‹ Le régime clérical en BelgiqueChapitre 4 sur 166 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le Saint-Siège trace au Parti catholique belge les voies de ïa Démocratie chrétienne

L'arrivée des catholiques au pouvoir, en 1884, coïncidait avec deux événements sociaux qui furent décisifs au point de vue de l'orientation de leur parti dans la voie démocratique : d'une part, la constitution officielle et définitive du Parti ouvrier, survenue en 1885 ; d'autre part, un malaise grandissant, aggravé par des troubles ininterrompus, dans les milieux industriels aussi bien que dans les centres ruraux, exploité avec passion contre les dirigeants conservateurs .

Mais ceux-ci représentaient toujours un élément important du Parti clérical et il n'était guère possible de ne pas tenir compte de leur résistance. Des dissensions graves surgirent bientôt, marquant un arrêt dans l'évolution vers la démocratie.

Sans doute, les catholiques se ralliaient, mais avec une certaine réserve, au principe de l'association, même dans sa forme syndicale, qui leur était présenté par quelques rares démocrates, comme constituant un remède acceptable, susceptible de mettre fin au malaise social sévissant dans les couches inférieures du catholicisme, aussi bien que dans les masses populaires échappant à l'influence de l'Eglise. ]\Iais des esprits conservateurs ne pouvaient envisager sans une certaine appréhension l'importance prépondérante qu'auraient bientôt les populations pauvres, urbaines aussi bien que rurales, par la brutalité du nombre, sur le terrain économique aussi bien que politique.

Une fois de plus, la charité chrétienne leur apparut comme un souverain remède aux vicissitudes inquiétantes du moment, et c'est ainsi que l'assemblée générale des catholiques de 1889 ^ fut chargée de découvrir les moyens capables de renforcer les œuvres charitables et religieuses, peu dangereuses pour les budgets des conservateurs.

' Assemblée générale des Œuvres catholiques de r.\rchidiocése de Malines, -JO et 30 avril et I" mai 1889.

L'Evolution cléricale. 31

Nous verrons comment par la suite ces mêmes œuvres furent écartées de leur but initial pour concourir au recrutement des membres des œuvres sociales et politiques.

Le programme soumis aux délibérations des militants réunis en Congrès, à Malines, les 29, 30 avril et i«r mai 1889, était ainsi composé :

Œuvres religieuses et charitables.

I . Moyen de vulgariser et de développer l'enseignement religieux :

brochures, conférences, livres de prix, etc. II. Moyen d'établir et de développer :

a) Les conférences de Saint -Vincent de Paul : 1° en ville ;

2° à la campagne ;

b) L'œuvre de la Sainte-Famille ;

c) L'œuvre de Saint-François Xavier ;

d) L'œuvre de Saint-François Régis ;

e) L'œuvre de la visite des malades à domicile ;

f) L'œuvre de l'enterrement des pauvres, in. Moyen d'établir et de développer :

a) Des œuvres en faveur des miliciens ;

b) Des œuvres en faveur des militaires ;

c) Des œuvres en faveur des domestiques et servantes sans

emploi ;

d) Des œuvres de patronage des émigrants.

IV. Moyen d'établir et de développer les œuvres de tempérance. V. Etude des œuvres connues sous le nom de :

a) Œuvre de l'hospitalité de nuit ;

b) Œuvre de la bouchée de pain ;

c) Œuvre des chaises.

VI. Examen du caractère que doit avoir la musique dans les églises.

Œuvres sociales et ouvrières.

I. Y a-t-il lieu d'établir et d'encourager, dans quelles formes et sous quelles conditions :

a) Les sociétés coopératives de production, de consomma-

tion, de crédit ;

b) Les corporations de patrons et d'ouvriers, les maisons

de métiers, les gildes, les patronages ;

c) Les sociétés de secours mutuels ;

d) Les habitations ouvrières.

II. Y a-t-il lieu d'établir et d'encourager et par quels moyens : a) Le crédit agricole ;

b) Les assurances, les syndicats et mutualités agricoles.

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