‹ Le régime clérical en BelgiqueChapitre 47 sur 166 · I.E TOUT DE L'ENSEIGNE.MENT CONGRÉGAMSTE · texte numérisé non relu

I.E TOUT DE L'ENSEIGNE.MENT CONGRÉGAMSTE

Un de.s arguments les plus fréquemment invoqués par les cléricaux est que la création d'écoles libres soulage le Trésor public et fait réaliser une économie énorme au pays. La l^igue de l'enseignement a établi minutieusement que depuis 1884. l'enseignement congréganiste a reçu, sous forme de subsides de l'Etat, des provinces et des communes, 159 millions 379,048 francs et 36 centimes, somme à laquelle il faut ajouter 38 millions de frais généraux et 10,167,300 francs de traitements aux instituteurs et institutrices religieux en fonctions dans les écoles primaires communales.

On peut trouver que c'est excessif, d'autant plus que l'enseignement donné dans les écoles cléricales n'est pas accessible à tous. De plus, les installations de ces écoles sont rudimentaires, l'organisation scolaire est défectueuse, non en rapport avec les progrès pédagogiques modernes, les classes sont surpeuplées. Le personnel enseignant comprend beaucoup d'étrangers, sans diplôme la plupart du temps, et l'enseignement ne peut, dans ces conditions, avoir quelque valeur. L'autorité n'a, d'ailleurs, que peu de prise sur le personnel, qui n'est pas passible, comme c'est le cas dans les écoles communales, de peines disciplinaires ; enfin, l'inspection ne peut portei' que sur les conditions d'adoptabilité et ne peut s'exercer sur le travail enseignant.

Toutes les considérations que nous venons de rappeler dans ce chapitre établissent semble-t-il. de façon péremptoire, que l'œuvre cléricale en matière d'enseignement a déjà dépassé dans notre pays les limites permises. Un sectarisme inconsidéré, qu'un homme, le Premier malgré tout de la cause cléricale, vient de répudier avec éclat, pousse irrésistiblement les cléricaux, las de soutenir leurs écoles de parti, à livrer une bataille décisive.

La restauration de la société dans le Christianisme ne doit plus être l'effet des temps : l'armée cléricale a été préparée, renforcée, éduquée très spécialement en prévision de cette lutte, qui doit lui assurer la plus complète des victoires et asseoir de façon définitive, irrévocable, dans l'avenir, la domination du Parti.

Les clameurs qui se sont élevées de toutes parts et dont les échos ont résonné à travers l'accès de rage manifesté à Louvain se feront encore, sans aucun doute, entendre avec plus de vigueur, pour hâter la délivrance de tout un peuple. La misère, en Belgique, est grande, et ce n'est pas le cléricalisme qui, par le renoncement et la charité chrétienne, peut y ramener un peu de bien-être pt de bonheur !

Un régime a vécu ! Un autre, plein d'espoirs, rayonne déjà à l'horizon et laisse entrevoir à tous les parias de l'infortune un sort meilleur...

Entre toutes les réformes qui s'offrent à ses préoccupations immédiates il en est une que requiert impérieusement la détresse de tout un peuple et qui doit préparer son affranchissement intellectuel, prélude lui-même de son émancipation économique : l'opposition se devra à elle-même de prendre toutes mesures susceptibles de propager l'instruction, de l'assurer à tous pendant un temps suffisant, de le faire avec un respect égal de toutes les convictions philosophiques ou doctrinales, d'organiser un enseignement professionnel conforme aux progrès modernes, d'améliorer le sort des

instiluteuis. dont le rôle ca,])ital cl ingral n'a suère été apprécié coninie il convient jusqu'à ce jour.

lù si, en ciépit des plus légitimes espérances, il n'était pas permis à l'opposition d'entreprendre bientôt cette œuvre de réparation, de progrès et de justice, si, d'autre part, comme l'annoncent les apôtres laïcs et religieux du Parti clérical, une nouvelle tentative venait à surgir pour détruire ce qui reste de liberté aux pères de famille, alors il faudra rappeler cà tous les défenseurs de nos libertés l'appel lancé à la Madeleine par M. Paul Hymans :

