‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 115 sur 221 · Bulletin des Lois, Ie série. B · texte numérisé non relu

Bulletin des Lois, Ie série. B

3. Bibl. nat., manuscrits fonds français 11 361. Des nouvelles analogues arrivaient des départements voisins, notamment du Maine-et-Loire, de la Mayenne, de la Sarthe. Voir les bulletins de police (ventôse an VII) F° 3301. « À Angers et dans les communes voi-

Le préfet, à son arrivée dans le département, se trouvait donc en présence d’une situation acquise. Un grand nombre de prêtres insoumis, encouragés par le bon accueil fait aux précédents, revinrent d'Angleterre et de Jersey durant toute l'année 1800. Malgré la surveillance exercée sur les côtes, ils trouvaient toujours te moyen de débarquer ; des chaloupes anglaises les déposaient, à la faveur de la nuit, dans quelques-unes Re baies nombreuses de ce littoral si richement articulé depuis le golfe de Saint-Brieuc jusqu'à celui du Mont-Saint-Michel. Ils arrivaient en foule, sans l'autorisation de Fouché, sans aucune carte de sûreté, dans leur hâte de revoir la terre de France. Ils regagnaient les communes où ils avaient exercé autrefois leur ministère ; ils y étaient reçus presque toujours avec des témoignages d’empressement et de satisfaction qui leur faisaient oublier les amertumes de l'exil. Si les préposés des douanes en arrêtaient quelques-uns sur le littoral, ils affirmaient au sous-préfet de Saint-Malo leur sincère intention de vivre soumis aux lois républicaines et promettaient le serment‘.

Cette situation était délicate car le gouvernement n'avait à dessein donné au préfet que des instructions très vagues, circonstance toujours gênante pour un administrateur qui est ainsi conduit à engager son entière responsabilité malgré l'incertitude absolue des résultats. Fouché engageait le préfet à déterminer ses décisions suivant les localités sans adopter un système invariable et uniforme *. Dans de telles conditions, Borie était trop avisé et trop prudent pour oser prendre des mesures coercilives qui auraient pu déplaire en haut lieu. Mais il usa de son autorité pour faire entendre certaines réprimandes, présentées sur ce ton à la fois modéré et énergiqne qui lui avait valu très vite le respect de ses administrés. Telle cette courte lettre au curé de Brécé qui refusait le baptême aux enfants dont les parents lui avaient déplu : « Le domaine de la pensée n’est pas de votre ressort : vous êtes trop juste pour ne pas accorder aux autres la tolérance que vous réclamez avec raison et dont vous fait jouir un gouvernement équitable. Restez fidèle aux principes d'un ministère de douceur et de paix ou vous m'obligerez de prendre des mesures pour assurer le bon ordre et le respect des lois”. »

sines, les prêtres réfractaires paraissent en très grand nombre et exercent publiquement leur ministère. Les autorités chargées d'exiger d’eux le serment prescrit par la loi du 21 nivôse, gardent le silence et approuvent cette infraction. »

Le sous-préfet à Borie, 2 prairial an IX (22 mai 1800). Arch. dép., 8 M 17.

Lettre du-r7 ventôse an IX (8 mars 1801). Arch. dép., 2 V 2.

Borie au curé de Brécé, 1er floréal an VIII (21 avril 1800). Arch. dép., 2 V 2.

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