‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 172 sur 221 · Arch. dép., 16 M 565, 29 g rm'nal (19 avril · texte numérisé non relu

Arch. dép., 16 M 565, 29 g rm'nal (19 avril

Le nouvel évêque désigné pour le diocèse de Rennes était Jean- Baptiste-Marie de Maillé. Il était né dans les environs de Laval en 1743; son premier litre épiscopal avait été celui de Gap, et en 1784 il était devenu évêque de Saint-Papoul'. Pendant la période révolutionnaire il n’'abandonna pas la France, et dans les derriiers temps du Directoire il fut arrêté et déporté à l’île de Ré. Le 18 brumaire le fit rendre à la liberté. Il vivait à Paris, remplissant avec beaucoup de zèle les fonctions épiscopales dans les églises rendues au culte. Au moment des négociations entre le gouvernement consulaire et la cour de Rome il fut l’un des premiers à donner sa démission pour faciliter la nouvelle organisation concordataire. Cette atuitude le recommandait fort au choix de Bonaparte. Toutes les notes du dossier relatif aux nominations épiscopales lui sont nettement favorables. Portalis parle de « son zèle courageux, de son caractère franc et loyal ». Cambacérès vante « la douceur de sa vie », Fouché « son zèle exempt de morgue ». Le 1Q germinal an X (9 avril 1802) Bonaparte le désignait pour l'évêché de Rennes, en même temps qu'il nommait son supérieur hiérarchique, l'archevêque de Tours, Boisgelin*. M. de Maillé avait 59 ans.

Cette nomination fut l’un des premiers exemples des erreurs inévitables du pouvoir civil dans le choix des évêques. D'ailleurs on sait trop que durant les cent quatre ans qu’a vécu en France le régime concordataire les divers gouvernements ne furent pas plus heureux pour les nominations du haut clergé que Bonaparte lui-même; les élus n’eurent pas toujours la conduite épiscopale que leur passé ecclésiastique permettait d’augurer. Nous voyons ia désillusion de Portalis se manifester quelques années plus tard, quand ül éerit à l'empereur, après la mort de M. de Maillé: « L'évêque qui vient de mourir appartenait à la noblesse. Il fut entouré des hommes de sa classe. Il en eut les préventions ;... il en adopta les idées et devint suspect à tous les autres”. »

A Paris le nouvel évêque avait fait de belles promesses à Portalis sur la fusion des deux clergés, mais il les oublia presque forcément à Rennes, une fois entouré de l’ancien clergé, si nombreux dans son diocèse, el circonvenu par ces prêtres réfractaires qui avaient souffertcomme lui d’une déchéance momentanée et par suite avaient quelque droit de compter sur toutes les sympathies du nouveau pasteur.

