Ou les lords justices en l'absence du roi
3. Chammorel à Craggs, Londres, 4 (15) octobre 1720. Rec. O/f., France, vol. 358.
4. L. Garteret aux lords de la Trésorerie, 3 (11) avril 1722.
5. Ce qui s'appelle aujourd'hui la Côte française (The french Shoré).
tilles, Sainte-Lucie, la première au sud de la Martinique. Occupée par des aventuriers des deux nations tour à tour, elle avait été déclarée neutre. Le duc d'Orléans, néanmoins, par légèreté, la donna au maréchal d'Estrées, qui en fit prendre possession en 1718. Mais sur les réclamations des Anglais, la petite colonie fut rappelée. Alors George Ier, commettant une faute semblable, octroya l'île au duc de Montagne. Ce fut le tour du duc d'Orléans, trop bien imité, de se plaindre. Il le prit très vivement, et demanda qu'avant toute négociation, le roi révoquât le don qu'il avait fait de son côté1. Destouches présenta aux ministres britanniques un Mémoire contre la décision du roi qui disposait ainsi de l'île avant que la question de propriété fût vidée 2.
En dépit des efforts de Dubois pour dissuader le duc, celui-ci envoya l'ordre de chasser par la force Montague de Sainte-Lucie 3. Cette fermeté l'emporta. L'île, évacuée par les uns et les autres, rentra dans sa neutralité 4.
En Europe, dans la Méditerranée, où les deux gouvernements marchaient d'accord, leurs agents, surtout du coté britannique, suivaient les vieux errements d'hostilité; car, d'une part comme de l'autre, les initiateurs de la politique
1. Schaub à L. Carteret, Paris, 30 septembre 1722. Particulière et très secrète, 12 octobre 1722. En français. Rec. O/f., France, vol. 364.