II. — L'Œuvre de la dî'fetise de la foi
Qu'on en juge 1 Fidèle à notre souci scrupuleux de ne ^aire figurer dans ce travail que les arguments puisés dans les tracts et brochures de propagande des cléricaux, sans les amender, sans en modifier une ligne, de crainte d'en transformer le sens et la portée réels, nous nous bornons à transcrire les paragraphes qui nous ont paru particulièrement révoltants.
Ce qui donne à ces documents une importance que nous ai 'avons pas besoin d'exagérer, c'est que l'Œuvre de la Défense de la Foi est placée pour l'ensemble du pays sous le patronage ^ du Cardinal- Archevêque de Malines et des Evêques de Belgique, qui la subsidient. Elle a 25,000 abonnés et a déjà lancé dans le pays plusieurs millions de tracts sur les sujets les plus divers.
Voici dans quels termes la Gazette de Liège du 27 novembre 19 10 présentait au public liégeois la succursale de l'œuvre qui venait d'être établie à Liège :
« La Gazette de Liège a Vlionneiir de présenter nu public intellectuel liégeois une création nouvelle, foyer scientifique appelé à un rayonnement intense, école supérieure d'apologétique, l'Œuvre de la Défense de la Foi, dont le siège vient de s'ouvrir au n° 2 de la rue Bertholet.
» Trois fois aveugle celui qui ne voit pas l'universelle cons- \piration ourdie contre le règne de la Foi chrétienne . Battue en brèche sur tous les terrains et par toutes les armes, attaquée par la tribune et le livre, par le journal et le tract, livrée au mépris des idemi-savants par une science sophistiquée, dénoncée à la haine du peuple par d'odieuses calomnies, dénaturée et travestie dans son histoire falsifiée, dans ses dogmes adultérés, dans sa morale outragée, l'Eglise catholique risque de perdre en notre pays son empire doctrinal sur beaucoup d'intelligences et de voir s'affaiblir chaque jour sa haute influence sociale.
» // est temps, il est grand tem.ps d'organiser ici sur des
' La Vérité, janvier 1911. no 1, ]i. 3.
30;") l.e Régime clérical en Belgique.
bases sérieuses la défense de la Foi, en coordonnant les efforts des apologistes et en imprimant à leurs travaux une direction sûre et éclairée.
» D'abord et avant tout il nous faut un arsenal pourvu de tous les moyens de défense. C'est pour répondre ci cette urgente nécessité que l'Œuvre de la rue Bertholet crée une Bibliothèque apologétique, rassemblant dans une vaste collection tenue à jour tous les ouvrages, au moins ceux d'expression française, relatifs Cl cette spécialité extraordinairement riche et complexe . F.lle offre ainsi aux travailleurs, par la réunion de toutes les publications qui intéressent la culture religieuse, morale et sociale — et c'est une immense littérature, — une source d'information et de documentation complète, rapide et peu coûteuse. Quelle bonne fortune! »
Puis plus loin :
« Placée pour l'ensemble du pays sous le patronage de Son Eminence le Cardinal .Mercier, qui l'aida de sa munificence, l'Œuvre spéciale ci Liège et la Wallonie s'honore de la haute approbation de Monseigneur V Evoque, dont la libéralité ne se refusa pas non plus à son établissement dans sa ville épiscopale. Le directeur général est le distingué Père Perqui, des Frères Prêcheurs, lecteur en théologie et docteur en sciences politiques et sociales, secondé par les Pères Ledent, attaché à la rédaction, et Michel, directeur de la bibliothèque, entouré d'un brillant état-major auquel l'Université n'a pas fjiirni moins de six professeurs ou assistants e'. un étudiant. »
Lr n" 5 du II mai igii, fait paraître ces lignes, i:)age 58 :
V M. Charles Woeste a fait un très beau discours à Anvers, invitant tous les catholiques à l'action. Il a dit, entre autres choses: «Ah! je sais que vous avez ici à Anvers des œuvres. Vous avez » l'QiuvTL- de la Bonne Presse, vous cherchez à répandre les jour- » naux. Ces œuvres réclament des concours nouveaux, ne les leur ^> refusez pas. Ils sont indispensables. Et ce' ne sont pas seulement » les journaux qu'il faut répandre, ce sont aussi des affiches, des » feuilles volantes, des tracts, pénétrant partout pour combattre le » poison qu'on cherche à infiltrer dans les masses. » C'est là tout juste le but de notre œuvre. Nous osons donc espérer que, à la prière d'un homme si éminent, les catholiques favorisés par la fortune nous viendront en aide et soutiendront notre œuvre, qui demande de fortes dépenses chaque année. Chaque mois nous célébrons une messe à l'intention de nos amis et bienfaiteurs. »
X'oyons maintenant comment l'CKuvre de la Défense de la Foi qui s interdit par ses statuts de s'occuper de politique, entend sa
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propagande, comment il lui paraît nécessaire de défendre l'Eglise et par quels moyens elle espère y ramener les égarés.