1. Bourgade à 7 kilomètres de Castelnaudary : évêché supprimé en 1790. 2. Arch. nat., AF*1v, registre 0.

3. Arch. nat., AF1v, 1045. Lettre du 27 frimaire an XIII (18 décembre 1804).

IT. — M. de Maillé, au lieu de concilier les esprits, devint chef de parti ; au lieu de promettre | égalité de traitement aux représentants des deux clergés, il ne négligea rien pour compléter le triomphe des insermentés. Presque toutes les nominations provisoires qu'il décidait leur étaient favorables. IL avait au contraire avec les constitutionnels de longues discussions théologiques ; après les avoir reçus avec une hauteur dédaigneuse, sa bonne volonté était bientôt vaincue, il s’emportait, les traitait de schismatiques et d'impies. Un des épisodes les plus curieux de cette lutte se trouve dans la correspondance du curé Bernard, de Notre-Dame de Vitré. Ce prêtre était le contemporain de l'évêque, âgé comme lui d’une soixantaine d'années (né en 1742 à Vitré)’. Il avait prêté le serment à la constitution civile, & jugeant, dit-il, ce parti plus conforme à l'esprit de l'Évangile. » M. de Maillé n'en jugeait pas ainsi: quand il vint à Vitré, en tournée pastorale, le 18 messidor (3 juillet 1802), il prévint de son arrivée tous les prêtres de l'arrondissement. Seul le curé de Notre- Dame ne fut pas admis à voir son évêque. Il s’en plaignit si vivement dans une lettre, que M. de Maillé consentit à le recevoir, un peu plus tard, le 4 thermidor (28 juillet), et cette entrevue intéressante fut naturellement des plus orageuses ; elle nous montre la résistance du prêtre constitutionnel à l'évêque et les tendances démocratiques du clergé assermenté. & Vous me parlez bien lestement, monsieur, dit l’évêque ; dispensez-vous de me gratifier du nom de citoyen... — J'y suis si familiarisé, les idées qu'il fait naître sont si chères à mon cœur, qu'il n’est pas étonnant qu'il me soit échappé. Je suis fâché pour vous qu'il vous déplaise. Saint Paul s’en tenait honoré! » — « Quelle différence entre ce qu'il signifiait du temps de l’apôtre et ce qu'il signifie de nos jours! » Le curé Bernard discute ensuite la profession de foi que l’évêque lui demande de signer ; il lui reproche de décider seul les questions de foi et de discipline, et au nom des conciles du xv° siècle, Pise, Constance, Bâle, 1l réclame le droit de suffrage pour les simples prêtres dans toutes les questions ecclésiastiques. Finalement 1l refuse de souscrire la profession de foi’. Irrité de cette opposition, l'évêque n’en fut que plus résolu à sévir contre ceux qu'il appelait les schismatiques. IT fit défense aux prêtres inser-

1. Il avait étudié d’abord la médecine, puis était entré à 22 ans, en 1764, au séminaire de Saint-Sulpice, où il reçut les ordres. Docteur en Sorbonne, il était revenu à Vitré en 1786, et devint curé constitutionnel de Notre-Dame. Démissionnaire en 1803, il mourut «en 1815 au moment du retour de Napoléon (Paris Jallobert, ouv. cité).

2. Correspondance du curé Bernard avec M. de Maillé, évêque de Rennes. Vitré, 1803, p- 28.

mentés d'aller officier dans une église desservie par un prêtre constitutionnel. Il refusa d'aller dire une messe à la paroisse de Saint- Sauveur à Rennes parce que le frère du sénateur Lanjuinais en était curé constitutionnel".

Les constitutionnels se plaignirent en termes amers au nouveau représentant de ce gouvernement républicain qui paraissait les abandonner. Mounier, en effet, venait d’être nommé préfet d'Ille-et- Vilaine, quatre jours après la désignation de M. de Maillé pour l'évêché (23 germinal-13 avril 1802). Il était bien disposé envers le clergé constitutionnel, prit la défense de ses intérêts et retarda l’installation officielle du nouvel évêque. Sa correspondance avec Portalis nous montre à quel point les rapports du préfet et de l'évêque étaient devenus difficiles au sujet de la nouvelle organisation ecclésiastique. € Le nouveau prélat, écrit Mounier, peut avoir de bonnes intentions, mais 1l a peu de lumières... Je consentirais à ce qu'il fit des nominations, en se concertant avec moi de manière à détruire le scandale des deux cultes, mais il a imaginé de forcer les constitutionnels d’avouer que tout ce qu'ils ont fait jusqu'à présent est absolument nul. Je n'ai rien négligé pour le ramener à d’autres sentiments. Tous nos entretiens n'ont fait que l’aigrir, lui et son grand vicaire, Le Surre *. »

Mais Mounier n'était guère en mesure de continuer longtemps la résistance aux prétentions épiscopales ; il apprit bientôt qu'il n'était pas prudent pour un préfet soucieux de conserver les bonnes grâces du gouvernement consulaire, de créer des difficultés locales suscepübles de retarder l'application générale du Concordat, et d’entraver l’œuvre de pacification religieuse si chère à Bonaparte ; Témoin la disgrâce du premier préfet du Pas-de-Calais, Poitevin-Maissemy, dont le Premier Consul disait: &« C'est un bon administrateur, mais un philosophe, opposé au rétablissement du culte; je le placerai dans le corps diplomatique. » Le préfet avait eu le grand tort de ne pas maintenir avec l'évêque d'Arras « cette none sans laquelle les grandes mesures sur le culte restent sans effet »*. Mounier fut te habile et de son côté l’évêque qui désirait son installation, accorda quelques concessions apparentes. Le 27 messidor (16 juillet) il fit signer aux constitulionnels comme aux réfractaires une profession “a foi identique, en leur déclarant qu'il n ’exigeait pas de rétrac-

