‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 171 sur 209 · Voir ci-dessus, p. 280 et note · texte numérisé non relu

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l'envoyé français. Dans leur troisième entrevue (lettre du 23), il insiste; il joue avec Tabbé, le charme et Tinquiëte à la fois. La rapidité dédaigneuse de son compte rendu contraste avec l'abondance épique de l'autre. Là où Dubois, dans son rapport, déverse les paroles à flots, Stanhope, dans le sien, tranche et dit simplement : « après, force' propos » (lettre du 21). A la vérité, leur situation n'est pas la même. S'il importe peu à lord Townshend de savoir quels détours décrivit leur conversation, le duc d'Orléans a besoin d'être informé plus amplement de ce qu'il doit craindre ou espérer, faire ou éviter.

La pièce n'^ 3 est la lettre du Régent à Stanhope, dont Tabbé était porteur et qu'il ne délivra qu'au cours de leur troisième entrevue, lorsqu'il pensa pouvoir s'y risquer sans exposer son maître à un afl'ront *. Le style se ressent de la situation fausse où le duc d'Orléans s'était engagé par sa duplicité.

Le n° 4 nous apprend cette particularité remarquable que, dès ce voyage de l'abbé Dubois à la Haye, le prince de Galles et son entourage s'empressèrent d'adopter le principe de l'alliance française. Le persiflage de Methuen et de Stanhope lui-même n'est qu'un refrain de leurs habitudes de rivalité, tandis que, dans leur esprit, la raison plaide l'évidente utilité de l'amitié de la France, la maison de Hanovre étant encore si mal aff'ermie. Peut-être notre récit les a-t-il jugés un peu sévèrement d'après le ton incrédule et railleur de leur correspondance quant à la sincérité du duc d'Orléans. Le plus rétif fut George P% l'homme du monde le plus entier dans ses idées et ses rancunes, jusqu'au jour où il en reconnaissait le danger, mais irréprochablement sincère, une fois ses nouvelles résolutions prises.

i. Voir ci-dessus, p. 284.

James Stanhope à lord Foianshend,

La Haye, 21 juillet 1716».

... Le Pensionnaire a fort approuvé la conduite que j'ai tenue envers lui, et M. Bernsdorf*a pensé que c'était le meilleur moven de faire connaître notre sentiment au Pensionnaire, lequel, je dois le dire à Votre Seigneurie, désire vivement que nous entrions en négociations'. 11 veut espérer que Tintérêt du Régent le rendra sincère. 11 m'a prié de revoir Thommc * et de ne pas le renvoyer complètement désespéré **. Je lui ai promis d'avoir une nouvelle conversation et même d'entretenir une correspondance par lettres avec lui ®. En conséquence, je Tai revu ce soir, et après force propos, nous sommes convenus qu'il retournerait immédiatement à Paris; et, de là, m'écrirait nettement ce que le Régent compte faire à Mardick. Le seul moyen, lui dis-je, qu'il me fût possible de lui suggérer pour faire quelque bien, c'était une déclaration franche et explicite sur ce point; ce serait la meilleure chance auprès du roi, que je lui représentai tout le temps comme absolument maître et directeur de ses conseils, et comme extrêmement piqué de toute la conduite que le Régent avait tenue après les offres pleines de franchise que le roi lui avait faites de si bonne heure. L'homme, à ce que je crois, est réellement effrayé'. H m'a promis de travailler de son mieux h obtenir une prompte déclaration au sujet de Mardick, et à faire donner des ordres à M. de Chàteauneuf pour ne pas presser les affaires ici, jusqu'à ce qu'il ait reçu de mes nouvelles; et si j'ai à lui donner quelque encouragement de Hanovre, il promet ou bien de retourner à la Haye, ou bien de venir à ilanovre, en cas que je lui en donne le conseil.

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