CHAPITRE IV
Mais, nous l'avons dit, la situation était double. Si la frontière des Pyrénées n'était que le champ clos où se mesuraient Espagnols et Français, le reste de l'Europe servait de théâtre à l'antagonisme de George Ier et de Pierre-le-Grand. Là aussi s'exerçaient les savants prestiges d'Alberoni. Que n'espérait-il pas de ce monde incohérent qui, partant de l'Espagne, prenait le continent à revers et s'épanouissait en pleine anarchie dans le Nord regorgeant d'ambitions, de conflits, de périls?
Nul n'en éprouvait une plus cuisante anxiété que George Ier. La ligue du Nord n'était plus, que George la voyait encore partout, de Madrid à la Baltique, de Stockholm à Saint-Pétersbourg, de Berlin à Paris. Berlin, où régnait l'énigmatique Frédéric-Guillaume Ier, en guerre avec la Suède, attiré vers la Russie par l'appât d'un partage de la Pologne, apparaissait comme la tête de colonne de la nouvelle ligue qu'évoquaient les incantations d'Alberoni. Cette ligue renaissante, on la désarmerait, on la supprimerait dans le germe, en amenant la Prusse à la paix,
avec la Suède si on lui garantissait les territoires suédois qu'elle détenait en Poméranie. Il fallait aussi faire tomber les armes des mains du Danemark, surtout parer à une entente éventuelle entre la Suède et la Russie, en un mot, rétablir la paix du Nord sous les auspices de l'Occident; et par l'exercice de cette grande magistrature européenne, réduire le tsar à l'isolement, ôter pour jamais aux Stuarts le patronage du redoutable empire de l'Est. Mais ces grands résultats, l'Angleterre ne se flattait pas de les obtenir à elle seule. Elle sentait la nécessité de la bonne volonté et de l'aide de la France pour persuader les uns, intimider les autres, faire enfin succéder le calme et la sécurité au déchirement des nations et à l'ébranlement des trônes.
La préoccupation des Anglais, dans le Nord, était de borner les conquêtes du Tsar, de le repousser jusqu'au fond du golfe de Finlande en l'empêchant de garder Revel en Esthonie, à l'entrée du golfe : autrement, ils croyaient impossible de conserver une apparence d'équilibre dans la Baltique. Le Tsar surpasserait bientôt les forces maritimes de la Suède et du Danemark ensemble et donnerait la loi à toutes les nations commerçantes dans la Baltique. Le Régent répondait aux inquiétudes de L.- Stair que dans les affaires du Nord il suivrait entièrement les vues du roi; et Dubois, que l'on ne se mettrait point du tout en peine si le tsar était obligé de lâcher Revel. En même temps, l'abbé communiquait à Stair une lettre de La Marck (Stockholm, 7 janvier 1719), par laquelle l'ambassadeur français annonçait qu'il portait le prince de Hesse et la reine Ulrique- Eléonore à la paix avec le roi d'Angleterre l. Dubois, tout
1. L. Stair à Graggs, Paris, 30 janvier, 11 février 1719. En français. Rec. Off., France, vol. 353. On se souvient que La Marck avait été envoyé en Suède au printemps de 1717 avec mission de terminer la querelle qu'avail allumée entre George 1er et Charles XII l'arrestation du ministre suédois à Londres. V. t. II, p. 15.
en rappelant que la France était garante des traités de Westphalie , disait qu'elle consentirait néanmoins au démembrement de Brème et de Verden en faveur du roiélecteur de Hanovre, et de Stettin en faveur du roi de Prusse, mais pas plus.
Le Régent, fidèle à la vieille alliance, couvrait de son mieux la Suède contre des atteintes trop profondes. Selon la politique de Louis XIV, qu'il avait raison de ne pas répudier sur ce point, il tenait à ce qu'elle conservât un pied dans l'Empire. Les exigences du tsar étant l'obstacle à une paix générale, il estimait qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'en finir sinon que la Suède fît d'abord la paix avec les autres puissances, et ensuite une alliance avec elles pour obliger le tsar d'accepter des conditions convenables. Relativement au roi de Prusse, il estimait sensément qu'il n'avait pas à demander pour lui plus que le roi d'Angleterre n'offrait; enfin il était prêt à sacrifier le tsar, un prince, telles étaient ses paroles, qui ne cherchait qu'à brouiller l'Europe et en qui personne ne pouvait prendre confiance1.