Le point de vwe monarchique,'^. — La Vérité de septembre 19 lo, n° 9, page IV :
<; Mais vous dites, Emile : « Le prêtre à l'église et le bourgmestre à la maison communale ! » Nous sommes parfaitement d'accord là-dessus. Le prêtre ne se mettra jamais en '.ête d'aller chanter une grand'messe à l'hôtel de ville ou de venir prêcher aux séances communales ; mais, comprenez bien ceci, quand l'autorité civile, fût -elle personnifiée en la personne d'un roi ou d'un empereur, se risque à porter des lois ou à prendre des mesures contraires aux droits de Dieu et de son Eglise, quand nos hommes politiques exécutent les plans diaboliques dressés dans les réunions secrètes des loges maçonniques, alors nos prêtres ont non seulement le droit, mais, bien plus, ils ont le devoir de combattre à outrance les loups ravageurs couverts de peaux de brebis. Et appelez cela faire de la politique, tant que vous voudrez, ils le feront et sauront au besoin en faire jusqu'à la mort. »
Le point de vue politique. — La Vérité du 20 janvier 191 1 (à propos d'un livre de Don Félix Sarda y Salvany, Le libéralisme est un péché) :
« Le libéralisme, voilà l'hérésie de nos jours ; hérésie séduisante pour beaucoup, parce qu'elle a un faux aspect de générosité et que son nom, intentionnellement vague, est attrayant. Elle en est d'autant plus dangereuse. L'auteur de ce livre arrache le masque à cette doctrine hypocrite et avec une vigueur sans égale il la poursuit jusque dans ses derniers recoins. Elle sort vaincue de la lutte et stigmatisée comme elle mérite de l'être. Ceux qui veulent s'instruire sur la question du libéralisme trouveront dans ce livre des renseignements nombreux et utiles. »
La Vérité du mois d'aoirt 1910 :
« Pourquoi tous ces crimes ?
>■•■ Pourquoi cette persécution violente contre l' Eglise en France? Pourquoi ces débuts de guerre civile?
i> Parce que les électeurs Vont permis.
» Parce qu'ils ont laissé le champ libre aux francs-maçons et à leurs auxiliaires .
» Parce que, en 1902 et 1906, ils n'ont pas fait fout l'effort
' Nous reprodaisons les textes avec les caractères d'imprimerie qui les présentaient dans les tracts.
