‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 16 sur 221 · De la Borderie, Histoire de Bretagne, tome I · texte numérisé non relu

De la Borderie, Histoire de Bretagne, tome I

marées inondant toute la région du marais. Mais peu à peu les habitants construisirent des digues. Sous leur protection el au moyen de nombreux canaux, une partie des marais fut desséchée, et le terrain devint par sa fertilité, comme le dit Borie, «le véritable delta du département ». Les digues s'étendaient de l'Ouest à l'Est depuis Châteauricheux à 5 kilomètres de Cancale jusqu'à Pontorson, sur une longueur totale de 30 kilomètres. Leur hauteur était en général de dix mètres, mais la rivière du Couesnon coulant le long d'une partie de ces digues avait peu à peu creusé le sable et fait écarter beaucoup des enrochements qui protégeaient l'ouvrage du côté de la mer. Les digues déjà fort endommagées en l'an VI auraient pu être réparées alors moyennant 10 000 francs, mais on n'avait rien fait et le gouvernement consulaire allait bientôt recevoir à ce sujet les doléances du nouveau Conseil général ”.

Le commerce et l’industrie avaient également traversé une crise des plus graves durant toute la période révolutionnaire. Le commerce portait principalement sur les chanvres, les lins, le cidre, les bestiaux, le cuir, le beurre. Les grandes manufactures de toiles établies à Rennes, Vitré, Fougères, étaient en complète décadence. Pour l'industrie minérale on exploitait avant 1789 les gisements de minerai de fer de Pontpéan et de Paimpont. Les forges de Paimpont et de Martigné étaient demeurées en activité, mais la mine de Pontpéan avait été abandonnée dès 1795. Cette mine (qu'on exploite encore aujourd'hui) est située près des communes de Bruz et de Saint-Erblon, à 10 kilomètres au Sud de Rennes, non loin du confluent de la Vilaine et de la Seiche. Sa découverte remontait à 1728 ; elle fut faite par des potiers qui trouvaient dans le voisinage l'argile nécessaire à la confection de leur poterie. Le 21 février 1730 la mine fut concédée au sieur Danican par Louis Henri, duc de Bourbon, grand maître des mines de France. Les travaux d’exploitation furent poussés lentement et abandonnés dès 1740: la vente de la mine fut ordonnée par arrêt de justice en 1745. Il y eut dans la suite plusieurs adjudicataires jusqu’en l’année 1799, où les travaux furent complètement arrêtés. L’abandon de la mine demandé par les concessionnaires fut approuvé par arrêté du ministre de l’inlérieur le 19 frimaire an VI (9 décembre 1797). Les eaux envahissaient toute la mine et les moyens d'épuisement manquaient. Dans un rapport de M. Blavon Duchesne, directeur de la mine, nous trou-

1. Observations de Rallier, député des Cinq-Cents, sur les digues de Dol.

vons indiquée comme suit la quantité de minerai lavé, prêt à être fondu, pendant les dernières années d'exploitation ‘.

ODA ER US Am. 0042 281" Kilogrammes.

1 OT RE SC I Ie Ie 00700 = OO eo OR OO EE RE ETES — Do Re ton 018310

L'abandon de la mine était donc tout à fait regrettable. Une étude rapide des centres urbains du département achèvera de montrer cet appauvrissement pénible de toutes les sources de la richesse publique.

IL. — Il est nécessaire auparavant de faire connaître quelles étaient les divisions administratives du département. Il y eut deux organisations successives, celle de 1789 et celle de 1795. L'Assemblée Constituante avait créé un Comité de division, dont les procèsverbaux pour la formation topographique des départements se trouvent aux Archives Nationales. Le procès-verbal d’Ille-et-Vilaine est signé par deux députés, Vaneau recteur d'Orgères et Lemoine de la Giraudais avocat au Parlement de Rennes”. Après les travaux du Comité, le département fut divisé en 9 districts, 79 cantons et 343 paroisses ou communes, dont voici le tableau.

Tagceau A°. — ORGANISATION DES DISTRICTS (1790). I. — District de Bain: Q cantons, 30 paroisses. 1er canton. Bain... . . . . 3 Bain, Pancé, Saint-Sulpice-des-Landes. 2e — Bourg-des-Comptes. 4 Bourg-des-Comptes, Guichen, Laillé, Sain Senoux.

3° — Bruz. . . . . 5 Bruz, Chartres, Chätillon-sur-Seiche, Chavagne, Noyal-sur-Seiche. * le — Ercé-en-Lamée. . 3 Ercé-en-Lamte, Lalleu, Tresbœuf. 5e — … Fougeray. … . . 1 Fougeray.

6° — n\lessace 1 Messac.

7e — Pléchâtel. 3 Pléchätel, Poligné, Saint-Malo-de-Phily. 8e — Sel (Le). 5 Bosse (La), Chanteloup, Couyère (La), Saulnières, Sel (Le).

9° — Trois-Maries°.. 5 Bourgbarré, Orgères, Saint-Armel, Saint-Erblon, Trois-Maries (Les).

Arch. dép., 8S 1.

Arch. nat., NN* 12/145*. Le procès-verbal est daté du 15 février 1790. Les districts, cantons et communes sont rangés par ordre alphabétique. Il n’y avait d’abord que 8 cantons ; Messac fut ajouté.

Aujourd’hui Corps-Nuds.

Page 1