‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 166 sur 209 · Elle élait en latin · texte numérisé non relu

Elle élait en latin

3. Lord Cadogan à Methnen, la Haye, 22 janvier 1711. Rec. O/f., ttoUand, vol. 379.

imprimé une souillure, un infamant péché originel : des stipulations honteuses; et la forme pire que le fond ^

Ou bien, dans des termes plus modérés : « Le traité de la Triple-Alliance fut en général désapprouvé du public. On disait tout haut que le Régent sacrifiait à ses vues personnelles la gloire et Tavantage de la nation ; que Texpulsion de France d'un prince malheureux, et qui n'était point à craindre pour TAngleterre, était un acte de complaisance scrvile; que la démolition de Mardick était une atteinte portée à l'honneur du roi; que la position agitée et incertaine de la Grande-Bretagne, sous l'autorité de la maison d'Hanovre, ne la mettait point dans le cas d'imposer de pareilles conditions *. »

Il faut convenir que la démolition de Mardick, l'admission de commissaires étrangers pour surveiller les travaux,, cela n'était pas glorieux. Nous sommes choqués aussi de l'espèce de travestissement qui masquait le roi de France en Roi Très-Chrétien et affublait de ce titre le roi d'Angleterre. Mais c'était un legs des temps antérieurs. Ni Dubois ni le Régent n'en doivent répondre.

Le rasement de Dunkerque, nous l'avons montré au commencement de cet ouvrage, n'avait pas été imposé ni accepté comme un de ces sacrifices nus que la victoire arrache à la défaite, le fer sur la gorge. Tandis qu'en 1709, pour prix d'une simple suspension d'armes de deux mois, on exigeait cette destruction, en même temps que la cession de Lille avec sa châtellenie, et douze autres places fortes, pour la Barrière des Hollandais; en 1713, à Utrecht, elle avait servi formellement (art. IX) à racheter Lille et à

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reconstituer la frontière française. Nous ne pouvons noiM. ^ empêcher de regarder comme contraire à Tesprit du traite' dXtrecht, la construction de Mardick qui retirait d*uno main ce qu*on avait cédé de Tautre contre équivalent S et mettait sur le chemin d'une nouvelle guerre le royaume épuisé par treize années d'une lutte désastreuse. Od oubliait trop le moment où Tabbé Gauthier arrivant de Londres pour demander si Ton voulait la paix (1711), cette paix « aussi nécessaire, aussi désirée qu*elle était peu attendue », avait été reçu comme celui qui viendrait « demander à un malade attaqué d'une longue et dangereuse maladie s*il en veut guérir ' ». Et, à vrai dire, le port de Dunkerque n'avait pas été la rançon seulement de Lille, mais de la France elle-même, puisque le salut était de traiter séparément avec l'Angleterre, et que cela était impossible sans ce douloureux sacrifice.

L'admission de commissaires étrangers . « pour être témoins oculaires » de l'exécution de l'engagement pris, était plus fâcheuse moralement. Rien de pareil n'avait été inscrit dans le traité d'Utrecht. Mais la manière dont on s'y était pris sous le feu roi pour ne pas Texécuter, avait aiguillonné la défiance des Anglais. Us voulurent des sûretés. M. dlberville, après avoir disputé d'abord, quant à la destruction, sur des points par lui mal choisis, reçut du Régent Tordre de s'accommoder. Alors, il abandonna tout; et en acceptant le plan de démolition dressé par le ministère de Londres, il accepta aussi l'aggravation de la surveillance étrangère, sur laquelle dès lors il n'y avait plus à revenir, ni à Paris, ni à la Haye, à moins de rompre.

Ce n'était pas qu'il n'y eût, dans le règne même de

i. Équivalent est le terme inscrit dans Parlicle IX. 2. Torcy, Mém„ p. 666.

Louis XIY, un exemple de cette sorte. Ce monarque, par le traité de Turin conclu avec Yictor-Amédéey 29 août 1696, avait cédé Pignerol en s'engageant à le démolira ses frais; et Ton était convenu qu^il serait loisible au duc d'envoyer un commissaire pour y assister.

Quant au troisième point, le titre des souverains, nous nous en sommes expliqué suffisamment. Nous avons établi que le protocole de la Haye, en 1717, n'est pas autre que celui d'Utrecht en 1713, de Ryswick en 1697, de Bréda en 1667, c'est-à-dire de tous les grands traités conclus par Louis XIV avec l'Angleterre.

11 n'est donc pas équitable d'accuser Dubois d'avoir trahi l'honneur de la couronne.

Parmi les articles du traité, la pitié publique blâmait Texpulsion du Prétendant, regardée comme une barbarie servile et inutile, parce qu'on estimait qu'il n'était plus dangereux pour George P'. Saint-Simon, contraire à la nouvelle politique, dit avec un plus juste sentiment de la situation : « Cela étoit dur; mais dès que le parti étoit pris de s'unir étroitement avec le roi d'Angleterre, il étoit difficile qu'il n'exigeât pas cette condition après ce qui s'étoit tenté en Ecosse, et il ne l'étoit pas moins de n'y pas consentir si on vouloit établir la confiance ' ». De même pour ce qu'il appelle la proscription des jacobites, à laquelle, par une contradiction singulière, il applique le reproche d'inhumanité et de bassesse '. Cependant on savait leurs actives menées pour compromettre la France, leurs intelligences avec les ministres suédois pour amener Charles XII en Ecosse. Saint-Simon rapporte qu'il faisait au duc d'Orléans une triste comparaison de l'éclatante protection que le feu roi avait donnée aux rois légitimes

\. Mém., l. XIV, p. 190.

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