LES TROUBLES DE LA SECONDE CHOUANNERIE (ANS VII ET VIN
qui imposent une amende sur les communes de Saint-Jean-du- Couesnon et Saint-Christophe-des-Bois. Mais leur solde est arriérée. Votre équité ira au-devant des désirs de ces braves républicains qui ne sollicitent que ce qui leur est dû’. »
Mais l'application de cette loi de messidor dont le ministre montrait les avantages amena encore de ficheuses conséquences pour les communes du département, sans affaiblir beaucoup les forces de l'insurrecüon. Un certain nombre de cantons n’en accueillirent qu'avec plus de faveur les insurgés qui trouvaient les moyens de s’y ravitailler. Lorsque les gardes nationaux venaient arrêter comme otages les pères et mères des chouans, ceux-ci envahissaient quelque commune patriote sur un autre point du département et gardaient prisonniers les parents des jeunes gens qui s'étaient réfugiés dans les villes à leur approche ou avaient pris du service dans les compagnies franches. Les acquéreurs de biens nationaux étaient particulièrement inquiétés. En de si pénibles circonstances les administrateurs municipaux les plus dévoués à la République hésitaient à continuer leurs fonctions, car le moindre rassemblement armé sur le territoire de leur commune attrait sur eux la colère des chefs mulitaires irrités de ne pouvoir frapper un ennemi presque toujours -insaisissable qui se dérobait à l'approche des colonnes ; l’administration centrale avisée par les officiers frappait d'une amende la commune infortunée qui n'avait pas eu assez de forces disponibles pour assurer la sécurité dans ses environs. Le commissaire du Directoire recevait sans cesse des lettres analogues à celle de Lenglet, administrateur de la commune de Bazouges-du-Désert. Le 23 brumaire an VIIL (14 novembre 1709), vers 8 heures du soir, 4ao chouans commandés par Boisguy avaient surpris le poste de ce bourg et massacré plusieurs hommes de la compagnie franche. L’administrateur s'excuse de ce malheureux événement : « Faites valoir, je vous prie, citoyen commissaire, l'innocence et le courage de notre commune, auprès des généraux, afin de nous mettre à l'abri des poursuites militaires qui seraient d'autant plus tristes pour nous qu'elles ne seraient pas méritées ”. » De partout venaient les mêmes doléances et les mêmes demandes de troupes pour renforcer des gardes nationales insuffisantes. L'anarchie était donc complète : parmi les administrations municipales, les unes terrifiées par les menaces des chouans restaient dans l’inaction, et les autres étaient