‹ Le régime commercial après la guerreChapitre 2 sur 14 · Tome I. — N · texte numérisé non relu

Tome I. — N

Septembre 1916

L'AVENIR

Propos du Mois

Après le Conseil national

Le mois dernier, nous disions à cette place nue tout semblait avoir été dit, au sein des organisations socialistes françaises, sur les ques-lions de la reprise des relations internationales, de l'attitude dos socialistes dans la guerre, des responsabilités des partis socialistes, etc.. Le Conseil national du 6 aoûl dernier a confirmé ce que nous avancions. Au coins de ses débats, dont la violence fut parfois extrême, rien, ou presque, n'a été dit qu'on n'eût entendu soit au Conseil national du 9 avril dernier, soit au Congrès de décembre 1915.

L'intérêt de ces récentes assises du parti socialiste n'est donc pas dans les discussions. Il est dans les voles.

Majorité et minorité se sonl comptées d'abord sur une question de fixation d'ordre du jour : 18*^6 et 1066 mandats. Sur la priorité pour la mol ion de la Drôme, la majorité s'est trouvée portée à 1837 mandats ; sur la priorité pour la motion Mistral, la minorité a atteint 1.081 mandais.

Quand il s'est agi de passer au vote par paragraphes de la motion qui avait oblenu la priorité, les mandataires de la minorité déclarèrent qu'ils ne prendraient pas part au vole ; en effet, ils répondirent absent à l'appel de leurs mandats. Dans ces difierents

l'avenir

voles, la majorité a été de 1913, 1916, 185?, 1938 et. 1940; la minorité (mandats répondant absent) a été de 936, 359, 1U12, 989 et 972 mandats.

Si l'on compare ces chiffres à ceux qui avaient exprimé, au Conseil national d'avril, la majorité et la minorité (1.9H7 et 040), on doit constater que si la minorité a grossi, elle l'a fait dans des proportions tout à fait minimes. Plusieurs en ont été surpris. Nos camarades de la minorité avaient dit et écrit que leur position gagnait chaque jour en force et qu'il allait y avoir un déplacement de la majorité. Or, non seulement ce déplacement ne s'est pas produit, mais on peut dire — tant est faible le gain marqué par la minorité — que la physionomie du parti n'est en rien changée : les deux tiers du parti refusent, dans les conditions présentes, de rentrer en rapports avec la social-démocratie d'Allemagne et d'Autriche.

Mais la faiblesse de la minorité vient moins encore du chiffre peu élevé de ses mandats que de son manque d'unité intérieure : elle est divisée avec ellemême.

Certains « minoritaires » sont franchement pour les thèses qui se sont exprimées dans les résolutions de Zimmerwald et de Ki en thaï. Leur légitime horreur de la guerre les empêche de distinguer entre les guerres et les pousse à un étrange mysticisme de la paix, logique d'ailleurs dans ses conclusions les plus extrêmes, comme il est facile de l'être à toute thèse simpliste.

D'autres paraissent avoir perdu, dans le ressassement de quelques formules vidées de leur sens ou mal comprises, la l'acuité de juger des cas particuliers en tenant compte des circonstance» réelles des événements. Puisque le socialisme est internaliona-

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