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L. Mahon, vol, I, chap. xi

2. Nous avons amplement parlé de son caractère dans notre 1. 1, chap. v, p. 95 et suiv. Preuve très honorable de l'élévation de ses vues et de ses sentiments, il projeta de relever les catholiques des lois pénales portées contre eux. La catastrophe de la mer du Sud retarda, puis la mort emporta ce plan. La modération envers les catholiques romains fut un de ses principes essentiels de gouvernement. L. Mahon, vol. II, p. 42.

hommes d'Etat qui affligea l'Angleterre. Le secrétaire James Craggs suivit son chef à dix jours de distance. Une épidémie de petite vérole, qui sévissait à Londres, l'enleva le 16 (27) février 1721. Il avait été l'auxiliaire sensé, spirituel et fidèle de Stanhope1 : heureux, s'il n'avait eu la faiblesse de se laisser tenter par les suggestions de Blunt. Sa faute fut dénoncée au parlement par la Commission d'Enquête, le jour même où il rendait le dernier soupir. Son père s'empoisonna quelques semaines plus tard.

La mort de Sunderland, gendre de Marlborough, survenue un an après (30 avril 1722), acheva de dissoudre le faisceau des whigsqui s'étaient rangés autour de Stanhope, et laissa en possession incontestée du terrain politique les whigs dissidents de 1716, L. Townshend avec les deux frères, Robert et Horace Walpole.

Le roi fit choix de L. Townshend pour succéder à L. Stanhope; et Sutton reçut l'ordre d'assurer le duc d'Orléans que le roi continuerait le même système de sincère amitié. Le nouveau secrétaire d'Etat confirma la pensée et les sentiments de son prédécesseur2.

Dubois répondit avec émotion, non sans quelque rhétorique, selon son usage.

1. Homme studieux, il désira et accepta volontiers de Dubois la Collection des Conciles du P. Hardouin, 12 vol. in-fol., Paris, 1715. Dubois lui écrivait, 8 décembre 1719 : « On relie le recueil des Conciles du P. Hardouin que vous voulez bien me permettre de placer dans votre bibliothèque et qui sera accompagné d'un recueil de notes manuscrites que nul que vous n'aura dans l'Europe. » France, vol. 358.

2. On se rappellera qu'il avait déjà été secrétaire d'Etat, chef du premier ministère de George Ier, septembre 1714 — 15 décembre 1716.

Paris, 9 mars 1721.

« Mylord, personne n'a senty plus vivement et plus profondément que j'ay fait la perte de Mylord Stanhope, parce que personne ne connaissoit mieux que moy, ou n'estoit plus touché que je l'estois de ses grands talens, de son zèle pour son maître et pour sa patrie, de sa fermeté et de sa délicatesse pour ses amis.

« Si quelque chose a pu soulager ma douleur, c'est la promptitude avec laquelle V. E. m'a fait part du choix que le Roy a fait pour le remplacer, et des offres généreuses que Y. E. m'a faites d'une parfaite correspondance et de l'honneur de son amitié.

« Les ministres de France et d'Angleterre doivent trouver une ressource dans l'amitié constante du Roy de la Grande- Bretagne et de Mgr. le Régent. Je sens l'étendue et le prix des hontes dont S. M. Brit. m'a toujours honoré, mais j'oseray dire sans crainte de luy déplaire que l'espérance d'une union parfaite avec Y. E. sert encore davantage à me consoler, parce que je sçay par expérience que l'estime et la confiance réciproque des ministres contribuent plus que tout autre moyen à la gloire du prince et des nations.

« L'union qui est entre les nôtres doit à Y. E. ses premiers fondemens1. Il vous sera glorieux, Mylord, de pousser cet ouvrage jusqu'à sa perfection pour l'avantage de nos deux patries.

« S. A. R. connoist vos lumières, votre droiture et votre égalité par votre réputation et vous pouvez succéder à la confiance sans bornes qu'elle a eue en Mylord Stanhope.

1. L. Townshend y avait été favorable en principe dès l'origine. Voir notre t. I, p. 221-223, 335, 373.

« J'ambitionne la vôtre, Mylord, très sincèrement. Je vous conjure de vous hâter de connoistre et d'éprouver si je la puis mériter, et de ne pas perdre un moment à envoyer quelqu'un par qui vous puissiez estre instruit de l'attention que nous avons eue dans le Nord et dans le Sud à la gloire et aux intérêts du Roy de la Bretagne, afin de mettre en usage dans les circonstances délicates et pressantes où nous nous trouvons, le désir ardent que j'ay de contribuer aux veues que vous croirez convenables pour entretenir l'harmonie la plus honnorable et la plus avantageuse aux deux gouvernements, et je vous supplie d'estre persuadé que j'iray au devant de tout ce qui pourra vous faire connoistre la vénération avec laquelle je suis.... l.

Continuité remarquable : L. Townshend reprit, si l'on peut dire, la suite des affaires avec le secrétaire d'Etat de France au point et dans l'esprit où les avait laissées la disparition de L. Stanhope. Ni incertitude ni marchandage. Homme rude et difficile à vivre avec ses compatriotes, L. Townshend mit une sorte de coquetterie à marquer à Dubois une estime et une amitié qui ne se démentirent pas. Elles subsistaient encore dans toute leur force à la mort du

ministre français.

Le successeur de Craggs à la secrétairerie d'Etat fut L. Carteret, dans la même voie. Bientôt même un disciple de prédilection, collaborateur attitré de Stanhope, dont il avait été le secrétaire, sir Luke Schaub fut adjoint à Sutton, en raison de l'étendue et de l'importance que les affaires allaient prendre à la cour de France par le congrès de Cambrai2. Sutton avait demandé à y représenter l'Angleterre. Schaub apportait à Paris un esprit et des disposi-

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