Sévelinges, t. I, p
Et tandis que l'archevêque de Cambrai revenait si vivement à la charge, l'évêque de Sisteron, aux termes de ses instructions du 15 août, déclarait à Clément XI que l'archevêque renonçait à ses instances avec défense de lui en parler davantage; et à la manière dont ses excuses, pour avoir outrepassé ses ordres en plaidant la cause avec cette chaleur, furent accueillies du Saint-Père, il conclut en ces termes :
« Croyez-moi, dans la première promotion, qui sera très prochaine, il n'y aura encore rien pour nous1 ». Les secousses du système courant alors à sa ruine faisaient dire qu'il n'y avait plus d'argent en France et excitaient le mépris des Italiens.
Le Prétendant intervint auprès du pape. Il dit que la renonciation du ministre français ruinait ses espérances; que c'était la mortification la plus sensible qu'il eût éprouvée après la perte de sa couronne, puisque le seul exercice qui lui restât de ses prérogatives royales lui était interdit. Le Saint-Père répondit qu'il ne lui contestait pas son droit de nomination au cardinalat, mais que le pape avait toujours le droit de rejeter les sujets désignés, lorsqu'il avait contre eux quelque raison d'exclusion. Enfin, il n'était pas plus satisfait du Régent de France que de son ministre; le duc d'Orléans était peut-être le plus grand ennemi que l'Eglise et le Saint-Siège eussent alors2. Clément XI s'apprêtait donc, cela n'était pas douteux, à justifier le pronostic décourageant de l'évêque de Sisteron.