‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 23 sur 209 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

GEORGE l^^ SA SITUATION COMME ÉLECTEUR DE HANOVRE

Le roi de la Grande-Bretagne, lui aussi, avait ses difficultés , et comme électeur de Hanovre , et comme roi d'Angleterre ; en outre, et de même que le Régent, ses vues, ses exigences personnelles, bientôt ses ressentiments, quand son cousin de France, démentant leur amitié, acceptée si chaudement d'abord, parut se préparer à passer dans le camp jacobitc.

Fils et successeur d'Ernest-Auguste de Brunswick-Lunebourg, duc de Hanovre, que l'empereur Léopold avait, de sa propre autorité, créé électeur de Hanovre en 1692, pour le lier à ses intérêts contre la France, George-Louis s'était placé, dès son avènement à l'électorat (1698), dans la clientèle de l'Autriche. En effet, les électeurs ecclésiastiques de Trêves et de Cologne, l'électeur palatin et le collège des princes avaient protesté, au nom de la Rulle d'or de 1356, contre l'érection de ce huitième électorat, comme une atteinte aux constitutions de l'Empire et au traité de Westphalie, ce qui obligea l'Empereur à laisser l'investiture en suspens. Us eurent recours à la France , à titre de

SITUATION DE GEORGE r*" COMME ÉLECTEUR DE HANOVRE. 61

g^arante du traité. Louis XIV fit présenter à la diète de Ratisbonno (14 septembre 1700), un mémoire à Tappui de leurs plaintes. Mais la guerre de la Succession d'Espagne, qui éclata presque aussitôt , fit avorter cette campagne diplomatique, sans autre résultat que d'attacher d'autant plus fort à TEmpereur rélecteur contesté. George-Louis, de concert avec le roi de Prusse, Frédéric P% et le duc de Lunebourg-Zell, força quelques princes allemands du Nord à licencier les troupes qu'ils levaient pour le compte de Louis XIV (n02). Dans le cours de la guerre, après la défaite du margrave de Baireuth parle maréchal de Villars à Stolhofen en 1707, Marlborough, pour des motifs plutôt politiques que militaires, fit donner l'armée de Souabe à rélecteur de Hanovre. Celui-ci l'accepta, non sans hésitalion, des mains de l'empereur Joseph I" qui, de son côté, n'hésita guère moins à la lui confier. Il ne fit rien qui en valût la peine (1708-1709), soit pesanteur d'esprit, soit dépit de la préférence que les alliés accordaient sur lui au prince Eugène pour les grandes opérations. Il quitta le rommandement en 1710 et ne reparut plus dans les camps; mais ses sentiments ne changèrent pas. Lorsque la reine Anne, ayant horreur de tant de carnage, remplaça, pour avoir la paix, les whigs par les tories au ministère, et que SOS négociations avec la France, d'abord secrètes, aboutirent aux préliminaires de Londres (27 septembre 1711), (■eorge joignit ses protestations à celles de l'Empereur, r.harles VI, le prétendant de la coalition en Espagne, venait de succéder comme souverain d'Autriche et comme empereur à son frère Joseph I", mort le 17 avril 1711. Il s'indigna que les Anglais ne jugeassent pas à propos de refaire à son profit la monarchie de Charles-Quint; il «'•crivit aux États-Généraux h la Haye qu'il repoussait les préliminaires dans le présent comme dans l'avenir, et qu'il

ne désignerait point d'ambassadeur pour prendre part au conférences. L'électeur frappa un coup encore plus reteii tissant. Son envoyé h Londres, le baron Bothniar, laniun mémoire où il exprimait en termes véhéments le objections de son maître. Par le conseil de Marlborough i des whigs, il attendit pour le publier que Ton ne fût plu qu'à quelques jours de Touverlure du Parlement. Ou s tlatlait que Ténergique protestation de Théritier présompti de la couronne produirait un grand effet. Toutefois leu attente fut trompée. S'ils remportèrent de quelques voî: chez les lords, ils eurent contre eux une majorité acca Mante dans les Communes, décembre 1711. Ils ne priren qu'une partielle et vaine revanche, lorsqu'à la trêve d< <[uatre mois avec les Français en 1712, le duc d'Ormond succ(;sseur de Marlborough dans le commandement, ayani reçu l'ordre de se séparer du prince Eugène àCaleau-Camhrésis (17 juillet), la plupart des troupes allemandes à h scdde de l'Angleterro, au lieu de suivre le général anglais restèrent avec Tarmée impériale. Parmi elles, figurait h contingent hanovrien. La défaite que les Hanovriens par« tagèrent avec les Impériaux à Denain n'ébranla pas Pélec teur. Le lord trésorier dans le ministère tory, Robert Harley ctmite d'Oxford, lui ayant envoyé, après cet événemen' décisif, son cousin Thomas Ilarley avec mission de h presser de se rallier à l'Angleterre, il répondit que s'i plaisait à Dieu de l'appeler au trône de la Grande-Brettigne, il agirait alors de la manière la plus avantageuse à son peuple; mais jusque-là, on ne devait voir en lui qu'un prince allemand*.

Allemand, en effet, il était et il demeura. Il s'attaquail ciioz Louis XIV, îi rennomi de TAllemagne, comme au

1. The Reif/n of Queen Anne, par W romto Slanhope, t. II. p. 11», 05. •'•«'• «2, 121'., 151,' 2^2. Kilil. Taiichnilz.

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