Borie à Fouché. Arch. dép., 9 M &8r
2. L'arrêté consulaire est du 23 frimaire an IX (14 décembre 1800) rédigé en ces termes : « Le 1er Consul nomme les conseillers d’État Duchâtel, Fourcroy, Barbé-Marbois, commissaires à l’effet de se rendre dans les 12°, 13e, 22e divisions militaires, pour y vérifier la situation des caisses des receveurs généraux. » Arch. nat., AF*:1v 6.
3. Borie à Barbé-Marbois, 1°" nivôse an IX (22 décembre 1800). Arch. dép., 16 M 54.
Barbé-Marbois, né à Metz en 1745, avait été élu en l’an IV membre du Conseil des Anciens par le département de la Moselle. Il se signala bientôt par son opposition au Directoire et tenta plusieurs 1: d'obtenir des adoucissements à la loi du 3 brumaire an IV qui excluait des fonctions publiques les nobles et parents d’émigrés. Aussi après le coup d’ État du 18 fructidor il fut l’un des onze membres du Conseil déportés à la Guyane”. Le 18 brumaire lui permet le retour en France; ambitieux et adroit 1l sait fort bien figurer autour du nouveau maître parmi les victimes du Directoire en quête d’une fructueuse réhabilitation. Conseiller d'État le 5 thermidor an VIII, sa mission dans l'Ouest lui vaudra bientôt une nomination au nouveau ministère du Trésor Public.
Il arriva dans la ville de Rennes le 7 nivôse (28 décembre 1800): la municipalité lui adressa ses souhaits de bienvenue et il fut logé, rue de Corbin, à l'hôtel Robien qui appartenait à Sollier La Touche et avait été OCCUPÉ quelque temps auparavant par le général Brune”. Il séjourna dans la ville une quinzaine de jours puis, le 28 mivôse (18 janvier 1801) il se rendit à Saint-Malo, Dol et Pontorson pour visiter la région des marais et juger des travaux nécessaires à l’endiguement du Couesnon’. On constate par un procès-verbal du Conseil d'administration des finances que Barbé-Marboïs était rentré à Paris le 19 pluviôse (8 février). Dans une séance tenue ce jour-là, il rend compte de sa mission et déclare qu'il a vérifié avec le plus grand soin la comptabilité du payeur de la 13° division et ses constatations ont été affligeantes. Les fonds de la solde sont à chaque instant diminués par des violations de caisse que les généraux autorisent et les payeurs divisionnaires n'ont ni l'autorité ni l'indépendance nécessaires pour leur résister. L’état-major de l’armée de l'Ouest suffirait à une armée de 100000 hommes, et pourtant l'effectif n'est que de 25000 environ. La 13° division (Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan) compte indépendamment du général en chef Bernadotte, 4 divisionnaires et 12 brigadiers ainsi répartis“:
1. Kuscinski, Les Dépulés au Corps Législatif, an IV-VIL, p. 70 et 197.