<. Dans les temps de la grande Révolution, quand les armées de l'ancien régime menacèrent le territoire de la France, les députés décrétèrent la patrie en danger et aussitôt des légions jaillirent du sol et coururent à la frontière. Aujourd'hui, en Belgique, la Constitution et la liberté sont en péril ; nous allons les défendre. Suivez-

B. Les Patronages

Lorsque les cléricaux, détenteurs du pouvoir, firent éclore de toutes parts ces milliers d'écoles confessionnelles qui devaient leur assurer, dans l'avenir, le recrutement des armées cléricales, ils s'ingénièrent de bonne heure à détruire, avons-nous vu, lentement mais progressivement, l'enseignement dit public. Mais, assurément, ils ne purent guère caresser l'espoir de voir s'effondrer, d'une manière complète et définitive, les écoles officielles, notamment dans les grandes villes du royaume, là où les populations mieux prévenues et ])lus instruites, n'offraient pas une prise aussi facile à l'apostolat catholique.

Ici. ils prirent les mesures que dictaient les circonstances : il importait de corriger les lacunes, les vices et les erreurs que présentait, à leurs yeux, l'enseignement neutre : les patronages leur apparurent comme les œuvres par excellence susceptibles d'assurer la formation positive des enfants en conformité avec les principes dogmatiques. Ils complétaient l'école libre, ils corrigeaient l'école publique officielle ; ils avaient un double but d'éducation et de 'préservation : ils devaient, avant tout, rapjjiocher de l'Eglise et conduire à son Parti.

Ce furent les Conférences de Saint -\'incent de Paul qui furent chargées de les fonder.

< Pcs patronages, en Belgique du moins, disait M. Sting- Ihainher ', président du Conseil supérieur de Bel.gique, lors de

' Assemblée gén'rnlc des Confercnca de /irli^ignr. uiuie à Malincs le 2('> sc]!tonihic l'.IOd. l)i-.iriiivi du Pii'sidcnt. p. T. liini. \'n)niant. KnixcUcs.

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l'assemblée générale des Conférences de Belgique, tenue à Malines, le 26 septembre 1909, — nous doivent leur origine. Repris avec un plein succès par le clergé paroissial, ils conservent encore avec nous en de nombreux endroits, à Liège, Bruxelles et Anvers notamment, des rapports suivis, recevant de nous impulsion et subsides, participant à nos indulgences, recrutant parmi nous les membres les plus actifs. Et voici même que ceux-ci, chevaliers de la charité, heureux des jouissances célestes qu'ils trouvent dans son exercice, ont voulu partager cette joie avec les jeunes patronnés : au sein même des patronages, ils ont fondé des Conférences, composées exclusivement de jeunes ouvriers. »

Les patronages sont donc des institutions chrétiennes qui doivent, selon le mot de M. Senocq 1, « mener à Dieu ou ils ne sont rien ». A cette fin, ils s'ingénient à mettre en œuvre tout ce qui est de nature à attirer l'enfant et à intéresser les parents, par l'octroi de petites faveurs.

Mais nous savons aussi, surtout depuis le dernier Congrès de Malines. que les patronages sont avant tout les pépinières dans lesquelles on sélectionne, on forme les propagandistes, les hommes d'œuvre cléricaux et les meetinguistes électoraux.

