Bulletin des Lois, IT, B
familles ! ». Il fallut toutes ces démarches réitérées pour que le gouvernement donnât des instructions à la fois plus précises et plus sévères aux receveurs généraux ; mais ce fut seulement à partir de décembre 1800, après six mois d'instance de la part du préfet, et de pénurie pour certains magistrats, que les traitements purent être acquittés d’une façon régulière.
TT. — La situation générale laissait encore beaucoup à désirer dans l'Ille-et-Vilaine. La récolte de l'an VIIT avait été mauvaise pour le département à cause des grandes chaleurs qu'avait accompagnées une excessive sécheresse *. Dans presque toutes les villes, la détresse était grande par l’absence de commerce et l’arriéré fâcheux dans le payement des fonctionnaires’. La disette des blés noirs si nécessaires à l'alimentation du paysan breton fit bientôt augmenter le prix du froment et les vagabonds ou miséreux devinrent de jour en jour plus nombreux dans les campagnes aux approches de l'hiver. Le préfet, qui n’était pas sans inquiétude, montra une louable activité. IL surveilla de très près les accapareurs de blé, véritables agents de l'Angleterre qui faisaient exporter par Saint-Malo uné grande quantité de céréales et persuadaient ensuite aux paysans de s’armer pour attaquer les marchands de grains *. Il obtint des consuls un arrêté interdisant toute exportation de grains, même pour la république Batave. C'était le plus sûr moyen de rassurer une population qui craignait la famine, car les malheurs d’un passé trop récent la rendaient toujours craintive en l'avenir”. Dans les villes aux faubourgs populeux, telles que Rennes et Vitré, Borie fit établir des ateliers de charité pour occuper les ouvriers pendant les chômages de l'hiver, mais l'insuffisance des subsides du gouvernement ne lui permit pas de maintenir longtemps l'existence de ces asiles secourables °. Pour réprimer le vagabondage, il demanda la plus grande sévérité aux tribunaux. Les propriétaires isolés dans les campagnes étaient dangereusement inquiétés par de petites bandes de voleurs et de vagabonds, composés d'anciens chouans, presque tous laboureurs ou journaliers de petite condition et réduits à un complet dénüment, de déserteurs, de colporteurs. Ils pratiquaient des vols avec effrac-
Borie à Chaptal, 16 brumaire an IX (3 novembre 1800). Arch. dép., 16 M 28. Voir l'épisode du Mont-Dol, chap. V.
Borie à Fouché, 15 fructidor an VIIL (2 septembre 1800). Arch. dép., 10 M 44. Borie à Fouché, 14 brumaire an IX (26 octobre 1800). Arch. dép.,.9 M 81. Fouché à Borie, 28 brumaire an IX (19 novembre 1800). Arch. dép., 29 M 18.
Borie à Chaptal, 28 nivôse an IX (18 janvier 1801). Arch. dép., 16 M 28.