‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 171 sur 221 · Bulletin des Lois, IITe série. B. r07. 88r · texte numérisé non relu

Bulletin des Lois, IITe série. B. r07. 88r

de l’organisation ecclésiastique, comme il devait quelques mois plus tard dicter à Bourrienne le projet de sénatus-consulte organisant le consulat à vie. € J'ai été guidé, dit Portalis, par les notes sages et profondes que j'avais prises sous votre dictée, et jai marché avec confiance: » Bonaparte n’acceptait que ces auxiliaires dociles, résignés à subir sa volonté dominatrice et habiles à flatter le maître. Le même Portalis, écrit encore le 2 messidor (21 juin 1802): « C’est l'amour du bien, soutenu par mon attachement sans bornes à votre personne qui m'encourage au milieu des difficultés inséparables d’une aussi grande affaire. Votre génie est ma force et votre estime ma récompense ‘. »

Louvois et Colbert avaient montré plus de caractère et d'indépendance vis-à-vis du grand Roi. Portalis ne cessait de prouver à Bonaparte la justesse de ses vues, en lui vantant les heureux résultats produits par la seule annonce du rétablissement prochain de la paix religieuse. € Partout on la désire », ditl: et dans un rapport du 1° ventôse (20 février 1802) 1l cite les déclarations identiques des préfets d'Ille-et-Vilaine, de la Manche, de Jemmapes, de l'Aveyron: « Les cultivateurs jouissent de leurs églises et bénissent la bienfaisance du gouvernement”. »

Il y eut dans les bureaux de la direction des cultes tout un travail préparatoire pour la nomination aux évêchés: dans ces conditions l'organisation de l'Église d'Etat fut assez rapidement élaborée, et le 18 germinal an X (8 avril 1802) fut promulguée la loi qui rétablissait officiellement le libre exercice du culte catholique romain. La cérémonie magnifique qui fut célébrée à Notre-Dame de Paris devait être reproduite en des proportions plus modestes dans tous les départements sous la surveillance des préfets. Ils devaient veiller à ce que l'installation des nouveaux évêques se fit avec solennité et sans rencontrer aucune opposition. D'ailleurs, le gouvernement avait pris ses précautions. On chercherait en vain dans le journal du département d’Ille-et-Vilaine, dit Journal du Nord-Ouest, la moindre appréciation sur le Concordat. Le préfet Borie avait formellement interdit au citoyen Chausseblanche, imprimeur et directeur du Journal, de publier aucune discussion relative aux affaires religieuses”. La précaution n'était pas inutile à cause de la lutte passionnée des deux clergés.

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