Mais tandis que le maître parlait avec tant d'ouverture, l'abbé, son ministre, se reprenait à chanceler et à insinuer avec mystère que la Suède penchait à suivre les mesures du feu roi (Charles XII) par rapport aux liaisons avec le tsar et avec le roi de Prusse; et en même temps, qu'il serait déshonorant pour la France de laisser dépouiller la Suède.
Stair, inquiet de ce langage ambigu, croyait y deviner l'influence et la maxime de M. de Torcy, que ce qui pouvait, dans le Nord, donner de la peine et de l'embarras à l'Empereur et au roi d'Angleterre, était utile à la France.
« J'ay souvent représenté au Régent, écrit-il, que cette
1. L. Stair à Craggs, Paris, 2 avril 1719. En français. Rec. 0//'., France, vol. 353.
politique luy estoit pernicieuse et ne pouvoit servir à autre chose qu'à luy faire perdre l'amitié et la confiance de ses alliez et de ses amis... M. le duc d'Orléans m'a souvent avoué que ce raisonnement était juste, et qu'il étoit convaincu qu'il n'y avoit rien (de) si bon que de marcher dans le grand chemin, et d'agir uniment et de bonne foy.
« Mais, ajoute Stair, il seroit difficile de faire penser de mesme un aussy grand politique que M. de Torcy, ou ceux qui voudroient être habiles comme luy ' ».
Ainsi se poursuivait autour du Régent la guerre sourde de l'ancienne politique et de la nouvelle. Le prince, comme s'il eût exercé simplement la fonction désintéressée de juge du camp, oscillait, attribuant l'avantage tantôt à Tune, tantôt à l'autre.
Dubois, dont les connaissances positives était circonscrites au monde occidental, le principal à la vérité, semble reculer par une instinctive horreur devant les convulsions du Nord. On dirait qu'il croit les supprimer en refusant de les voir, et en s'emportant contre le malavisé qui les évoque devant lui. Mais lorsqu'il réduit ainsi les affaires à ce que ses nerfs en peuvent supporter, il ne prend pas garde qu'il y laisse une place à prendre, celle qu'il remplit si peu.
Derrière lui, quelqu'un de plus savant sur ce terrain, méprisant son insuffisance, ayant l'oreille du Régent à ses heures, distillant un venin opportun, poussant à la politique contraire à celle de l'alliance, et fidèle opiniâtrement au système de Louis XIV quand L. Stair en dépeint si vivement les dangrers au duc d'Orléans, M. de Torcy, en un mot, évincé de la scène, se substitue dans la coulisse au ministre en nom. Celui-ci, l'infortuné, tiraillé entre l'ennemi
1. L. Stair à Craggs, Paris, 2 avril 1710. En français. Rec. Off., France. vol. 353.
domestique et l'inclément allié, donne avec exaspération des gages à tous deux. Est-il serré de trop près, il échappe par une bouffée de colère contre le diplomate, lequel l'endure par métier, sans broncher, mais ensuite revient à la charge, aussi tenace, aussi raide que jamais.
Ne nous étonnons donc pas si ses dépêches à son gouvernement ont souvent une allure d'amers réquisitoires contre la cour près de laquelle il est accrédité.
Ici le lecteur nous permettra d'ouvrir une parenthèse et de suspendre l'exposé des affaires de guerre et de diplomatie pour montrer sur quel pied de confiance réciproque vivaient le duc d'Orléans et L. Stair en dehors des difficultés de la politique extérieure.
