‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 15 sur 221 · Bibl. nat., Dessuile, rapport cité Borie, ouv. cité · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Dessuile, rapport cité Borie, ouv. cité

2. Dans le rapport de Dessuile les surfaces forestières sont évaluées en arpents. Il s’agit évidemment de l’arpent d'ordonnance ou des eaux et forêts qui valait 100 perches. La perche représente 51 ares 7 centiares. Nous avons fait la conversion en hectares d’après cette indication.

Baulon (800 hectares): puis, plus éloignés dans la région méridionale du département entre Bain et Châteaubriant, les bois de Fougeray (500 arpenis — 255 ha. 35) et de Teillay (2000), sur la paroisse d'Ercé en Lamée ; à proximité, ceux d’Araize et du Theil (1 4oo hectares), ulilisés pour les forges de Martigné-Ferchaud. Enfin sur la route de La Guerche à Châteaubriant, la grande forêt de La Guerche (3 000 hectares). Depuis la Révolution la plupart de ces forêts, propriétés particulières ou paroissiales étaient devenues propriétés de l'État, sauf celles de Tanouarn et du Mesnil. Les massifs forestiers nationaux atteignaient ainsi dans l'Ille-et-Vilaine une étendue d'au moins 32 000 hectares.

La difficulté des débouchés empêchait de retirer de ces forêts tous les revenus que le trésor public était en droit d’en attendre : presque abandonnées elles servaient de repaires à un nombre considérable de loups qui allaient ravager les campagnes et les bergeries, attirés par les cadavres de chevaux non encavés et même trop souvent par ceux des malheureuses victimes de la guerre civile. En 1804 le préfet Mounier sera obligé d’ordonner une battue générale dans les forêts, surtout celles du Pertre et de La Guerche, pour la destruction des loups".

Les marais principaux étaient ceux des environs de Redon et de Dol. Entre Brain et Renac, le Don et la Vilaine formaient des marais de 5 000 hectares”; on n'avait encore rien fait pour les dessécher quand il était facile de les convertir en magnifiques prairies. Mais les plus considérables étaient les marais de Dol qui couvraient 12 000 hectares. Leur origine est très ancienne. D’après l'ouvrage de l’abbé Manet qui fit longtemps autorité”, il y eut en 709 un cataclysme qui creusa d’un coup la baie de Cancale et la rade de Saint-Malo. Les eaux de la mer se retirèrent ensuite par degrés et laissèrent à découvert un terrain marécageux. M. de la Borderie critique la trop grande précision de l'abbé Manet. Le choix de la date de 709 est erroné et tient à un contresens dans l'interprétation d’un très ancien récit concernant la baie du Mont-Saint-Michel *. De temps immémorial les eaux de la mer pénétraient jusqu’à l'emplacement actuel de la ville de Dol, faisant du Mont-Dol une île et dans les grandes

1. Arch. dép., 6 K 8. Arrêté de vendémiaire an XIII (septembre 1804).

2. Aujourd’hui encore la Vilaine déborde dans des prairies basses et forme ainsi la mer ou lac de Murin, d’où l’on tire au printemps des herbes aquatiques servant d’engrais pour les champs.

3. Abbé Manet, De l’état ancien et de l'élat actuel de la baie du Mont-Saint-Michel, 1829.

Page 1