‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 187 sur 209 · Regtncits, vol. B · texte numérisé non relu

Regtncits, vol. B

Quand la querelle entre ces puissances aura éclaté, il y a lieu de craindre que la France ne souffle le feu : ce qui fait que Sa Majesté désire que le traité avec la France 8*achève par les entretiens du Régent avec le comte de Stair; et d'après tout ce que Thomme d*ici ' me dit, on doit espérer que Taffaire de Mardick pourra s'arranger. Tout ce que le conseil d'Angleterre jugera suffisant pour empêcher cette place de servir de retraite aux vaisseaux de guerre et aux corsaires, Sa Majesté l'approuve .

Et en considérant le danger immédiat où il semble que nous mettent les troubles du Nord, je dirai franchement que, dans mon opinion, nous devons nous assurer, s'il se peut, l'amitié du Régent. Vous êtes les meilleurs juges de ce qui est absolument nécessaire pour notre sécurité et la satisfaction du peuple. Je crois que rien au delà ne doit être réclamé dans cette conjoncture critique; si nous la laissons échapper, je crains qu'ensuite nous n'ayons à traiter avec la France avec un bien plus grand désavantage. La guerre de Turquie va très probablement durer encore une campagne. On ne sait pas de quel côté penche le roi de Prusse, vu son hésitation à venir trouver le roi et à s'expliquer. Tout est à craindre, si les choses en viennent aux extrémités que nous craignons en Danemark. Les Suédois peuvent chercher à fomenter un mauvais coup dans la Grande-Bretagne.

D'après cet exposé de ce qui me semble l'état des affaires dans cette partie du monde, vous donnerez, j'en suis persuadé, à votre négociation avec M. d'iberville un tour capable de l'amener à une issue, soit en la terminant avec lui, soit en m'envoyant le projet d'un article relatif à Mardick, que l'on puisse conseiller au roi de maintenir comme son ultimatum.

A cette intention, j'ai arrangé avec l'abbé qu'il se rendra à la maison de campagne d'un gentilhomme près de Gœhre, où il restera jusqu'à ce qu'on en ait fini de cette afl*aire. L'expédient proposé de concéder quelque chose sur la profondeur en reprenant sur la largeur, pourra, je l'espère, faciliter les choses. Car, ainsi que je vous l'ai fait connaître dernièrement, il existe un grand personnage qui a un puissant intérêt à ce

1. Dubois, que Stanhope en revient à appeler tout uniment this man.

que le terrain soit susceptible de drainage. Je sais qu'il pense que cela pourra se faire en élevant le radier de cinq ou six pieds. Une fois que cet avantage lui aura été assuré, je crois qu'il pourra obtenir du Régent de consentir à diminuer un peu la largeur. Le Régent en s'entretenant avec lord Stair s*est montré disposé à accepter un canal navigable pour des vaisseaux de deux cents à cent cinquante tonneaux. Quelle largeur faudrait-il? Vous le savez mieux que moi; et il vous appartiendra de la régler en conséquence.

L'abbé a reçu de nouveaux pleins pouvoirs, datés du 12 courant, avec le caractère d'ambassadeur extraordinaire, dont il ne fera usage que pour signer le traité à la Haye, si nous avons le bonheur de le finir.

Satisfaction du roi à la nouvelle que Tenlente s'est faite à Londres sur l'article de Mardick. L'abbé va se rendre à la Haye pour signer le traité d'alliance.

/. Stanhope à lord Townshend.

Hanovre, 30 septembre 1716 •.

Milord, si Votre Seigneurie a reçu mes dernières dépêches, spécialement celle du 25 courant, vous pouvez imaginer aisément avec quel plaisir le roi a reçu la lettre de M. Methuen du H courant', et les papiers qui raccompagnaient. De peur que le vent ne continue à souffler de l'ouest, comme il fait maintenant, j'envoie celle-ci par Calais avec des duplicata de mes deux dernières dépêches. Vous y verrez que Sa Majesté est convaincue qu'il ne peut pas lui êlre rendu de plus grand service à présent que d amener ce traité à une heureuse conclusion: et je puis assurer Votre Seigneurie que Sa Majesté est complètement satisfaite de Tétat actuel de la négociation, en se rendant bien compte qu'elle en est redevable au bon ménage

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