Le Régent entretenait volontiers l'ambassadeur britannique des questions d'intérieur. Ce dernier s'abstenait scrupuleusement de les introduire dans leurs conversations, mais il y suivait volontiers le prince ; et son langage avait la saveur de l'homme habitué au régime des assemblées, comme aussi de l'étranger qui se meut assez gauchement parmi les usages et les idées d'une nation qu'il ne comprend qu'à moitié.
Il raconte donc à Craggs (2 avril 1719) qu'après l'avoir entretenu de l'Espagne et de la trahison du duc Richelieu, le Régent lui parla fort au long et avec beaucoup de liberté de l'état de ses affaires dans l'intérieur du royaume; « et je luy dis mon sentiment avec beaucoup de franchise, comme j'avais déjà fait plusieurs fois en pareille occasion : qu'il risquait trop dans la conjoncture présente de n'avoir point de party attaché à luy. Il convint avec moy que cela
estoit vray, et qu'il n'y pouvoit point avoir d'autre party que de se liguer contre la Constitution; qu'à se déclarer pour ce party, il auroit tous les parlemens du royaume pour luy ; mais qu'il y avoit deux inconvéniens de se déclarer pour les jansénistes : le premier, que le party était le plus faible ; et le second que ce party avoit le sentiment républicain. »
Stair répond que le parti janséniste, fût-il le plus faible, deviendra bientôt le plus fort, ayant le Régent à sa tête; qu'au reste mieux vaudrait avoir pour soi le parti le plus faible que de n'en avoir point du tout; il était convaincu que l'autre parti était pour le roi d'Espagne. Il aurait été bon qu'il n'y eût point de parti dans le royaume; mais puisqu'il ne dépendait pas du prince qu'il n'y en eût point, il était très nécessaire de s'en attacber un. Sans cela, il serait exposé tous les jours à de très grands dangers, et, selon les apparences, perdu à la fin de sa régence, vu les sentiments dans lesquels on élevait le roi à son égard.
Le Régent dit qu'il savait fort bien les mauvaises impressions qu'on donnait au roi. Il ne les avait point appréhendées jusque-là; mais, dorénavant, il allait songer sérieusement à l'éducation du roi et aux personnes qu'il y aurait autour de lui.
Quant à la seconde objection que faisait le Régent contre les jansénistes, qu'ils avaient des sentiments républicains, Stair répliquait que, leur làchàt-il un peu la bride, il aurait peu à craindre, ou pour mieux dire, rien. Pendant sa régence, il y avait eu des exemples qui devaient le convaincre qu'un roi ou un régent en France avait toute l'autorité qu'il pouvait souhaiter; de sorte qu'il devait se mettre beaucoup moins en peine de l'autorité dont il avait tant, que d'amis dont il avait si peu, et dont il avait si grand besoin.
Conclusion : le duc d'Orléans parut résolu de gagner les parlements et même de se déclarer pour les jansénistes. Cependant, quant à ce dernier point, il croyait pouvoir encore sans danger attendre quelque temps l.
C'est ainsi qu'ils devisaient paisiblement en amis, quand il n'était question ni du Sud ni du Nord. Les vues de L. Stair étaient justes en principe et ses conseils sages. Mais il se trompait lorsqu'il croyait apercevoir chez les jansénistes les éléments d'un parti politique et gouvernemental, comme par exemple en Angleterre les non-conformistes, les dissenters h côté des whigs. Les jansénistes n'étaient pas capables de remplir un autre rôle que celui de disputeurs en religion. Dans les affaires d'Etat, aucune lumière, aucune force à en tirer.
L. Stair y avait confiance, et il soutenait volontiers sa thèse. Il ne manque pas, écrit-il encore, de profiter des occasions qui se présentent pour déterminer M. le duc d'Orléans à se déclarer pour le parti qui s'oppose à la Constitution. Mais, et ceci est un trait de caractère par où s'expliquent les fréquentes variations du Régent, qui se dérobe au moment où l'on se croit sûr de lui, mais, dit-il, il faut laisser naître ces occasions et ne pas paraître les chercher, ayant affaire à un prince susceptible de jalousie et de défiance. La même disposition de caractère l'empêche de créer un conseil de cabinet qui serait très utile pour le bien des affaires. L'abbé en parle souvent à Stair. Le projet n'avance pas. « J'ay soin, ajoute le prudent diplomate, de ne me jamais ingérer dans leurs affaires domestiques : quand on m'en parle, je dis mon sentiment2. » En effet,
1- L. Stair à Craggs, Paris, 2 avril 1719. En français. Rec. Off\, France, vol. 353.