nécessaire pour assurer la victoire de la liberté et remplacer la république maçonnique et délatrice par la vraie république honnête, respectueuse des droits de tous les citoyens sans exception. » Ne les imitons pas et formons « bloc chrétien » contre le bloc socialiste-libéral anticatholique. »
Pour favoriser l'affiliation aux syndicats chrétiens : La question sociale, par Franz {La Vérité de février 1910, page 21):
<. ...C'est ma conviction intime : parce qu'ils n'ont j)as compris la grande force de l'association, parce qu'ils ne sont pas unanimes à entrer dans les syndicats chrétiens, parce qu'ils se désintéressent de la vie syndicale : voilà pourquoi les ou\Tiers eux-mêmes sont une des causes du triste état qui les afflige. »
Pour les ouvriers qui voudraient devenir socialistes. (Il ne s'agit pas de politique !) La Vérité d'août 19 10, page 95 : Notre programme^ par Franz :
« Je travaille toute la semaine, avec énergie, par amour pour /na femme et pour mes enfants. Je gagne un modeste salaire, l'économise autant que possible, et après quelques années je parviens à m' acheter une jolie maisonnette, gentil petit jardin; f élève mes enfants; nous sommes heureux. Et les socialistes viennent me chanter que ce produit de mon travail, dont je jouis et que je laisserai à mes enfants, que tout cela n'est pas à moi, que cette propriété est un vol ? Sont-ils donc fous? »
Voici des exhortations adressées à la jeunesse catholic|ue (toujours sans politique !). La Vérité de mai 101 1, page 51 :
«Aux JEUNES GENS CATHOLIQUES.
» A l'heure actuelle oii la presse maçoiiniciue s'efforce d'ébranler le roc de la chrétienté, à l'heure oii ces feuilles anticléricales., ces soi-disant orateurs de la libre pensée crachent de gros mots sur l'tglise de Jésus-Christ, jeunes gens catholiques, unissons nos efforts, serrons les rangs, et portant bien haut l'étendard de la croix, marchons en avant et frappons ces sectaires non aux flancs, mais aux cœurs.
» — Nous unir, dites-vous, mais des distances nous séparent, -notre idiome est différent, notre patrie n'est pas la vôtre?
)^ — Qu'importent les distances, les idiomes, les nationalités! Jésus-Christ n'est-il pas mort pour tous les hommes?
•>-, ' Vous nous dites de frapper... Quelles sont les armes?
» — J'en possède trois : la parole, la plume, l'exemple.
L'Organisation de la Propagande. 309
» La parole :
» Organisez des meetings catholiques, contredisez ces librespenseurs dont la politique est basée sur le sable... »
Voici enfin le point de vue éducatif et moral. La Vérité de novembre 1910, n° 11, page 132 :
«X. — Que voulez-vous? moi, je suis anticlérical.
» Z. — C'est ton droit; mais connais-tu les vrais anticléricaux? les sans-Dieu et les sans-patrie sont anticléricaux ; les polissons, anticléricaux ; les voleurs, anticléricaux ; les assassins, anticléricaux; le diable surtout est anticlérical. Te voilà en belle compagnie. 11
De La Vérité de mars 191 i, page 27 :
« Un monsieur qui se déclare libre-penseur dit à son voisin qui a en main un journal religieux :
» — Dans ce pays on ne voit que des curés et des gendarmes.
» Le voisin. — Que voulez-vous, monsieur, il faut bien des curés pour les gens qui ont de la religion et des gendarmes pour ceux qui n'en ont point. »
La Vérité de septembre 1911, n° 9, page II :
« La beauté de notre mère (l'Eglise) :
» Plaçons -nous un instant au triste point de vue des incroyants. Sur quoi peut bien porter leur haine ? Car pour être haïe il faut qu'une chose paraisse méchante, ou laide, ou seulement despote. Comment donc trouver cela dans notre Mère l'Eglise ?
» Pour commencer, elle est souverainement tolérante, ne force personne et se borne à pleurer ceux qui la détestent. »
Voyons comment elle pleure ceux qui la détestent !
De La Vérité d'août 19 10:
« Fille de libre - penseur.
» — Mon père, vous n'avez rien à me reprocher, si je suis descendue au dernier échelon de la dégradation... Dites? Comment m'avez-vous élevée? Qu'est-ce que vous m'avez mis dans l'âme, dans l'intelligence, dans le cœur? Dans la vie de toute femme, il y a une heure où la tentation arrive..., les autres femmes ont, du moins, une force pour les soutenir; moi, je n'ai pas trouvé une seule branche pour me raccrocher. J'ai regardé le ciel, vous m'avez enseigné qu'il était vide!
y- Je sais d'avance tout ce que vous pouvez me dire! mon
déshonneur est public, je suis tombée si l)as que, si je n'avais pas pour saur l'adorable jeune fille qui est là, je n'aurais pas trouvé une seule main tendue vers mon abjection. Eh bien, cette abjection est votre ouvrage, ô mon père, et vous pouvez en être fier!
