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Nous avons vu qu'à côté des rares institutions d'enseignement officiel existent de nombreuses écoles, surtout du degré moyen, créées par l'initiative privée catholique et encouragées par le Ministère de l'Agriculture. Abordons la question des subsides.
L'enseignement libre est contrôlé par des inspecteurs de l'agriculture, tous catholiques, et les agronomes de l'Etat, qui inspectent plus spécialement l'enseignement populaire donné par des conférenciers agréés, également recrutés avec toutes les garanties. De plus, chaque école est placée sous la tutelle d'une commission de surveillance et d'administration et des délégués, choisis parmi tous ces fonctionnaires et agréés de l'Etat, participent aux examens des écoles.
La répartition des subsides est livrée à l'arbitraire. Le Ministre fixe les sommes allouées à chaque école ou section, conformément à un barème minimum et maximum, en tenant compte, disent les documents officiels, de l'importance des installations, du nombre des élèves, de la valeur du personnel enseignant.
Le programme est libre ; il appartient à l'inspecteur de déterminer s'il peut justifier l'octroi de subsides dans les conditions où il est établi.
Un minimum d'élèves est requis, mais nous savons, depuis que quelques députés ont interpellé le Gouvernement sur ce point — et très spécialement le dévoué et infatigable M. Buyl, — que presque jamais il n'en est ainsi et qu'au moment des inspections on fait figurer sur les bancs des écoles des élèves fictifs, recrutés hâtivement pour la circonstance. C'est dans ces coiiditions qu'il a été établi par M. Buyl que dans certaines écoles les frais s'élevaient, par élève, pour compte de l'Etat et sans les subsides provinciaux, à 650 francs !
Le dernier rapport triennal ' nous fournit quelques autres renseignements sur la situation de l'enseignement agricole sous le ministère clérical. Voici la population en élèves réguliers des écoles dites moyennes d'agriculture, pendant l'exercice scolaire 1904- 1905 :
' Il s'agit (lu rapport pour los aiinces ino4-190.^-in06; depuis lors, malgré les réclamations formulées par de nombreux dé|)Utés de l'opposition, ce rapport n'a plus été publié.
Les Œuvres sociales et économiques.
Ecole moyenne pratique d'agriculture de l'Etat, à Huy
— d'agricult. des frères, à Carlsbourg
— de l'Institut St -Joseph, La Louvière
— du Collège d'Aerschot .
— de l'Institut Saint -Jean-Berchmans
à Avelghem
— du Collège Saint -Joseph, à Chimay
— — de Dinant
— — d'Enghien
— — des Jésuites, Grammont
— — Saint -Joseph, à Hasselt
— — épiscopal, à Leuze .
— — épiscopal, à Nieuport
— de l'Institut Lindemans, à Opwyck
— du Collège de Sotteghem
— — de Thieh.
— — de Virton.
— — de Visé
— — Saint - Louis, Waremme
nnnée
2<^ année
3e année
Totaux 223 127 35
soit un ensemble de 395 élèves pour les trois années d'étude.
Ce sont là les chiffres des inscriptions, parmi lesquelles se trouvent beaucoup d'élèves suivant quelque cours de sciences naturelles, figurant d'ailleurs au programme général de l'institution, et que l'on inscrit dans la population scolaire agricole pour justifier l'octroi du subside.
La preuve en est fournie par le nombre des élèves qui terminent leurs études. En effet, le rapport nous renseigne que pendant la période triennale 1903 à 1905, 212 élèves ont été diplômés, soit donc, en moyenne, 71 par an pour toute la Belgique.
Or, il y a en Belgique plus de 200,000 jeunes gens et jeunes filles de 12a 18 ans dont les parents sont agriculteurs !
Nous n'avons pas besoin d'en dire davantage !
Voici comment est libellée la répartition des subsides :
I . Enseignement moyen des jeunes gens : les sections agricoles ont droit à une somme de 1,500 à 3,500 francs ; les écoles d'agriculture, de 3,500 à 5,000 francs ; les écoles d'horticulture, ide 1,000 à 4,000 francs.
Les cours annexés aux écoles moyennes touchent un subside annuel de 750 francs. Comme ils se donnent dans les locaux mêmes •de celles-ci, ils ne comportent guère de dépenses nouvelles.
2. Enseignement moyen des jeunes filles : les sections ménagères obtiennent de 750 à 1,000 francs ; les écoles ménagères, de 1,000 à 3,000 francs ; les sections de fromagerie, de 1,500 à 2,500 francs ; les écoles supérieures, de 3,600 à 4.000 francs.
3. Les sections professionnelles primaires agricoles pour garçons obtiennent de 350 à 750 francs et les sections horticoles de 450 à 850 francs.
En outre, pour ces deux formes de sections, le Ministère de l'Agriculture prend à sa charge la moitié des dépenses de premier établissement nécessitées par les cours spéciaux annexés à ces sections.
4. Les écoles ménagères ambulantes coûtent 2,000 francs pour trois mois, sans tenir compte du matériel agricole roulant.
5. Pour les cours et leçons publiques, les conférenciers reçoivent 10 francs par leçon, outre une indemnité de déplacement estimée à 10 centimes par kilomètre par chemin de fer et 20 centimes par voie ordinaire.
En outre, des bourses d'études sont allouées à ceux des jeunes gens et jeunes filles dont les parents sont peu aisés et qui subissent avec fruit leurs examens.
Pour les élèves fréquentant les sections de fromagerie, des subventions sont prévues pour stage dans une fromagerie.
Les provinces cléricales accordent, de plus, des bourses aux élèves méritants de toutes les écoles catholiques.
Voici le barème de l'Etat :