‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 188 sur 221 · Imprimé à Rennes. Arch. nat., FITH · texte numérisé non relu

Imprimé à Rennes. Arch. nat., FITH

2. En 5e De Viris illustribus Urbis Romæ, de Lhomond, Cornélius Népos, Phèdre; en: he Ovide et les Commentaires de César; en 3e Virgile; en 2e Salluste, en rre Virgile et Horace.

3. Circulaire de Rœderer aux préfets, 12 messidor an X (rer juillet 1802). Recueil des. circulaires, t. IV, p. 179 et aussi Arch. dép., 2T8.

de concéder un grand nombre de places gratuites dans les nouveaux lycées aux élèves des écoles secondaires qui paraîtraient le mieux en état de profiter de l’enseignement des lycées. Les enfants des familles aisées et'capables de payer aux directeurs des écoles secondaires une certaine rétribution se trouvaient donc particulièrement favorisés.

On suivit pour l’organisation des écoles secondaires la même méthode que pour l'établissement des lycées. Leurs règlements furent promulgués par des arrêtés consulaires ultérieurs le 4 messidor an X (23 juin 1802) et le 19 vendémiaire an XII (12 octobre 1803). Les écoles secondaires se divisèrent en deux catégories : les écoles communales et les écoles particulières. Les premières sont celles dont les municipalités font une partie des frais. Elles sont placées sous la surveillance immédiate du gouvernementet administrées par un bureau particulier. Deux membres du conseil municipal doivent faire partie de ce bureau. Les écoles dirigées par des particuliers sont soumises à des inspections faites par le préfet ou les sous-préfets ; elles ne peuvent être ouvertes sans l'autorisation du gouvernement". En vertu de ces dispositions des écoles secondaires furent autorisées durant l'administration préfectorale de Mounier dans les arrondissements de Rennes, Vitré, Fougères et Saint-Malo. Ceux de Redon et de Montfort n’eurent que des établissements sans importance qui restèrent assimilés aux écoles primaires.

Il y eut seulement deux écoles secondaires communales dans le département, à Fougères et à Vitré. Dès la fin de l’année 18ot le sous-préfet de Vitré secondé par le conseil municipal avait déclaré à Borie que la ville était prête à faire des sacrifices pour obtenir un établissement d'instruction secondaire*. Le conseil municipal vota le 28 floréal an XI (18 mai 1803) une subvention annuelle de 3000 francs et une souscription volontaire offerte par les habitants assura 4 124 francs pour les frais de premier établissement. Dans ces conditions une école secondaire communale put s'organiser ; elle s'établit dans un ancien couvent d’'Ursulines concédé par le gouvernement. Sur la proposition du bureau d'administration le ministre de l'Intérieur nomma comme directeur Hunaut, assisté de trois autres professeurs. Le directeur avait un traitement de 600 francs, deux professeurs chacun 1 000 francs et le troisième 900 francs. En dehors

1. Circuläire de Kourcroy aux préfets, brumaire an XII. Recueil des circulaires, t. V, 1 ATX

2. Sous-préfet de Vitré à Borie, 23 brumaire an X (14 novembre 18o1). Arch. dép., 21 rx.

de la subvention municipale prise sur les fonds de l'octroi, les ressources étaient fournies par la rétribution des pensionnaires et des externes. IL y eut bientôt 10 pensionnaires, 21 demi-pensionnaires etiimexternes."lLes pensionnaires payaient 475 francs, les demipensionnaires 242 francs, et les externes de 5 à 6 francs par trimestre.

Le 12 juin 1802 la municipalité de Fougères adressait à Mounier par l'entremise du sous-préfet une pétition pour obtenir du gouvernement la concession d’un ancien couvent où l’on pourrait créer un établissement d'instruction, car depuis longtemps la majeure partie des enfants de la ville restait dans l'ignorance et l’oisiveté". La municipalité offrait 1 500 francs pour les dépenses. Une école secondaire communale fut bientôt organisée où l’enseignement pouvait être donné de la 6° à la 3°, et à la même date que pour l’école de Vitré le ministre nomma le directeur Marye et les trois professeurs (2 mai 1804). Le directeur avait un traitement de 900 francs, et les trois professeurs chacun 700 francs. La part de la commune était, comme à Vitré, acquittée sur les produits de l'octroi et le surplus fourni par les rétributions scolaires. En 1805 il y eut 7 pensionnaires ei 33 externes; les pensionnaires versaient 420 francs, les externes environ 3 francs par mois.

La population scolaire de ces deux écoles secondaires était donc peu considérable : celle de Saint-Brieuc comptait en 1805, 4o pensionnaires et 120 externes, mais dans la Loire-Inférieure et le Finistère 1l ny avait aucune école secondaire communale ; le Morbihan en avait quatre, à Vannes, Auray, Josselin, Ploërmel: la plus fréquentée, Josselin, n'avait guère que 80 externes”.

Dans la plupart des départements, les directeurs et professeurs avaient des traitements d’une modicité comparable à ceux d’Ille-et- Vilaine: on peut signaler toutefois quelques exceptions, à Laval, Béziers, Châlons, Lille, Valenciennes, les directeurs ont des traitements qui varient de 1 200 à 2 500 francs, et les professeurs de 1000 à 1 600 francs.