1. Arch. nat., AF1v, 1053. Rapport de Gouvion Saint-Cyr, 12 pluviôse an XI. 2. Arch. dép., 2 V 15, lettre du 11 thermidor an X (30 juillet 1802). 3. Chavanon et Saint-Yves, Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810, p. 17.

talion du passé. L'installation solennelle eut lieu le 29 messidor (18 juillet). Dans sa lettre pastorale publiée à cette date, M. de Maillé s’engageait lui-même à oublier le passé: « N’ouvrons donc les yeux, nos très chers frères, que sur le présent et l'avenir. Tous de concert et dans les embrassements de la paix, employons le présent à rebâtir la maison du Seigneur’. » Belles paroles et vraiment chrétiennes, si elles n'avaient pas été suivies dans l'esprit de leur auteur d’une restriction bien importante : la maison du Seigneur ne devait être rebâtie que par des ouvriers au cœur pur, aux mains vraiment pieuses, et les constitutionnels ne seraient guère appelés à sa reconstruction. Aussi Mounier se plaint bientôt à Portalis d’avoir été trompé par l’évêque. Dans une lettre épiscopale du 21 thermidor (9 août) les termes agressifs reparaissent ; l’évêque déclare quil ne veut pas de compromis avec les mauvais prêtres ; les constitutionnels sont « des ecclésiastiques constamment et publiquement révoltés contre son autorité ? ». Dans de telles conditions la répartition nouvelle des cures et succursales ne fut guère facile dans le département.

L'évêque désirait un grand nombre de cures, mais le préfet avait reçu les instructions de Portalis qui lui ordonnait de restreindre autant que possible les nominations de curés. Il ne devait y avoir qu'une seule cure par justice de paix et autant de desservants dans les succursales que les besoins du culte pouvaient en réclamer”. La mesure était sage, car il était difficile que le gouvernement fût pleinement rassuré sur tous les choix des nouveaux titulaires de cures après dix ans de troubles religieux. Ce qui se passait dans le département d'Ille-et-Vilaine avait lieu dans beaucoup de départements de la région du Nord-Ouest. Dans l'Orne les réfractaires, préférés par l’évêque, sont en hostlité constante avec les constitutionnels ; dans les Côtes-du-Nord le préfet annonce qu'il a beaucoup de peine à organiser le clergé et que les prêtres insermentés continuent à troubler et à persécuter les acquéreurs de biens nationaux‘. Puisque la plupart des évêques favorisaient de tout leur pouvoir l’ancien clergé, il était prudent de réduire à un petit nombre les prêtres qui seraient titulaires d’une cure et auxquels leur titre pourrait donner un vrai caractère d'inamovibilité.

Arch. dép., 1 V1.

Arch. dép., 1 V2. 4 £

3. Arch. dép., 1 V2. Portalis à Mounier, 17 fructidor an X (4 septembre 1802).

4. Arch. nat., F73903. Bulletins de’ police du 8 vendémiaire et du 26 nivôse an XI (les

minutes de l’an X manquent).

