‹ Le RégentChapitre 144 sur 196 · Lettre à Gualterio, mai 1720, Sévelinges, t. I, p · texte numérisé non relu

Lettre à Gualterio, mai 1720, Sévelinges, t. I, p

davantage, vous me ferez mourir de chagrin, et vous me mettrez par ma mort hors d'état de le lui donner1. » Simple ruse de guerre afin de se ménager quelque répit.

Le roi d'Angleterre, c'est-à-dire celui qu'on dénommait ainsi à Rome, conseilla à l'évêque et à Gualterio de ne pas se relâcher. Lui-même, se soumettant à faire ce qu'il appelait des bassesses (mais, disait-il, elles changent de nature quand elles servent à la reconnaissance) envoya, par un de ses gentilshommes, demander une audience au cardinal Albani; et, laissant de côté sa propre dignité, il alla le trouver dans son appartement. Le prélat protesta des bonnes intentions de son oncle, le Saint-Père. Seulement, il allégua les prétentions de l'Empereur, du roi d'Espagne, de la république de Venise : il fallait attendre une quatrième vacance pour contenter tout le monde. Le cardinal Gualterio pria le pape lui-même de lui permettre de l'entretenir, non pas à titre de ministre du roi d 'Angleterre , ni de mandataire de la France, mais uniquement comme son serviteur et sa créature; le pape, excédé de se trouver en quelque sorte assiégé, déchargea brusquement sa bile. Il éclata en plaintes contre le roi d'Angleterre qui lui avait tant d'obligations, et qui, au lieu de reconnaissance, ne lui apportait que des ennuis. A la dernière audience, il lui avait parlé de cette affaire avec une ardeur et une insistance intolérables. Et, en présence des cardinaux et des autres membres du consistoire, stupéfaits de cette sortie, il manifesta le regret d'avoir fait trop de cardinaux pour la France; il se plaignit, à propos de l'accommodement, de l'archevêque de Reims (le même pourtant qu'il avait cardinalisé en manière de défi au Régent et qui, ensuite, pour recevoir sa calotte rouge des mains du roi, avait signé le

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