Sévelinges, t. I, p
corps de doctrine du cardinal de Noailles) ; il cria, tel est le terme du cardinal Gualterio, narrateur de cette scène, contre la lettre du cardinal de Noailles à ses curés sur le même sujet, et qui montrait bien ce que c'était que cet accommodement; enfin qu'il ne pouvait pas obliger les autres couronnes à s'ajourner1.
On voit clairement que la mauvaise volonté de Clément XI à l'égard de Dubois, sans compter des motifs d'un autre ordre, tenait à la question de la bulle et aux ménagements que l'abbé avait cru devoir observer à l'égard du clergé français. Là était, en ce qui le concernait, le vice rédhibitoire.
Le nouvel archevêque, à peine sacré (9 juin 1720), reprit ses opérations de la grande guerre à la conquête du chapeau. Sur sa demande, le Régent revint à la charge par une seconde lettre au pape, 22 juin (rappelons que la première était du 29 novembre 1719) où, croyant toucher à la fois le chef de l'Eglise et le chef de famille, il vantait la pureté de ses intentions et les soins qu'il avait pris pour faire recevoir la constitution Unigenitus dans tout le royaume; et, d'autre part, promettait ses bons offices pour faire agréer Alexandre Albani, son neveu, au prochain congrès, à titre de ministre apostolique.
A la même date, Dubois informait l'évêque de Sisteron d'une indiscrétion commise à Vienne par Alexandre Albani, sur laquelle nous reviendrons; puis, avec une sensibilité dont il ne soupçonnait pas le côté comique, il dépeignait, sur le ton de la plus séduisante idylle, comment il se ferait une gloire et un plaisir d'agir à l'égard de Sa Sainteté et du cardinal Albani : « Soins, offices, gratifications, estampes,
1. Gualterio à l'abbé Dubois, Rome, 7 mai 1720. Par le courrier qui portait les bulles de l'archevêché de Cambrai. Pap. de Guallerio, Brit. Mss.
livres, bijoux, présents, toutes sortes de galanteries ; chaque jour on verra quelque chose de nouveau et d'imprévu pour plaire, et qui surprendra, lorsque je serai en droit de le faire par reconnaissance, et que je pourrai le faire avec honneur.
« C'est le fond de mon naturel.... C'est sur ce fondement que les plus grandes puissances de l'Europe, qui m'ont traité avec bonté, trouvent en moi une source inépuisable de moyens et de talens pour leur marquer mon attachement. » Et si Sa Sainteté le met dans ce point et dans cette situation, « il n'y aura aucun jour de sa vie qu'elle ne reçoive, par mon attention, quelque consolation et quelqu'amusement qui lui fera attendre avec impatience chaque poste; et ses désirs n'iront pas si loin que mon industrie et mon application à les prévenir et à les satisfaire1... »
Si ces alléchantes promesses du tentateur parvinrent jusqu'au Saint-Père, elles manquèrent leur effet. Même le roi d'Angleterre étant allé dire au pape que s'il élevait l'archevêque de Cambrai au cardinalat, la récompense en serait partagée entre deux personnes, lui-même par une pension considérable, et le Saint-Père, à qui il ne demanderait plus rien au delà des douze mille écus romains qu'il lui avait assignés, cette perspective parut sourire au pape. A cette nouvelle, Dubois ne douta plus du succès. Mais il dut bientôt reconnaître qu'il n'en avait pas fini avec la politique dilatoire contre laquelle il s'usait désespérément. Alors, il tomba dans une de ces défaillances passagères dont il était coutumier.
« Puisque le pape, manda-t-il à Lafîteau (15 août 1720), ne peut accorder la grâce tant de fois sollicitée, dans le temps qu'elle lui serait utile, et que je n'en recueillerais