‹ Le RégentChapitre 148 sur 196 · Sévelinges, t. I, p. 351, 3o · texte numérisé non relu

Sévelinges, t. I, p. 351, 3o

Mais avant de pousser plus loin sur ce terrain orthodoxe de l'Eglise et des Stuarts catholiques, il convient de suivre ce qui s'était fait en même temps et avec les mêmes vues sur le terrain hérétique des Stuarts protestants.

Cette histoire singulière se développe sur deux lignes parallèles qui, par définition, ne sauraient se rencontrer, et que l'astucieux conducteur de l'intrigue s'ingénie à maintenir dans la juste voie.

Les Anglais, à la fois dans leur propre intérêt et par un sentiment réel d'amitié pour Dubois, après l'avoir porté à l'archevêché de Cambrai, étaient résolus à ne rien négliger pour le porter à la pourpre ; le seul moyen à leur disposition était de peser sur l'Empereur et de l'obliger à prendre en main à Rome la cause du ministre français. L'automne de 1719 avait trompé leurs espérances et leur brigue. Ils y revinrent dès les premiers jours de l'année suivante. Mais, à Vienne, le terrain était ingrat. L'Empereur et ses ministres ne cultivaient que leur intérêt égoïste; et si on leur parlait du chapeau de Dubois, ils ne manquaient pas de réserver d'abord leur droit à l'un des premiers chapeaux vacants. Ils sentaient, écrit Saint-Saphorin à Stanhope (Vienne, 10 février 1720), de quelle importance il serait que Dubois eût en partie l'obligation à l'Empereur de son chapeau de cardinal. Cependant, n'ayant eu à la dernière promotion qu'un chapeau au lieu de deux qu'ils attendaient, ils persistaient à solliciter avant toute chose ce second chapeau. « Je ne puis les faire sortir de ce retranchement : il y a, disent-ils, cinq ou six vieux cardinaux qui sont à l'agonie; d'abord qu'il y aura une nouvelle place vacante, ce qui ne

peut pas tarder, nous agirons fortement vers la cour de Rome en faveur de M. l'abbé Dubois1 » et encore : « Les ministres impériaux savent fort bien qu'ils doivent le bon état de leurs affaires au courage et au savoir faire de L. Stanhope. Mais dès le moment qu'on leur parle naturellement et que l'on ne veut pas s'en laisser imposer, soit par des bauteurs malentendues, soit par des prétentions insoutenables, il leur semble qu'on leur fait le plus grand tort du monde2. »

Et sur ce que M. de Penterriedter leur mandait de Paris que Law était entièrement dans les intérêts du Prétendant et travaillait à renverser le nouvel arcbevêque de Cambrai, ils s'imaginèrent que le roi d'Angleterre aurait besoin de rechercher l'Empereur; que le Régent, s'il y avait du tumulte en France à cause des violences faites dans les finances, serait obligé de le rechercher aussi; et ils étaient très fiers, sans faire attention au dénûment de leurs finances3. Ces illusions bizarres n'étaient pas pour avancer les affaires de Dubois à cette cour. Même à la cour de France, Dubois périclitait tellement que Stanhope était accouru de Londres à Paris pour lui prêter main-forte auprès du Récent et le raffermir dans sa situation ébranlée \ De cette espèce de champ de bataille, il répondit (Paris, 1er avril 1720) à Saint-Saphorin de tacher d'obtenir de l'Empereur un appui efficace à Rome en faveur de l'abbé.

« Après vous avoir marqué, dit-il dans le commencement de cette lettre 5, combien il y a de connexion entre la faveur et le crédit de M. l'abbé Dubois, et notre union avec cette cour icy, vous concevrés aisément combien il

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