Les querelles des deux clergés continuaient durant les négociations de Mounier et de l’évêque. Les rapports des sous-préfets et les bulletins de police au cours de l'hiver 1802-1803 témoignent de difficultés nombreuses et de rixes fréquentes dans plusieurs localités'. A Vitré, le 17 germinal an XI (7 avril 1803) l'église Notre-Dame fut le théâtre de scènes scandaleuses ; les fonds baptismaux furent brisés par des bandes de jeunes gens qui voulaient manifester contre le curé Bernard. Plusieurs habitants qui tentèrent de s’opposer à ces désordres furent gravement maltraités. Les autorités locales évidemment hostiles au prêtre constitutionnel ne prirent aucune mesure contre les perturbateurs”. D'ailleurs l’abbé Bernard céda sa cure sans résistance au nouveau titulaire désigné par l'évêque, François Levesque de la Mesrie et le 31 juillet 1803 il prononça un sermon d’adieu pour recommander le calme aux paroissiens qui lui étaient demeurés fidèles, et leur conseiller de suivre docilement les instructions du nouveau pasteur. Mais en guise de protestation il publia la curieuse correspondance que nous avons déjà fait connaître, où 1l se plaint amèrement du sort réservé aux prêtres constitutionnels, et surtout de la bénédiction nouvelle des églises destinée « à faire croire au pelit peuple que le culte des prêtres soumis les avait profanées *! »

D’autres troubles avaient lieu dans l'arrondissement de Fougères. A Bazouges-la-Pérouse les prêtres insermentés menaçaient au tribunal de la pénitence les acquéreurs de biens nationaux : ils considéraient comme illégitimes les enfants nés d’un mariage béni par un prêtre constitutionnel. Ils exerçaient encore le culte dans des oratoires particuliers et tenaient de fréquentes réunions chez l’avocat Collin, ancien secrétaire de Puisaye. Mounier en fit expulser plusieurs hors du diocèse et ses mesures énergiques furent approuvées par le ministre de la justice Régnier“

Aussi lorsque le général Gouvion Saint-Cyr, chargé par Bonaparte d’une mission dans les départements de l'Ouest qui avaient été éprouvés par la guerre civile, parvint à Rennes, au début de pluviôse an XI (fin janvier 1803), 1l déclara dans son rapport que « le culte n'était pas organisé et qu'on aurait beaucoup de peine à faire tomber

1. Blossier, L'application Concordat à Bazcches-sur-Hoèsne (Orne), dans la Revue « La Révolution Française », t. XL, r90t, p. 36. Le desservant concordataire veut rebénir l'Église ; les habitants s’y ont et le sous-préfet de Mortagne doit envoyer la gendarmerie pour rétablir l’ordre.

Arch. nat., F1 3705.

s Ce ee du curé Bernard. Préface de son livre. . Arch. dép., 2 V3. Sous-préfet de Fougères à Mounier (21 juillet nn. 8 M 14. e =. à Mounier (18 mars 1803).

le choix sur des hommes dévoués au gouvernement‘ ». L'évêque malgré les sages avis du préfet persistait à maintenir la distinction entre les prêtres des deux origines. Le 9 pluviôse (29 janvier) Mounier passa quatre heures chez M. de Maillé pour essayer de le ramener aux vues du gouvernement. Toute sa persuasion y échoua et Gouvion Saint-Cyr indique que sur 350 postes ecclésiastiques à pourvoir, l'évêque n’en voulait donner que 33 aux prêtres constitutionnels, et montrait une attitude des plus intransigeantes, vis-à-vis du pouvoir civil. Il refusa d’être membre de la commission administrative des hospices, disant que partout où il se trouvait, la présidence lui appartenait et non pas au préfet, représentant de l'autorité civile.

Les difficultés étaient analogues dans le département des Côtes-du- Nord, où l'organisation du clergé n’était guère plus avancée que dans l’Ille-et-Vilaine”. Ce ne fut qu'au bout de longs mois que les préfets et les évêques réussirent à s'entendre sur les nominations des nouveaux titulaires pour les cures et succursales. Mais les articles 6 et 7 du Concordat exigeaient la cérémonie de la prestation du serment préalable à l'entrée en fonctions. Par un arrêté de Mounier cette prestation devait avoir lieu pour les prêtres de l’arrondissement de Rennes le 15 thermidor an XI (27 juillet 1803) en présence du préfet; les ecclésiastiques des autres arrondissement prêteraient serment devant les sous-préfets, le 22 thermidor (10 août)*. Quelques prêtres intransigeants firent encore des difficultés ; ils ne voulaient pas se soumettre à ce serment qu'ils considéraient comme une véritable abdication de certains droits religieux sacrifiés aux exigences de la France nouvelle. Il fallut toute l'autorité de l’évêque pour calmer ces scrupules de la dernière heure. La cérémonie eut lieu à Rennes dans l’église cathédrale en présence des autorités civiles et militaires. M. de Maillé prononça un sermon avant la prestation du serment pour mettre un terme aux dernières hésitations de ses prêtres. « Que le nom de serment, nos chers coopérateurs, leur ditil, n’alarme en aucune manière votre délicatesse, puisque son objet est purement civil. Vous devez cet exemple aux peuples qui vous sont confiés, parce que c’est à vous à leur enseigner le premier des devoirs du chrétien dans l’ordre social, la soumission aux puissances *. » Malgré ces paroles édifiantes et résignées, la totalité