Tous les rapports présentés, aussi bien que les vœux émis, concordent sur ce point que si les patronages doivent être des œuvres de préservation morale et de formation religieuse, ils doivent aussi contribuer à la formation politique des jeunes gens. A cette fin, on y adjoint des ligues de retraitants, dans lesquelles, comme nous le verrons plus loin, on s'efforcera de préparer les sujets réputés les meilleurs à l'apostolat laïc.

t Partout, écrit M. Louis Schaetzen -, où l'on s'est efforcé de former intelligemment les jeunes gens, le patronage est devenu une ■véritable pépinière pour toutes les œuvres catholiques. On en a vu sortir de jeunes recrues intelligentes et pleines d'ardeur, gui sont allées grossir les rangs de nos jeunes gardes, cercles ouvriers, syndicats, mutualités, caisses de retraite, etc. »

<; Il faut, dit -il plus loin, y former de bons citoyens, persuadés de la nécessité de l'ordre social établi et de l'ineptie des théories socialistes. »

C'est dans le même ordre d'idées que le Rév. P. Rutten, l'initiateur du mouvement syndical chrétien en Belgique, demandait au même Congrès que la propagande syndicale se fasse par des conférences dans les patronages, par de petites leçons élémentaires

^ L. Senoco. Erreurs et illusions dans la direction des patronages. Bulletin de Tournai. 1898.

- La SituJtion d'ensemble des Patronages belges L. Scii.vetzex. Congrès de Malines.

sur la raison d'être des syndicats et la nécessité de l'enseignement professionnel, par la distribution de brochures de propagande et de catéchismes syndicaux, par l'affiliation au syndicat des jeunes patronnés, à titre de « demi-membres ». dès leur entrée à l'usine ou à l'atelier.

La discussion fut résumée par ce vœu, admis à l'unanimité : « Voir tous les patronages s'occuper de la formation religieuse, morale et sociale des jeunes gens, et ne pas se borner à an simple rôle de préservation. »

Un rapport, présenté au même Congrès, par M. Gaston délia Faille, demandait l'addition des vœux suivants :

<; Pour les cercles d'anciens patronnés, ne pas perdre de vue : 1° la moralisation et la persévérance chrétiennes ; 2° la vie sociale intégrale ; 3" la politique catholique . Ce dernier point est parfois négligé, dans les villages surtout, où il se produit parfois des scissions entre catholiques, une fraction de ceux-ci se retranchant derrière une certaine neutralité. »

Le rapporteur demande l'expulsion de ces derniers des cercles de persévérants, c'est-à-dire des anciens patronnés, par un vœu ainsi libellé :

« Faire recommander par l'autorité ecclésiastique aux directeurs spirituels des patronag "s que ceux-ci aient à épurer à l'avance les cercles de persévérants ! »

Enfin, le très clairvoyant rapporteur demandait également l'organisation, au sein des patronages, de conférences et de dissertations antisocialistes, un enseignement populaire, des Sprekersbonden qui donnent aux jeunes gens l'habitude de la parole en public, les instruisent sur le mécanisme des mutualités, des coopératives, des syndicats chrétiens, mettent à leur portée et à leur service les réponses aux objections et arguments des adversaires.

Peut -on avouer avec plus de cynisme que les patronages sont des écoles de formation d'agents électoraux ?

Nous verrons plus loin comment cette formation politique est assurée dans les cercles d'ouvriers, qui doivent continuer l'œuvre commencée par les patronages, et quelles sont les mesures prises pour assurer cette transition.

Installés, dans chaque commune, dans des locaux spacieux, sous la direction du curé ou d'un comité directeur, les patronages s'adressent aux garçons, plus particulièrement à partir de l'âge de 10 ans et jusque 20 ans.

Les réunions ont lieu les dimanches et jours de fête ; parfois il y a des réunions complémentaires en semaine.

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Le curé est assisté dans l'organisation des divers services d'éducation ou de récréation par dés jeunes gens de bonne famille, désignés sous le nom de maîtres.

Les patronnés sont divisés, suivant l'âge, en petits, âgés de moins de 1 1 ans ; en moyens, âgés de moins de 1 7 ans ; en grands, âgés de plus de 17 ans ; les persévérants sont ceux qui, ayant dépassé l'âge de 20 ans, continuent à venir régulièrement au patronage pour devenir des maîtres.

