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damnés à de fortes amendes’. Dans une série de lettres Fouché déclare que l’inertie des communes rurales donne seule l’audace aux bandes de chouans; pourquoi la population d’Ille-et-Vilaine n'imiterait-elle pas celle du Var qui s’est levée en masse pour résister aux insurgés du Midi? Il faut tirer les communes de leur apathie en multipliant les amendes et en augmentant le nombre des otages”. L'administration centrale suivit avec d'autant plus d’empressement ces conseils qu’elle était satisfaite de trouver la ressource des amendes pour solder les compagnies franches et les troupes que depuis trop longtemps déjà le gouvernement ne pouvait plus payer d'une façon régulière.
Le général Michaud* commandait alors en chef l’armée d’Angleterre et le général de brigade Roulland était à la tête de la subdivision d'Ille-et-Vilaine. À la demande de ce dernier les administrateurs frappèrent d'une amende de 15 000 francs les communes d’Argentré, £trelles, Saint-Didier, Saint-Jean-sur-Couesnon, Vandel, Saint- Christophe-des-Bois, à cause de leur complicité avec les rebelles. Le général fit une expédition dans toute la partie orientale du département, à l’aide de plusieurs colonnes mobiles. Il donna la chasse aux chouans et son énergie lui valut les éloges du Journaliste Chausseblanche; cet unique représentant de la presse rennaise, en racontant les engagements contre les rebelles cherche à rassurer ses concitoyens : « le déploiement des forces a prouvé aux chouans qu'il ne faut que les rencontrer pour les défaire et la juste punition des communes d'Etrelles et d’Argentré contiendra les défaillants'. » Mais la majeure partie de ces amendes devait servir aux besoins des troupes et il aurait été impossible aux administrateurs d'en disposer autrement et de résister aux exigences du général qui entendait bien pourvoir lui-même à la solde de ses subordonnés. « Demain, citoyens administrateurs, écrit-1l dans une lettre du 26 vendémiaire (18 octobre), nos braves vont partir pour mettre à exécution vos arrêtés
1. Arch. dép., 9 M 59. Arrèté du 6 vendémiaire an VIII (28 septembre 1799).
2. Arch. dép., 10 M 18, 15 vendémiaire an VIII (7 octobre 1799).
3. Michaud (Claude-François), né à Chaux-Neuve dans le Doubs le 28 octobre 1757. volontaire au 5° régiment de chasseurs à çheval ou du Gevaudan de 1380 à 1783, devint capitaine au 2° bataillon des volontaires du Doubs (9 oct. 1791), général de brigade à l’armée du Rhin, le 19 mai 1792, il se distingua dans la journée de Wissembourg, divisionpaire le 25 septembre 1793, il commandait l’armée d'Angleterre depuis le 16 messidor an VIT (4 juillet 1799).
4. Chausseblanche publiait à Rennes le Journal du Nord-Ouest de la République française (12 pages au numéro petit in-8). On y trouve quelques nouvelles locales et les comptes rendus des séances des Anciens et des Cinq-Cents; n° 95 du Journal,