Il n'y eut à Rennes que des écoles secondaires particulières; l’arrêté du 5 frimaire an XI (26 novembre 1802) en autorisa cinq. La plus considérable fut celle de l'abbé Blanchard, directeur du séminaire, avec 180 élèves dont 120 pensionnaires et 9 professeurs, pour la plupart ecclésiastiques. Mounier, après avoir inspecté cet établis-

PA ArChe dép.21000:

2. Siluation des Ecoles secondaires communales, Arch. nat., AD vx, 28.

sement, dit qu'il est & plus propre à former des prêtres qu'à fournir des hommes pour les autres professions ». Le pensionnat faisait beaucoup de tort à celui du lycée, car, ajoute encore le préfet, « une très grande partie des familles sont attachées au culte catholique romain et le directeur de cette maison jouit d'une grande réputation théologique”. » L'école de l'abbé Dublot avec 2 professeurs comptait 35 élèves dont 30 pensionnaires. L'école Maignant groupait 145 élèves; l’école Ruffé, peu connue, avait 38 externes, et l’école Martin-des-Landes 33 élèves. Il résulte du rapport de Mounier que ces établissements d'instruction étaient très imparfaits: l’enseignement donné était tout à fait élémentaire. Seule l'école dirigée par l'abbé Blanchard pouvait fournir quelques élèves au lycée, par suite d'une étude plus sérieuse et plus développée de la langue latine.

Dans l'arrondissement de Saint-Malo, l’arrêté du 5 frimaire an XI autorisa quatre écoles secondaires privées: à Saint-Malo l’école Luzière qui ne comptait guère que 22 élèves, à Saint-Servan les écoles Bertin et Coutances, la première avec 10 élèves et la seconde avec 17; l’école Raffray à Paramé avec {1 auditeurs.

On peut donc conclure que l’enseignement secondaire préparatoire qui n’était pas donné dansles lycées, avait beaucoup de peine à s’organiser dans le département. Le gouvernement consulaire qui voulait dominer l’enseignement secondaire libre et avait eu l'intention de faire des établissements où il était donné, la pépinière de ses lycées, ne pouvait en réahté exercer son contrôle que sur un petit nombre d'écoles dignes de ce nom. Il est certain qu'une foule de modestes pensionnats dirigés surtout par des prêtres ou directement soumis à l'influence du clergé, échappaient absolument à la surveillance des autorités préfectorales.

IV. —- Quant à l’enseignement primaire il existait à peine ou se confondait avec les petits pensionnats du second degré. La ligne de démarcation était loin d'être nettement tracée, comme le prouve le curieux rapport adressé à Mounier par l’adjoint Trublet de la municipalité rennaise *. Get adjoint avait été chargé par le préfet d'inspecter les écoles que l'on qualifiait de primaires dans la ville de Rennes. Il parle de trois maîtresses d'école, femmes du peuple, d'une instruction personnelle rudimentaire et dans une siluation des plus misé-

1. Mounier à Fourcroy, 19 messidor an XII (8 juillet 1804). Arch. dép., 2T8. 2. 5 prairial an XII (25 mai 1804). Arch. dép., 1T 19.

rables, réunissant avec peine autour d'elles quelques enfants de la classe ouvrière dans des locaux mal éclairés et insalubres. Pour les garçons le choix des maîtres a été meilleur, mais ces instituteurs ne songent nullement à leur tâche véritable : ils dépassent le but que le gouvernement s’est proposé en créant des écoles primaires. Q J’ai trouvé, écrit Trublet, dans leurs écoles peu d'enfants auxquels on apprenait à lire, le plus grand nombre était occupé à traduire des auteurs latins. Ce sont des écoles secondaires au lieu de primaires. » Lenombre des élèves répartis dans ces divers établissements dits primaires ne dépassait pas 115 pour la ville de Rennes ! Si l'insuffisance de l’enseignement primordial était aussi lamentable dans la cité la plus importante du département, on peut juger de sa situation dans les bourgades de moindre importance et les districts ruraux. Le sous-préfet de Fougères déclare en novembre 1804 que malgré tous ses ellorts, sur 57 communes de son arrondissement, 31 n'ont pas encore d'écoles élémentaires et parmi elles la grosse bourgade d’Antrain, 26 ont des écoles plus ou moins fréquentées; à Fougères l'instituteur loge dans une modeste maison que lui concède la municipalité : 1l a 50 élèves et les parents doivent fournir une rétribution de 2 francs par mois. A La Fontenelle l’école compte aussi 50 élèves ; à Tremblay une quarantaine. Baron, dont le passé résolument républicain inquiétait l'inspecteur Gouvion Saint-Cyr, préconise déjà la gratuité et l'obligation scolaires : &Il nous faudrait, écrit-il à Mounier, des instituteurs publics qui enseignassent graluilement et que les enfants fussent forcés d'aller à l’école, sans cela la majeure partie s’en abstiendrait encore’. »

Voici quelles étaient, d’après le tableau dressé par le sous-préfet, les 26 communes de l'arrondissement de Fougères où l’enseignement primaire était donné dans des proportions bien insuffisantes encore, puisque le nombre des enfants qui les fréquentaient ne s'élevait pas à 600.

1. Baron à Mounier, 18 brumaire an XIII (9 novembre 1804). Arch. dép., 1 T6.

TaBreau G.

COMMUNES

Baillé.

Bazouges-la-Pérouse.

Coglès.

Combourtillé.

Fougères.

La Fontenelle.

Laignelet.

La Selle-en-Coglès.

Le Chäâtelier.

Le Ferré.

Le Loroux.

Louvigné-du-Désert.

Marcillé-Raoul.

Montours.

Noyal-sous-Bazouges.

Poilley.

Rimoux.

Romagné.

St-Aubin-du-Cormier.

St-Brice-en-Coglès.

St-Georges-de-

Reintembault.

St-Marc-sur-Couesnon.

S'-Remy-du-Plein.

St-Sauveur-des-

Landes.

Tremblay.

Villamée.

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