Une cotisation mensuelle variant de 5 à 2 5 centimes est requise de chaque patronné. Il va de soi que celle-ci serait insuffisante pour faire face aux frais considérables que comporte l'organisation d'un patronage. Mais ici le Gouvernement a mille prétextes pour intervenir. Des subsides sont donnés aux mutualités et autres œuvres, sous prétexte, notamment, de propagande anti -alcoolique ! Ces derniers subsides émanent du Ministère de l'Agriculture et sont accordés aux patronages par l'intermédiaire de Ligues -mères. Les communes, de leur côté, subsidient de cette manière les patronages.

Les Conférences de SaintrVincent de Paul interviennent pour une large part dans les frais généraux. Ici, comme on sait, les ressources sont solli*citées en vue de faire la charité ; les patronages sont cependant fréquentés par des enfants de familles aisées ! Nous en connaissons suffisamment pour pouvoir l'affirmer ici.

C'est une anomalie que nous signalons et qui apparaît, à nos yeux, comme étant un abus, et d'autant plus que nous venons d'établir qu'ils ne sont, somme toute, que des institutions de préparation politique. L'an dernier, le conseil central des Conférences du Brabant a alloué une somme de 6,680 francs aux seuls patronages de Bruxelles.

Le recrutement, dans les patronages, se fait par les comités scolaires et les ligues paroissiales, dont les membres se rendent au domicile des élèves, et par les Conférences de Saint-Vincent de Paul. Les admissions se font chaque dimanche ; les parents sont obligés d'amener eux-mêmes leurs enfants au bureau du curé et s'engagent à les faire assister régulièrement aux réunions et en pleine conformité de vues avec le comité directeur du patronage.

Voici un extrait du règlement du Patronage Saint -Joseph (haut d'Ixelles) :

Tout 'membre de la 2^ Section du Patronage est obligé :

1° D'assister, le dimanche et les jours de fêtes, à la messe de 9 heures, en l'église Saint-Boniface, et d'y remettre sa carte de présence au patron surveillant ; tout membre qui, n'en ayant pas obtenu la dispense, n'assistera pas à cette messe de 9 heures, ne pourra prendre part à la réiuiion de l'après-midi au Patronage.

2° D'assister, ces mêmes jours, au salut de 2 h. 1,2, en la Chaf)elle Saint -Alexis, rue de l'Arbre -Bénit, et d'y remettre sa carte.

30 D'entrer au local à l'issue du salut et de n'en sortir qu'.'i la fin de la réunion.

4° De ne pas blasphémer, d'av'oir une bonne conduite, d'être régulier aux réunions du Patronage.

3° De respecter le mobilier et les jeux mis à sa disposiition.

Le Comité rengage en outre :

,1° A prendre part aux communions mensuelles.

2° A j)€rsévérer dans la 2^ Section, afin d'être admis, ayant atteint l'âge requis, dans la 3= Section du Patronage.

3° A se conduire chez lui. en fils soumis ; à l'atelier ou à l'école, en apprenti ou écolier courageux et rangé ; au Patronage, en bon camarade ; partout et toujours en chrétien convaincu.

Des prix. li\res, médailles, bons de tombolas sont accordés à ceux dont la conduite est sans reproche. L'absence aux services religieux est signalée aux parents et suivie d'admonestation. Des amendes, des arrêts, voire même l'exclusion, sont prononcés contre ceux qui sont indociles.

La journée commence à 8 3,4 heures du matin pour ne finir que le soir, à 9 12 heures, tout au moins pour les grands.

Le programme du dimanche comprend des prières, l'assistance aux offices, l'enseignement religieux, parfois un pèlerinage ; puis l'organisation de jeux dans les diverses sections : sport, gymnasticjue, foot-ball, etc. ; le chant, la musique, la comédie ; enfin, pour les (Euvres à caractère économique, perception des cotisations des sections d'épargne, de retraite ou de mutualité.

\'oici l'emploi d'une journée au Patronage St-jean Berchmans :

8 3/4 heures. — Réunion de tous les membres.