Arch. nat., AF1v, 1053. Dossier d’Ille-et-Vilaine, note n° tr.

Arch. nat., F7 3703. Bulletins de police, 26 nivôse an XI (16 janvier 1803). . dép., 1 V37. Arrêté du 8 thermidor (27 juillet).

Arch. dép., 2 V 15. Discours imprimé chez Robiquet, brochure de & pages.

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du clergé d'’Ille-et-Vilaine ne voulut pas se soumettre au Concordat ; c'est l’origine du schisme de la petite Ée lise dont nous reparlerons plus Lou

Toutes les anciennes divisions ecclésiastiques avaient été abolies, puisque deux évêchés de l’ancien régime, Dolet Saint-Malo, n'étaient pas rétablis. Le nouveau diocèse de Rennes comprenait désormais 43 cures, correspondant aux circonscriptions des justices de paix. Nous donnons ici le tableau de ces nouvelles divisions ecclésiastiques du département qu'il peut être utile de connaître, car elles ne furent guère modifiées qu’en 1859 par l’évêque Saint-Marc, lorsque l'évêché de Rennes devint archevêché. Nous indiquons en même temps les justices de paix et les noms des principaux titulaires des diverses cures. Il y avait au total pour le diocèse 342 paroisses". Ce chiffre fut notablement diminué sous l'empire, comme le prouve l’état des succursales du diocèse de Rennes, dressé en exécution du décret impérial du 30 septembre 1807, et approuvé par l'évêque Enoch, successeur de M. de Maillé, le 26 décembre 1807°. Les 43 cures furent maintenues, mais il n’y eut plus que 271 succursales ; au total 314 paroisses; 28 succursales avaient été réunies à des piroisses plus importantes. Ces suppressions se trouveront notées sur le tableau suivant : 1l y en eut 8 dans l’ arrondissement de Rennes, 5 dans celui de Saint-Malo, h pour Fougères, 4 pour Vitré, 2 pour Redon, 5 pour Montfort. Ces 28 paroisses supprimées en 1807 reprirent dans la suite leur individualité ; il en fut de même pour la plupart de celles que le tableau de 1803 indique comme réunies à d'autres: 20 sur 26 furent rétablies comme circonscriptions religieuses indépendantes. Cetle augmentation du nombre des paroisses, ce retour à l’ancien régime est la preuve manifeste du grand mouvement catholique dans les campagnes françaises au milieu du xix° siècle. Six anciennes paroisses d'Ille-et-Vilaine furent seules à ne pas recouvrer leur autonomie: Saint-Méloir-des-Bois (cure de Hédé),

Vildé-Bidon (cure de Dol), Bonnaban (cure de Saint-Servan), La

1. Ce tableau est dressé d’après deux documents des Arch. dép., 1 VretM statistique. Au sujet de l’organisation de 1854, il faut consulter l'ouvrage du chanoine Guillotin de Corson: Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, t. I, p. 766 et suivantes. Sans dresser le tableau de l’organisation de 1803, l’auteur donne pour cette date 341 paroisses. Le tableau ci-joint en présente 342, à cause de la paroisse de Tréméheuc. M. Guillotin la marque parmi les paroisses supprimées en 1803 (p. 775). Or elle avait été maintenue, comme le prouvent les événements que nous racontons au cours de ce chapitre. Elle fut supprimée sans doute en 1804, c car nous ne la trouvons plus sur l’état dressé par le sous- DA de Saint-Malo en janvier 1805 (Arch. dép., M statistique).