» Dieu, l'âme, r éternité, le crucifix, la Vierge, des mômeries, disiez-vous! Mais mômeries qu'il faut laisser aux femmes, car elles sont bien abaissées et bien faibles sans ces croyances.
» Farouche, elle fit un pas pour sortir.
» — Mais, ma fille, où vas-tu ?
» — Oii je vais? là où vont les désespérées, dont r honneur est perdu, dont le nom est flétri et qui ne croient à rien, ni au bien, ni à la vertu, ni à la justice! Je vais où vont les filles comme moi, élevées par des hommes comme vous... Je vais dans la boue! »
Contre la «mauvaise » presse {La Vérité de juillet 191 i, page 75) :
« Bien répondu !
» C'était dans une commune des Ardennes. Une brave femme gardait quelques vaches au bord du chemin, et pour tuer le temps... elle tuait son âme, en se délectant à la lecture d'un journal impie et grossier.
» Passe un brave homme, qui a dans le pays la réputation d'un bon catholique.
» Voulant servir au passant le dernier trait de génie qu'elle venait de trouver dans son journal :
» — Dites donc, monsieur, demande-t-elle, pourquoi le bon Dieu fait -il tant pleuvoir.^
» Le passant avait aperçu le titre de la gazette.
» — Ah! voyez-vous, madame, répond-il, c'est qu'on écrit aujourd'hui tant de saletés qu'il faut au bon Dieu beaucoup d'eau pour les laver! »
Pour développer la littérature et les notions du beau. — Tract à faire répandre par les enfants (article de tête de La Vérité de juillet 191 I, pages 73 et 75) :
« Le gros monsieur.
» Avec une tête qui, à peu de chose près, rappelle assez bien celles des veaux qui ornent la devanture de nos charcutiers, où sont flanqués deux yeux qui voient tout en rouge, an nez en trompette séparé de la bouche pur un léger duvet, un menton arrivé déjà à sa quatrième génération, fruit sans doute de privations multiples, et, pour soutenir cette tête d'hercule et sans esthétique, un cou en forme d'entonnoir qui lui-même donne accès à un vaste tonneau reposant sur deux faibles colonnes, tel est le personnage
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important, « physiquement » parlant, qui, par le plus heureux des hasards, se trouvait devant moi en chemiu de fer, dans un compartiment de troisième classe. Qui était-il? cVoà venait-il? mystère... personne ne le savait, tout le monde V ignorait... tout au plus pouvait-on savoir qu'il lisait... non. qu'il dévorait un journal ayant toutes les qualités d'impressions ; quant à sa doctrine?? ne m'en parlez pas.
» — C'est dégoûtant... 20 millions pour les curés et les couvents, murmura soudain ce personnage inconnu et jusqu'alors muet ; ils n'auront donc jamais fini de s'engraisser de nos dépouilles.
» — Qu'en pensez-vous, mon ami, me dit-il, en croisant ses biceps sur sa poitrine.
» — Ce que j'en pense., monsieur? c'est que... tout d'abord les calculs de votre journal ne sont pas très justes... vous faites erreur de quelques millions; ensuite...
» — Ça c'est un calotin, plus de doute... il en a d'ailleurs la tête.
» — Ensuite, si même cela devait être, votre argent ne saurait être placé en meilleures mains, car vos enfants deviendront des hommes de principes et de convictions, ayant reçu une éducation vraiment religieuse. »
Le dialogue continue sur des questions politiques, puis :
<. Va, mon vieux, quand on voyage, il est toujours bon de ne jamais faire l'important.