9 heures. — Messe à l'Eglise paroissiale. — Prières et chants en commun.

9 iy2 heures. — Retour au local. — Cours de catéchisme et d'apologétique.

10 heures. — Récréation. — Caisse d'épargne.

I 1 heures. — Distribution des cartes de présence. — Départ.

11 à 12 heures. — Réunion des corfX) rations (secours mutuels). — Au secrétariat : admission des membres nouveaux. — Audience du Président aux membres et parents.

4 heures. — Récréation p>our les jeunes gens de 11 à 16 ans. 6 heures. — Instruction religieuse. — Prière en commun à la chapelle de l'œuvre.

6 12 heures. — Départ.

6 1/4 à 7 heures. — Service de la Bibliothèque.

7 heures. — Récréation pour les membres de 16 à i8 ans.

9 heures. — Instruction religieuse et prière du soir en commun à la chapelle du patronage pour les jeunes gens de 16 h 18 ans. 9 12 heures. - Départ.

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Dans certains patronages est prévue également la formation d'une caisse commune, alimentée par des cotisations minimes et qui sert à permettre aux jeunes gens de faire des retraites ^ dans une maison religieuse.

Des visites sont faites aux parents des patronnés par le curé ou les membres du comité, des fêtes ont lieu en leur honneur. Le placement des apprentis qui ont quitté l'école, mais suivent encore le patronage, est assuré par les soins des secrétariats d'apprentissage, de création récente.

Un bulletin ou un petit journal est adressé à chaque membre.

Le nombre des patronages, en Belgique 2, s'est accru notablement pendant les vingt -cinq dernières années. Il en existe actuellement 653 pour garçons, dont 453 en pays wallon et 200 en pays flamand. Il y en a 471 pour jeunes filles, dont 305 en pays wallon et 166 en pays flamand. Ce qui donne au total 1,124 patronages.

Ensemble, ils groupent 157,800 patronnés, dont 96,300 jeunes gens et 61,300 jeunes filles.

Les grandes villes ont vu se constituer des patronages dans les moindres quartiers : à Bruxelles il y en a 29 pour garçons et 10 pour jeunes filles ; à Liège, 12 pour garçons et 50 pour jeunes filles ; à Anvers, 2 1 pour garçons ; à Gand, i 5 pour garçons et 1 6 pour jeunes filles ; à Bruges, nous en connaissons i 2 pour jeunes filles.

Les patronages pour jeunes filles sont également très répandus ; ce sont, comme les patronages pour jeunes gens, des œuvres de préservation morale et surtout de formation religieuse. Ils existent dans les villages, au sein des paroisses, aussi bien que dans les grandes villes. L'ouvrage publié en 1904 par M™'= Ch. Vloeberghs ■■ et intitulé La Belgique charitable, renseignait qu'il en existait déjà, à cette époque, dans plus de 250 communes.

Leur organisation ne diffère pas sensiblement de celle des patronages pour jeunes gens.

Au Congrès de Malines de 1909, sur rapport de M"'= J. Donckers, secrétaire de l'œuvre du Patronage des jeunes ouvrières à Bruxelles, un vœu fut voté pour la création de fédérations décanales et diocésaines de patronages pour jeunes filles. L'activité de ces fédérations, qui seraient invitées, une fois formées, à se grouper en Fédération nationale, tendrait à recueillir et centraliser tous les renseignements qui concernent ces œuvres, à stimuler et dirigei le zèle des femmes chrétiennes pour la diffusion des patro-

' Nous nous occupons des retraites plus loin.

- Enquête faite par les soins du Cercle d'actions sociales de Louvain. ' La Belgique charitable, par M"* Vloeberghs. Librairie nationale, 53. rue Royale, Bruxelles.

nages, à constituer une bibliothèque centrale, à organiser des réunions et des congrès.

Il en sera sans doute bientôt ainsi.

