les troupes russes évacueraient l'Empire: sinon, il serait forcé de prendre des mesures de concert avec les princes de l'Empire pour l'y obliger. Heems était porteur d'une lettre de Charles VI qui ne donnait à Pierre que le titre de Serenitas *. Elle lui reprochait en termes très rudes les excès des Moscovites dans le Mecklembourg:, l'invitant à remmener les soldats étrangers et à réparer les dommages ^.
Ainsi l'alliance de la France servait tout de suite George P^ Elle le rehaussait aux yeux du chef de TAllemafrnc qui, dès lors, n'hésitait plus à s'apercevoir qu'il devait couvrir de sa protection l'électorat de Hanovre contre les dangers du dehors. George y avait donc gagné la sûreté de ses Etats d'Allemagne, de même que raffermissement de sa couronne d'Angleterre.
Il est temps de se demander en quoi ralliance de l'Angleterre pouvait servir le Régent et la France.
Pour le plus grand nombre, le nom de Dubois y a