SITUATION DE GEORGE F*" COMME ÉLECTEUR DE HANOVRE
protecteur du Prétendant. Cependant, sur ce dernier point, il n'était pas sans inquiétude du côté de TAutriche. Charles VI , satisfait peut-être de George électeur de Hanovre, fît retomber sur George roi d'Angleterre, tout innocent qu'il en fût, son amer désappointement de la paix faite sans lui et malgré lui, par l'Angleterre de la reine Anne. Ambitieux et jaloux à l'excès, il s'inquiétait pour son autorité de l'avènement d'un prince allemand au trône du royaume qui était alors l'arbitre de l'Europe. Il craignait des empiétements de sa part en Allemagne et les progrès d'une influence capable de contrebalancer dans l'Empire la vieille suprématie de la maison d'Autriche. N'ignorant pas non plus qu'en Angleterre le parti hanovrien était numériquement le plus faible, il n'était pas disposé à se lier prématurément avec George, ni à offenser grièvement le compétiteur de celui-ci *. Autour de lui, à la cour même de Vienne, la cause jacobite et catholique comptait des amis importants et actifs, groupés autour de l'impératrice mère, Marguerite-Thérèse, fille de Philippe IV d'Espagne.
Aussi, lors de la paix de Hastadi (mars 1714), refusa-t-il de garantir la succession d'Angleterre à la maison de Hanovre *.
Des intérêts territoriaux en Allemagne , d'une haute importance , rendaient également nécessaire à l'électeur de Hanovre la bienveillance de Charles VI. Il s'agissait des duchés de Brème et de Verden, anciens évèchés sécularisés par les traités de Westphalie en 1648 ; ils avaient été attribués alors, outre d'autres territoires, à la Suède, pour donner pied à cette puissance au cœur rtlème de
1. Coxe, Memoirs of sir Robert Walpole, l. I, p. 52, d'après Màcphersons Slaie Papers,
2. Cela^iré^ulle d'une lettre de lord To\vn«hend au comlc de Slahreniberg, Gbifrde, 24 octobre 1725. Coxe, id.
TEmpire. La défaite de Charles XII à Pultava par Pie le Grand (1709), la persistance insensée du prince suéd à prolonger cinq années durant, son séjour chez les Tur encouragèrent toutes les puissances du Nord à se je sur les dépouilles du lion vaincu et absent. Frédéric 1 roi de Danemark, se saisit du Sleswig et du Holstein; franchissant TEIbe, il s^cmpara des duchés de Brème et Verden (1712). Mais, lorsque enfin Charles XII repai tout à coup à Stralsund (22 novembre 1714), au milieu ses ennemis stupéfaits, Frédéric crut impossible de c( server toutes ses conquêtes, et nécessaire de sacrifier plus éloignées pour garder les plus proches et les pi précieuses. Il renouvela donc avec George , devenu d'Angleterre, l'alliance qulls avaient formée ensemble 1711 ; et, par le traité du 17 mai 1715, il lui céda, moyi nant argent, les duchés de Brème et de Verden. Georj de son côté, lui garantit la possession du Sleswig. Cinq m après (15 octobre), les commissaires hanovriens entrèn solennellement dans les deux duchés par la convc tion de Stade; et la publication de l'acte qui transfér ces territoires à leur nouveau maître, servit en mèi temps à celui-ci de manifeste pour sa déclaration de guei à Charles XII. A la vérité, le roi d'Angleterre ne stipul et n^agissait qu'en qualité d'électeur de Hanovre; mais associa indirectement l'Angleterre à sa querelle. Sous pi texte de protéger le commerce britannique contre 1 déprédations des Suédois, il envoya dans la Baltique u flotte anglaise commandée par sir John Norris. Sa nouvel acquisition lui présentait le grand avantage d'ajouter à s domaines allemands le pays compris entre le Weser l'Elbe, sur le cours inférieur de ces deux fleuves jusqi leur embouchure dans la mer du Nord. Toutefois, pour èl définitif, cet agrandissement avait besoin de la sancti