2. L. Stair à Craggs, Paris, 15 et 10 mai 1719. En français. Rec. 0/f\, France, vol. 353.
c'était assez, pour leur tourment, qu'il s'ingérât dans leurs affaires du dehors.
Reprenons, après cette brève digression, la suite des affaires du Nord et des laborieuses négociations de Stair, pour amener le Régent et l'abbé à prêter un concours plus décidé à l'Angleterre, et à mettre d'accord plus efficacement leur conduite avec leur langage *.
La Marck avait été rappelé de Suède à Paris au printemps de 1719 afin d'éclairer le gouvernement sur la situation créée par la mort de Charles XII. Quels conseils avait-il donnés à la reine Ulrique-Éléonore? Était-ce seulement de faire la paix séparément avec George Ier et avec le Danemark? Ou bien avait-il formé un plan de pacification générale par l'intervention des puissances de l'Ouest, en prenant en main les intérêts de la Suède? S'il se bornait à réconcilier cette dernière avec l'Angleterre et le Danemark, ne la laissait-il pas libre d'autre part de se coaliser avec la Russie et la Prusse ; et alors ne serait-ce pas travailler à ressusciter la ligue du Nord, épouvantement de la maison de Hanovre?
Sur cette émouvante question, Stair ne laissait pas de relâche à Dubois. Celui-ci se débattait, ne sachant que répondre, et cherchait à se dégager par des cris et des
1. Le récit qui va suivre est tiré de deux lettres de L. Stair au secrétaire Craggs, datées de Paris, l'une des 6 et 7 mai 1719 (Rec. Off., France, vol. 353); l'autre, du 7 mai ( Hard\ricke Papers, vol. 11, p. 561 et suiv.). La première, 14 pp. in-fol., contient principalement la relation officielle d'un entretien de L. Stair avec le comte de La Marck sur les affaires de Suède, et d'une conversation avec le Régent. Elle est en français, comme toutes les correspondances destinées à passer sous les yeux du roi. La seconde, confidentielle, pour Craggs seulement, est en anglais et très intéressante; parce que Stair y raconte de verve ses querelles avec Dubois. Elle sert de commentaire à la première qu'elle suit immédiatement.
emportements. Jamais mer orageuse plus féconde en tempêtes •
D'abord l'abbé avait communiqué à l'ambassadeur une lettre de La Marck, écrite de Copenhague, où celui-ci annonçait un plan pour la paix du Nord. Mais, voilà que La Marck étant de retour, Dubois affirme à Stair qu'il n'a pas apporté de plan si ce n'est, tout au plus, que la reine de Suède serait disposée à traiter avec le roi de préférence à ses autres ennemis. Stair le presse, lui rappelle la lettre de Copenhague. Dubois, pour réponse, se livre à la plus violente colère, « bat la campagne une demi-heure avec des reproches et Dieu sait quoi ». Mais le Régent et son ministre ne s'entendent pas : car le même jour, le premier dit à Stair que La Marck a apporté un plan et il lui en détaille les principaux articles. C'est donc en vain et trop tard que, le lendemain, endoctriné par l'abbé, il s'abstient d'entrer dans le détail et se borne à promettre un exposé par écrit de ce que La Marck a à dire.