La concentration fédérale des patronages pour garçons est également à l'ordre du jour dans le camp clérical ; elle a été défendue au Congrès de Malines, qui s'est rallié au vœu du rapporteur M . Louis Schaetzen, ainsi conçu :

« Voir se créer des fédérations régionales qui viendraient se fusionner en une vaste fédération nationale, dont le comité central publierait un journal ou une revue périodique, exclusivement pour les patronages. »

Un autre rapporteur, iM. délia Faille, désireux de renforcer la tutelle ecclésiastique au sein des patronages, proposa les vœux supplémentaires suivants :

« 1° Voir un délégué de l'archevêché à la tête' de chacune de ces fédérations. Lui seul leur donnera la vie, car il aura l'autorité nécessaire à l'exécution des décisions combattues par les minorités ; il veillera au but essentiel : l'unité d'action.

» La faiblesse de telles ligues se trouve dans le manque de sanction aux règles et décisions adoptées ; or, cette saction est impossible à faire agréer ; il faut la remplacer par une autorité ;

» 2° Chacune de ces ligues devrait reposer sur une charte, signée par l'autorité supérieure, après avoir été rédigée par les délégués des patronages, d'accord avec le curé ou son mandataire.

» Cette charte doit être le fruit de l'expérience et procéder avec une grande prudence. Mais, une fois acquis, un point devrait être rigoureusement observé par tous les fédérés ;

» 3" Ces ligues devraient avoir chacune son organe et ses réunions fixes ;

» 4" Ces ligues devraient s'assurer d'avance leurs .ressources. »

Les patronages de jeunes gens ont été invités, tout comme la plupart des œuvres cléricales, à assister à la manifestation Schollaert du 27 août dernier.

Voici en quels termes le XX^ Siècle lançait un appel aux patronages de tout le pays :

« Aux patronages catholiques de toute la Belgique. — On nous prie de bien vouloir insérer ce qui suit au sujet de la participation des patronages à la manifestation Schollaert :

» Nous invitons tous les patronages catholiques de la Belgique à la manifestation Schollaert, qui aura lieu à Louvain, le 27 août prochain.

» La question de l'enseignement religieux intéresse au premier chef les patronages catholiques ; c'est pourquoi nous osons espérer

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qu'ils formeront un groupe nombreux et qu'ils enverront des délégations de tous les points du pays. Ce sera faire œuvre de propagande pour la belle institution des patronages.

» Profitant de la manifestation Schollaert^ se réunira à Louvain, le matin du 27 août, à 10 heures, une assemblée générale des ^délégués de tous les patronages du pays, sous la présidence du chanoine Laenen, directeur diocésain des patronages de jeunes gens du diocèse de Malines.

» Prendront la parole à cette réunion :

»M. Schollaert, qui parlera dans les deux langues; M. De Hasque, d'Anvers : « Hooger op, door de Patronaten » ; M. Karl Hanquet, professeur à l'Université de Liège : « La vocation de la jeunesse ouvrière ».

» Nous prions MM. les directeurs des patronages de bien vouloir faire parvenir le plus vite possible au secrétariat (chanoine Laenen, rempart des Arbalétriers, 140, à Malines), leur adhésion, en indiquant le nombre des participants.

» Ne possédant pas la liste complète des patronages et faute de pouvoir nous adresser individuellement à chacun par circulaire, nous demandons à notre presse catholique de transmettre à tous les patronages le présent appel. »

Nous ne terminerons pas ce chapitre sans faire une dernière constatation. En général, deux tiers des enfants fréquentant les patronages suivent en semaine les cours des écoles officielles. Les catholiques affirment assez volontiers que les parents des patronnés sont des leurs. Beaucoup sont catholiques de religion, c'est là un fait indéniable. Mais on peut tirer d'ici cette conclusion que ces pères de famille, en envoyant leurs enfants à l'école publique, neutre et laïque, trouvent l'enseignement qui y est donné conforme au .développement moral et intellectuel qu'ils requièrent, sans trouver indispensable cette atmosphère religieuse que voudraient imposer les fanatiques cléricaux.

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