‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 186 sur 209 · En français · texte numérisé non relu

En français

tint le même langage à S. A. R; et S. A. R. nous ordonna de lui demander de nous l'envoyer par écrit afin qu'elle eût le temps de l'examiner; et, de plus, de lui demander si, dans le cas où le roi serait disposé à consentir à ce que le passage fût maintenu à seize pieds de large, lui, M. d'Iberville, ne conseotirait pas de son côté à ce que le radier fût en même temps élevé de six pieds, ainsi que Tabbé Dubois Pavait offert.

Il dit qu'il obéirait aux ordres de S. A. R. en nous envoyant par écrit ce qu'il avait proposé. C'est ce qu'il a fait hier. La copie de cette pièce avec celle de la lettre qu'il m'a envoyée en même temps, sont ci-incluses. Mais il nous demanda, puisqu'il cédait maintenant sur ces deux points essentiels, aussi complètement que cela lui était possible, que S. A. R. voulût bien ne pas insister sur quelque autre chose, car ce serait en dehors de ses pouvoirs ; et il craignait qu'il ne lui fût difficile de justifier auprès du roi son maître et du Régentée qu'il avait déjà fait.

Nous ne nous sommes pas contentés seulement de l'avis du colonel Armstrong et de M. Ackworth sur cette affaire. Milord Townshend et moi avons consulté sir George Byng, sir John Jennings et milord Berkeley; et ils sont tous d'opinion que l'expédient proposé quant à la largeur de l'écluse empêchera les navires de dimension moyenne d'entrer dans le canal, encore qu'il dût rester large de seize pieds, plus efficacement que ce qui est proposé dans le plan du roi, c'est-à-dire d'élever le radier de dix ou onze pieds. Ils pensent aussi que la démolition des jetées et des fascinages du chenal est le point le plus essentiel, et que si cela se fait de la manière que les Français acceptent maintenant, l'entrée du canal sera rendue impraticable à tous autres que petits bâtiments, si même, bientôt, elle n'est pas obstruée complètement par le sable sous l'action de la mer et du vent.

S. A. R. est d'opinion que cette dernière proposition de M. d'iberville est très honorable pour Sa Majesté et avantageuse à la nation. Les amiraux et les ingénieurs pensent qu'il faut l'accepter plutôt que de souffrir que le traité se rompe sur ce point, attendu que Sa Majesté ne rencontrerait plus d'aussi bonne occasion d'obtenir la destruction de ce canal qui, s'il devait subsister dans son état actuel, serait toujours une ter-

rible épine dans notre flanc, on cas que nous fussions forcés à une nouvelle guerre avec la France.

Quoi qu'il en soit, nous continuerons de nous efforcer d'oblenir le consentement de M. d'Iberville h. ce que, si Sa Majesté juge à propos d'accorder, que le petit passage de l'écluse soit laissé it seize pieds de large, le radier actuel doive être coinplëtement détruit, un autre construit sur son emplacement et élevé de six pieds plus baut, conformément à l'offre que l'abbé Dubois a déjà faite.

Les lords du comité doivent se réunir k Cockpit demain, où cette matière sera pleinement examinée; après quoi, ce qui s'y sera passé sera mis sous !.■•; yeux de S. A. R. dans le conseil de cabinet de jeudi ,■ et j'espère vuus envoyer vendredi prochain un compte rendu, avec la réponse que S. A. R. nous ordonnera de retourner au dernier papier et à la lettre de M. d'Iberville.

L'état des affaires du Nord oblige l'Anglelcrrc fi s'assurer du Régent.

Stanhope à Muthuen.

Hanovre, 25 scptcnlin

D'après les avis reçus aujourd'hui du Nord, il est certain que la descente en Scanie n'aura pas lieu. Une excessive jalousie existe entre les Danois et les Moscovites. Ces derniers sont de beaucoup supérieur^; sur terre, et le Tsar a envoyé ordre jusque rians ses ports de la Baltique les plus éloignés, de rassembler en toute hàtc tous les vaisseaux disponibles, lesquels devront le rejoindre dans le Sund. On ne fait pas de doute qu'il compte cantonner ses troupes, montant ft 10000 hommes, sur les territoires de Danemark, de HoJsteiii et de Mccklembourg. Il y aura probablement de l'opposition, de sorte que je crains qu'on n'en vienne sous peu aux extrémités. Celte situation ne cause pas un médiocre souci au roi.

Page 1