» Le train venait de s'arrêter... la portière de notre compartiment s'ouvre pour livrer passage à un vénérable curé, qui, sitôt assis, continua la lecture de son bréviaire. Le gros le regardait, les lèvres pendantes, les yeux ahuris. Il le fixait avec une sorte de terreur, en ayant soin de prendre une clé en main poUr conjurer tout mauvais sort. Car un curé c'est comme le n° 13, ça porte toujours malheur!
» — Non, s' écria-t-il soudain, c'est plus fort que moi, je ne puis plus rester dans cette boîte, un enfant de chœur... un blanc bec... un calotin... ça passe encore, mais rester à côté d'un curé, c'est inutile d'essayer . Et le voilà traînant son « tonneau » à travers le couloir du compartiment. Mais, diable! où aurait-il pu trouver une place? c'était jour de marché et le train était bondé de monde : le hasard voulut qu'il en trouva une, car après quelques instants je l'avais perdu de vue.
» A'iais, fatalités des fatalités, l'envie me vint de partir à la recherche de mon batailleur ; à vingt ans on a parfois '.de ces idées -là.
y> Je me lève, je parcours tout le compartiment, rien à trouver. Il devait être quelque part, cependant .
» Enfin je le trouve tout au fond de la voiture, près du W . C, au milieu de paniers (jui puent le poisson et de poissardes qui crient à tue-tête. Le gros monsieur suait, soufflait... et continuait d'avaler, avec les odeurs fétides des restes de poissons, les bêtises non moins dégoûtantes de son sale journal.
» Pauvre gros monsieur, va! »
Nos lecteurs sont, pensons-nous, édifiés. Nous inclinons à croire que S. Em. le Cardinal-Archevêque de Alalines, qui est incontestablement une autorité morale dans le pays, ne Ht jamais La Vérité, qui est honorée de son patronage. Pas plus que nous, Son Eminence ne peut croire à la réelle efficacité de ces ignominies pour ramener au bercail clérical de pauvres égarés !
Les quelques aperçus que nous venons de donner de La Vérité sont la prose ordinaire d'une brochure appelée à défendre la foi ; nous n'avons pas cru devoir insérer plus d'extraits, chacun de ceux reproduits dans ce chapitre étant de nature à indiquer les modalités de l'action qui est à la base de l'œuvre.
Combien suggestives apparaîtront ces déclarations, faites au Congrès de Maliqes ^ de 1909, par le directeur-général de l'œuvre, le Rév. P. L. Perquy. des Frères-Prêclieurs, sur sa portée .et son programme :
<^ ...Un mot maintenant de l'esprit et du caractère de nos publications.
» Ce caractère ne peut être fixé arbitrairement ; il est déterminé par le but que nous poursuivons.
» Or, notre but est de pénétrer partout, afin de maintenir dans le bien, la vertu et la foi. ou d'y ramener, ceux qui échappent à l'influence de l'Eglise et du prêtre.
» Evidemment, il ne peut être question de neutralité, de compromissions, de concessions, de mutilation de la vérité ; mais, pour réussir, pour échapper aux préventions de la masse des égarés, pour être lu, nous devons nous abstenir de faire de la politique { I) et même éviter l'étiquette ecclésiastique et un caractère trop exclusivement religieux.
» On ne fera jamais trop pour la presse politique, locale et générale. Il est incontestable aussi qu'un bon bulletin paroissial à caractère nettement religieux et pastoral est utile. Mais, de nos jours, il faut — entre les deux (presse politique et presse reli-
' Congrès de Matines. Œuvre de la défense de la foi. Rapport présente par le R. P. L. Piiuiji Y. O. P.. dirc'ctinir j,'riu-r:il.
f Organisation de la Propagande. 313
gieuse) — des feuilles qui puissent être agréées partout et atteindre, en tout premier lieu, les indifférents et les égarés.
