Population 1800 : 477519 ; population 1go
4. Archives du Palais de Justice de Rennes. Registres du tribunal criminel, XIII et
© L'ADMINISTRATION PENDANT L'AN IX I iyÈs
mués et les exécutions eurent lieu à Rennes. Les condamnés furent conduits au lieu du supplice revêtus d’une chemise rouge.
Ces jugements sévères contribuèrent beaucoup à rétablir la tranquilhité dans certains districts que terrorisaient parfois quelques débris des anciennes bandes chouanniques, mais les vagabonds et les mendiants continuèrent encore à arrêter sur les grandes routes les diligences et les courriers pour tenter de faire main-basse sur les bourses des voyageurs ou les caisses de deniers publics. Le 15 nivôse (5 janvier 1801) la diligence de Rennes à Nantes était arrêtée près de Bourg-des-Comptes par quatorze bandits qui dévalisèrent les voyageurs ; le 11 pluviôse(31 janvier suivant), le courrier de Rennes à Brest était pillé entre Quédillac et Montauban’. Ces attaques de voitures n'étaient point particulières à l'Ille-et-Vilaine, mais avaient lieu à cette époque dans tous les départements que la guerre civile venait de désoler, comme le prouve un arrêté des consuls, d’une portée générale, le 17 nivôse (7 janvier 1801) relatif à l’escorte nécessaire des voitures publiques.
L'hiver de l’an IX fut donc encore assez troublé et les relations commerciales avaient peine à se rétablir dans des conditions si précaires. Pour examiner les premiers résultats de l’administration des préfets et recevoir, Le cas échéant, les doléances de leurs administrés, le gouvernement décida d'envoyer dans toutes les divisions militaires, au début de l’année 1801, des conseillers d'État en service extraordinaire. Barbé-Marbois fut désigné pour l'inspection des terriloires composant la 13° division militaire *.
IV. — Barbé-Marbois était le mandataire bien choisi pour recevoir un accueil favorable dans un département aux tendances monarchiques ou conservatrices comme l'Ille-et-Vilaine. Il était l'un de ces auxiliaires qui pouvaient seconder à merveille la politique du nouveau gouvernement, apaisement présent, despotisme futur et gagner à Bonaparte les sympathies des royalistes et des modérés. Le préfet exprimait assurément l'opinion de la majeure partie de ses administrés quand il salue en Barbé-Marbois « l'administrateur res-
pectable par ses malheurs pour la cause de la vraie liberté”. »