. Arch. nat., AFiv 1418. Pièces ministérielles relatives aux cultes.

Valette (cure de Châteaubourg), Saint-Germain-des-Prés (cure de Maure), les Bleruais (cure de Saint-Méen). Avant la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, le chiffre des paroisses s'élevait à 384, mais il est probable que les effets de cette loi forceront les autorités ecclésiastiques à opérer des réunions beaucoup plus nombreuses que celles décidées par le ministère des cultes en 1807.

Pibrrau LP.

Tableau des justices de paix, des cures et des succursales en 1803.

JUSTICES DE PAIX CURES NOMS DES CURÉS

NOMBRE DE SUCCURSALES

el « SUCCGURSALES ë al

DES PAROISSES

ARRONDISSEMENT DE RENNES

Rennes Saint-Pierre | Jean de Bléry | 9 |S'-Germain (à Rennes). | 10 (nord-est). |églisecathédrale puis Saint-Laurent !. (dans l’église Maugendre. Betton.

de l’ancienne La Chapelle-d-Fougerais.

abbaye Gevezé.

de S'-Melaine). Saint- Grégoire.

Montgermont.

Montreuil-le-Gast.

Thorigné.

Rennes Toussaints Ruaulx 5 | Saint-Hélier (à Rennes). 6 (sud-est). (église dela Tribonnière Acigné.

de l’ancien puis Poisson. Cesson.

collège). Chantepie.

Vern.

Rennes Saint-Sauveur. Olviero. 8 | Bourgharré. 9 (sud-ouest). Bruz.

Chartres.

Saint-Erblon.

Orgères. Vézin.

St-Jacques-de-la-Lande.

Noyal-sur-Seiche avec Châtillon-sur-Seiche.

Rennes Saint-Étienne Touchet. 3 | Saint-Aubin, à Rennes. k (nord-ouest). [ancienne église Pacé.

des Augustins. Parthenay avec Clayes.

1. Les paroisses supprimées en 1807 sont indiquées en italique.

Saint-Aubind’Aubigné.

Châteaugiron.

JUSTICES DE PAIX

CURES

Saint-Aubin-

d’Aubigné.

NOMS DES CURÉS

NOMBRE DE SUCCURSALES

me ©

Vaneau !

puis Hunault.

SUCCURSALES

Aubigné.

Chevaigné.

Feins.

Gahard.

Melesse.

Mouazé.

Romazy.

Sens.

Vieuxvy.

Saint-Germain-sur-Ille.

Montrewl-sur-flle.

Saint-Médard.

Andouillé-Neuville.

Châteaugiron avec Venceffles (réuni).

Tual?.

Mexeuges

puis Doublet.

Saint-Aubin-du-Pavail.

Saint-Armel.

Brécé.

Chancé.

Domloup.

Nouvoitou.

Servon.

Noyal-sur-Vilaine.

Dingé.

Saint-Gondran $.

Guipel.

Langouet.

Lanrigan *.

La Mézière.

Québriac.

Saint-Symphorien.

Vignoc.

Bazouges-sous-Hédé, avec

S'-Meloir-des-Bois.

Janzé.

Janzé.

Sorette puis Paris.

Amanlis.

Boistrudan.

Brie.

Piré.

Corps-Nuds.

TOTAL DES PAROISSES

IT

1. Il y a dans l’annuaire statistique de Mounier une erreur: il indique Vannier, c’est Vaneau, ancien député aux États généraux. Il mourut en 1803 et eut pour successeur l'abbé Hunault, ancien recteur de Billé et député à la Constituante.

2. Né en 1760, fut nommé en 1788 recteur de Châteaugiron, puis en 1789 député suppléant à la Constituante. Ayant refusé le serment à la Constitution civile, il dut s’expatrier jusqu’au Concordat. Il rentrait dans sa paroisse, qu'il ne quitta plus. Il mourut en 1834.

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