‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 60 sur 209 · Mars-avril HIC. Lord Mahon, t. I, p · texte numérisé non relu

Mars-avril HIC. Lord Mahon, t. I, p

108 LE KÉGENT. LABBK hlBOIS ET LES ANGLAIS.

chez les wbigs, quelque peu vraisemblable que fût un pareil dessein. Mais n'avait-on pas sujet de tout craindre de la part d'un homme si extraordinaire?

Cependant le chevalier de Saint-George, ayant pris terre à Gravelines, après sa déplorable expédition des Highlands, s'était rendu à Saint-Germain. Bolingbrôke alla Ty visiter et lui donna le conseil de courir à Bar, afin d*y reprendre possession de sa précédente résidence, avant que le duc de Lorraine eût le temps de l'inviter à chercher un autre asile; sinon, il pouvait être réduit à se retirer sur le territoire pontifical d*Avignon, endroit beaucoup plus éloigné et dont le choix déplairait aux protestants d'Angleterre. Jacques, aussi peu résolu en politique qu'à la guerre, différa, lâcha d'obtenir une entrevue du Régent; il se dissimula dans une maison du Bois de Boulogne, cénacle de dames jacobites, et il y reçut les ministres d'Espagne et do Suède. Quant à Bolingbroke, il le serrai dans ses bras avec toutes les apparences de la confiance et de la cordialité; puis, de sa cachette, il lui envoya par le duc d'Ormond sa révocation de secrétaire d'Etat, ainsi que l'ordre de délivrer h C4»lui-ci les papiers dont il était dépositaire. La cour jacobite lança contre lui l'accusation calomnieuse d'avoir été en correspondance avec lord Stair. La reine, mère du Prétendant, lui reprocha ensuite d'avoir parlé de son fils en termes irrespectueux. Autre grief, il avait refusé de signer le manifeste du prince. La vérité, c'est que sa capacité trop haute et trop libre détonnait avec la nullité et de Jacques et de son entourage. Les affaires des jacobites en furent irrévocablement perdues. Cette petite révolution de palais eut lieu h la fin de fémér *. L'injus-

1. ITic». On lit dans i(> S faites Journal, à la date du samedi 7 mars : • La s*'niaini- (h^rnirrt*. nous eûmes le «livertissement de la disgrâce de bolin^'hrukc. pour avoir trahi le chevalier et entretenu une corrcspon-

tîce qui le frappait et la colère d'avoir été joué par des gens si fort au-dessous de lui, Texaspérèrent. Non seulement, il brisa tout lien avec le parti jacobite et repoussa presque injurieusement les tentatives de réconciliation de la reine mère, mais il fit des ouvertures à lord Stair pour obtenir son pardon du roi. Toujours sujet à cette violence dont il avait subi Tentraînement si mal à propos dans les derniers jours de la reine Anne, ii se laissa emporter à une réelle infidélité rétrospective, en révélant au représentant de George I" les secrets du parti qu'il avait jusquelà servi, et ses rapports avec le Réfrent *. Il faut dire néanmoins qu'il se rendit un témoignage vrai, lorsqu'il affirma n*avoir trahi personne, attendu qu'il n'avait nommé que dos jacobites déclarés, exilés comme lui. Mais il compromettait le gouvernement français, contre lequel il n'avait pas de motifs personnels de plainte.

A Londres, au moment où, le procès des six lords jacobites terminé, on aiguisait la hache qui allait abattre la tète de lord Derwentwater et celle de lord Kenmure, les deux Chambres votèrent des adresses au roi, afin qu'il employât tous ses efforts auprès des princes et des États avec lesquels il était en rapports d'amitié, pour en obtenir : l*de ne pas recevoir le Prétendant sur leur territoire; 2° de Ten expulser, s'il s'y trouvait *. En conséquence, George I" demanda formellement par lettre au duc de Lorraine Léopold, de ne plus accueillir dans ses Etats, ni le Prétendant

dance avec moi ». Lord Stair complète ces renseignements dans une lettre k Stanhope, sans date, mais évidemment de mars i"10. Stair Papers, Oxenfoord Castle, vol. III, B. — Lord Mahon n'a pas employé ou connu ces deux sources, surtout la seconde.

i. Stair, d'après ses instructions, négocia avec lui. Mais l'opposition de Robert Walpole retarda son pardon jusqu'en 1123, époque où ce ministre changea de politique à son égard. II lui fit rendre ses biens en 1725, mais pas sa pairie parce qu'il redoutait son ambition inquiète.

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