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. Bibl. nat., manuscrits, nouv. acquisitions françaises, n° 3077, p. 14.
étaient rares. Le sénateur Cornudet, plus tard titulaire de la sénatorerie de Rennes, écrit dans un rapport de l'an XII «qu'une exploitation de 300 francs de revenus n’est guère garnie outre les chevaux de labour que de cinq petites vaches et de cinq à six brebis! ». Les engrais manquaient malgré la proximité de la mer, car le mauvais état des chemins empêchait souvent le transport des produits marneux ou calcaires utilisables. La gêne de la plupart des fermiers ne leur permettait de tenter aucune innovation, de hasarder aucune expérience : ils se contentaient de semer les grains et leur épargne forcée faisait languir toutes les parties de l'exploitation agricole ?. Les cultures les plus fréquentes étaient celles du lin, du chanvre, du froment, du méteil, du seigle, de l'orge, de l’avoine, du sarrazin et de la pomme de terre. Le châtaignier très répandu méritait le nom que lui donne le préfet Borie, d'arbre à pain de la région. On se préoccupait d'en améliorer la production ; en l’an VIII, Bertin membre de la société d'agriculture de Rennes, publia un € Essai sur la cullure du chätaignier ». La vigne dont la culture s’étendait au moyen âge sur une grande partie de la Bretagne, était restreinte aux coteaux des bords de la Vilaine de Bourg-des-Comptes à Redon*. Le lin et le chanvre cultivés sur des espaces beaucoup plus étendus qu'aujourd'hui fournissaient la matière première à la principale industrie du pays, celle des toiles et des cordages. L'insuffisance de la production agricole explique le grand développement des industries rurales. Dans les environs de Rennes on fabriquait de grosses toiles à voiles, dites noyales (Noyal-sur-Vilaine). Les tanneries avaient été également très actives avant la période des troubles.
Une moitié seulement du département était ainsi en culture ; les landes, les forêts, les marais, occupaient l’autre. On désignait sous le nom de communaux des terrains vagues peu propres à la culture qui couvraient une grande partie du département. Les uns dépendaient des forêts du domaine, les autres appartenaient aux paroisses, puis aux communes‘. Dès les premières années des troubles ces terres étaient restées le plus souvent à la discrétion du premier venu ; beaucoup de huttes plus ou moins misérables y furent con-