‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 112 sur 221 · Bulletin des Lois, ILLe série. B · texte numérisé non relu

Bulletin des Lois, ILLe série. B

représentants directs de ces administrés dont il désirait si vivement la satisfaction et le bien-être, lui fut rendu par les conseillers généraux au moment de leur seconde session, celle de l’an IX. Le Conseil général siégea du 15 au 29 germinal (5-19 avril 1801) et, dès la première séance, sous la présidence de Legraverend, l'assemblée décida à l'unanimité d'envoyer une députation auprès du préfet que la maladie retenait chez lui, pour lui témoigner la grande reconnaissance du département". Cette démarche était la juste récompense d’un administrateur qui, malgré une santé débile, n'avait cessé d'apporter un grand zèle et une activité soutenue à la direction des services publics.

L'an X parut annoncer pour le département une ère de calme véritable. Certains royalistes, fatigués d’une longue lutte, se prenaient à espérer que Bonaparte consentirait volontiers à jouer le rôle du général Monk et travaillerait au retour de la royauté. Durant le mois de messidor an IX (juin 1801) un libelle fut répandu dans l'Ille-et-Vilaine et la plupart des fonctionnaires le reçurent par la poste. Il était assez curieux. On y lit d’abord un arrêté de Fouché, accusant le Premier Consul d’avoir violé la Constitution de l’an VIII et le décrétant d’arrestation pour être enfermé à Bicêtre : Bonaparte était coupable d’avoir favorisé le retour des émigrés et les principes de l’ancien régime. Mais la seconde partie du libelle présente une protestation de l'accusé Bonaparte qui en appelle au tribunal des Français assemblés. Il est absous de l'accusation portée contre lui parce qu'il s'apprête à ramener la royauté légitime et à rendre à Louis X VIII le trône de ses ancêtres ?

Ces espérances royalistes, nettement exprimées dans cette curieuse brochure, avaient été encouragées par la tolérance très largement pratiquée à l'égard des émigrés et des prêtres dont un grand nombre étaient revenus dans le département depuis 1800. Il est donc utile d'examiner rapidement quelle était à ce moment la situaüon religieuse dans l’Ille-et-Vilaine.

1. Procès-verbaux des séances. Arch. dép., registre 1 N 1, p. 10

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