Brochure in-12° de 4 feuilles. Arch, dép., 9 M 8r
CHA PTIIRENTE
SOMMAIRE
I. — Politique de tolérance religieuse adoptée par les Consuls. Retour d’un grand nombre de prêtres réfractaires dans le département où la population les accueille avec empressement. Borie n’a reçu à dessein que des instructions très vagues et le ministre Fouché l’engage à déterminer ses décisions suivant les localités et les circonstances. Les processions sont peu à peu célébrées solennellement en dehors des églises par la tolérance des municipalités.
IT. — Lutte acharnée du clergé réfractaire et du clergé assermenté. Caractère et rôle de Le Coz, évêque constitutionnel de Rennes depuis 1791. Synode diocésain tenu à Rennes en mars 1801 pour tenter une réconciliation avec les prêtres insermentés. Concile national à Paris, du 29 juin au 17 août, sous la présidence de Le Coz; mais toutes les démarches des constitutionnels doivent rester inutiles par suite des négociations de Bonaparte avec la cour de Rome. Dans l’Ille-et-Vilaine, le clergé réfractaire est déjà le maître de la situation, malgré une circulaire coercitive de Fouché (1° thermidor an IX, 20 juillet
I. — Lorsque Borie prit possession de la préfecture d’Ille-et- Vilaine au mois de germinal an VIIT, le gouvernement consulaire avait adopté déjà une politique franchement tolérante en matière
Bibliographie.
A. Archives départementales.
8M 153 (Lettres du ministre de la police).
1 V 15 (Organisation du clergé).
2 V 2 (Personnel du clergé).
religieuse. Le général Brune, usant des pleins pouvoirs que les consuls lui avaient accordés pour pacifier les territoires de la 13° division militaire, délivra à un grand nombre de prêtres réfractaires des cartes de sûreté avec permission d'exercer publiquement le culte. Il ne fit d’ailleurs que donner une sanction officielle à un état de choses déjà existant en secret, car ces prêtres, secondés de la population, avaient recommencé presque partout la célébration publique des cérémonies religieuses. Dans les communes rurales ils avaient repris possession des tete dans les villes où les édifices religieux étaient encore occupés par des troupes, ils ne manquaient pas de nombreux oratoires *. Mais, dans son impatience légitime de tout pacifier, Brune avait eu le tort de ne leur réclamer, en retour de sa bienveillance, aucune promesse sérieuse de fidélité à la Constitution de l’an VIII comme la loi du 21 nivôse l'exigeait de tous les fonctionnaires publics sous cette forme très simple : « Je promets d’être fidèle à la Constitution *. » Le 19 pluviôse an VIIT (8 février 1800) un rapport de l'administration centrale informe le ministre de la police que la plupart des prêtres revenus dans le département refusent la déclaration de fidélité au gouvernement : cinq seulement d’entre eux ont consenti à la faire. On propage à profusion dans les campagnes avec l’aide du clergé une petite brochure : Examen de la nouvelle déclaration prescrite aux prélres. L'auteur y conclut que la Constitution est contraire à la loi de Dieu et l'autorité qui la propose illégitime. C’est ainsi que le clergé breton répondait aux avances du gouvernement consulaire *
B. Archives nationales.
F7 3701, 7901 (Bulletins de police).
F19 431 (Ule-et-Vilaine. Cultes).