Enfin, le 30 avril, Stair s'entretient longuement avec La Marck. Il en apprend que la reine incline à faire des concessions au Hanovre et au Danemark; mais qu'elle réclame la Poméranie, qui est aux mains des Danois et des Prussiens. — Mieux vaudrait conserver la Livonie, dit Stair, et empêcher le Tsar de se rendre maître de la Baltique par la possession de Revel. — Mais, répond La Marck, elle n'a pas moins à cœur la Poméranie et ses Etats d'Allemagne ; et la France s'intéresse au moins autant que la Suède elle-même à ce qu'elle garde un pied dans L'Empire. La Suède espère y parvenir par le moyen du Tsar et du roi de Prusse. L'union de ces deux princes est très forte et parfaite, presque impossible à rompre; et le lien de cette union consiste dans les vues qu'ils ont l'un et l'autre sur la Pologne. La Suède elle-même se fiai le de recouvrer Stettin
en proposant au roi de Prusse un équivalent du côté de la Pologne. H y a beaucoup d'apparence que la paix va se conclure aux conférences d'Aland, à cause du désir extrême des trois puissances d'y parvenir : ainsi parlait La Marck.
Contre une situation si inquiétante pour les Anglais, quel remède apportait-il? le conseil de modérer les prétentions de chacun, de rendre les conditions supportables à la Suède du côté de l'Empire et de s'unir tous ensemble pour contraindre le Tsar à donner de bonnes conditions du côté de la Livonie.
Ces idées, personnelles à La Marck, étaient loin de constituer un plan pour la paix du Nord; et quelques jours après Dubois réitérait en effet qu'on n'avait pas de plan. L. Stair se plaignait qu'on tendît de la sorte à faire la ligue du Nord, qu'on eût omis d'informer son maître que les négociations d'Aland aboutiraient probablement, et qu'on parût se borner à ménager la paix entre la Suède et le roi. Des accommodements partiels ne sauraient, pensait-il, conduire qu'à une guerre plus violente, convenable peut-être aux intérêts de l'Espagne, mais pas à ceux de la France, et pernicieuse aux intérêts du duc d'Orléans. — « J'en conviens, répondait La Marck; mais que faire? — Faire un plan, répliquait L. Stair, pour remettre la Suède sur pied et empêcher le Tsar de s'emparer de la maîtrise de la Baltique.
Ce dernier point était essentiel pour un ministre britannique. « Car, écrivait Craggs, bien que le comte de la Marck m'assure que les Suédois ont surtout à cœur de recouvrer leurs possessions d'Allemagne, il ne m'entrera jamais dans la tête qu'un Suédois puisse penser qu'une partie ou même la totalité de leurs possessions d'Allemagne soit de même conséquence pour la nation suédoise que Revel et la Livonie. » Peut-être : mais les Suédois
subissaient le prestige des hauts faits de Gustave-Adolphe dans l'Empire et l'attraction du Midi, comme aussi ils sentaient qu'il leur serait moins difficile, avec le concours de la France, de sauver telles de leurs possessions dispersées sur le sol germanique, que d'entamer la masse compacte de l'édifice moscovite, soutenu encore du roi de Prusse, eux-mêmes étant sans alliés dans l'Europe orientale.
La pensée du Régent était donc de les réintégrer dans l'Empire d'Allemagne comme contrepoids à l'Autriche, question d'équilibre continental; celle des Anglais, de refouler les Moscovites le plus loin possible à l'est, de soustraire la Baltique à leur domination, question d'équilibre maritime et de commerce, mais beaucoup plus malaisée à résoudre que l'autre.
Un projet radical avait été élaboré dans ce sens, au mois de mars, à Brunswick, sous le titre de Plan projeté pour traiter de la paix générale du Nord, et sous le couvert du duc de Brunswick qui servait à masquer l'action de George Ier. On reconnaissait Ulrique-Éléonore à titre de reine de Suède, avec un pouvoir limité par le sénat. Ensuite, vu que les provinces d'Allemagne étaient plus à charge qu'à profit à la Suède, on en disposerait en faveur de ceux qui les possédaient dans le moment; et l'on fixait immédiatement la répartition des lots. La Suède serait indemnisée aux dépens de la Russie, qui, de ses conquêtes, ne garderait que Pétersbourg, Cronschot ' et Narva; et si