» Donc, pas d'injures ou d'attaques violentes contre des personnes, des groupes ou des drapeaux.. Dissipons les erreurs, toutes les erreurs ; combattons les vices et les passions désordonnées sans exception ; soyons impitoyables dans la lutte contre toutes les déviations, toutes les atténuations, tous les fléchissements en fait de morale individuelle ou sociale ; mais évitons de froisser ou de heurter trop violemment des attachements ou des convictions sincères. Instruisons partout ; éclairons ; dissipons l'ignorance et les préjugés. Soyons les défenseurs de la vérité, de la vérité intégrale ; provoquons de généreux élans, l'enthousiasme du vrai, du bien et du beau, dans tous les domaines. Nous accomplirons un devoir, nous préparerons des retours, nous armerons pour le bon combat des masses considérables qui, sans cela, risqueraient de nous échapper ou detre inutiles pour le bien.
» Certes, ce n'est pas là tout ce que l'on peut faire, ni la seule manière de faire l'apostolat, de défendre la foi et la loi chrétieirnes . A côté de notre bataillon, il en faut d'autres, beaucoup d'autres. Mais nous estimons que le nôtre est utile et nécessaire et ne doit pas être le moins vaillant ni le moins bien outillé et armé.
» Je me permets d'attirer l'attention sur ce caractère nécessaire de nos publications, afin que les prêtres et les laïques, qui désirent collaborer ou qui répandent nos publications, le respectent toujours et en tiennent compte. »
Comme conclusions de son rapport, le directeur-général proposait au Congrès les vœux suivants :
« Que tous les catholiques soutiennent l'Œuvre de défense de la foi et les œuvres similaires existantes ayant pour but 1 instruction et l'éducation religieuse et morale des masses ;
» Qu'ils soutiennent les œuvres et les comités existants qui répandent leurs publications ; là où il n'en existe pas, qu'ils s'efforcent d'en créer ;
» Qu'ils soutiennent également toutes les publications et les œuvres, existantes ou à créer, d'apologétique scientifique. »
Voici enfin les vœux proposés par le rapporteur de 1' « Action populaire » :
« Il serait de toute nécessité de voir l'Œuvre des tracts français et flamands prendre un grand développement. Tous les hommes d'œuvre, prêtres et laïques, devraient coopérer activement à cette propagande. La presse devrait lui donner une large publicité.
» J'y ajoute un autre vœu, disait l'auteur de la ])roposition, dont dépend, je crois, tjui le succès de cette propagande.
» // consiste à voir centraliser toute cette propagande sous la haute direction de NN . SS. les Evêques de Belgique. »
Les almanachs occupent une large place dans la propagande. Ils sont très appréciés, surtout dans les campagnes.
La plupart des Ligues agricoles publient un almanach annuel. Il en est de même de la Ligue démocratique, de certains vSecré:ariais permanents, de la Fédération de tempérance.
Les revues professionnelles, en français et en flamand, intéressant les agriculteurs, les ouvriers et la petite bourgeoisie, largement subsidiées par le Gouvernement, puis des bulletins, tels La Documentation catholique, La Bonne Presse, La Pai.x "sociale, La Revue sociale catholique, La Voix de l'ouvrier des villes et des campagnes, L' Education familiale. Nos Œuvres, Le Travailleur des villes et des campagnes. Le Bulletin antimaçonnique. Le Catholique, Le Sifflet, De Werkman, De Christene Arbeid, La Revue sociale catholique, La Revue générale, La Revue pratique d'apologétique, La Revue biblique, La Revue thomiste, La Revue néoscolasiiquc, La Revue ecclésiastique du diocèse de Liège, La Revue de la Jeunesse, Le Courrier des cercles, La Revue des sciences théologiques et philosophiques, etc., etc., tous ces périodiques sont répandus à grand tirage dans tout le pays, avec l'appui des œuvres de propagande de la Bonne Presse.
Signalons enfin la proposition faite au XVF Congrès de la Ligue démocratique belge (Nivelles), par M. le député Verhaegen, tendant à renforcer toute cette action par la création d'Un comité central de propagande par le livre, les conférences et !a chanson.