‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 58 sur 221 · Aulard, ouv. cit., p. 17, ou AF 1v · texte numérisé non relu

Aulard, ouv. cit., p. 17, ou AF 1v

4. Arch. nat., Fa, 559, et aussi Arch. hist. de la guerre, Correspondance de l’armée de l'Ouest. La Barolière qui commande la 13° division écrit à Berthier le 21 nivôse (1t janvier) : « La division est dans le plus mauvais état à tous égards : beaucoup de soldats désertent ; ils n’ont pas de viande et ne sont pas payés. »

ne comptent plus en tout que 378 présents’. Le puissant génie militaire de Bonaparte se rendit parfaitement compte qu'une offensive très énergique pouvait seule porter remède à cette situation. En attaquant avec vigueur on occupera des soldats rebutés et fatigués et on dispersera des rebelles trop audacieux. Aussi Bonaparte recommande à Brune la plus grande célérité pour toutes les opérations. Il lui donne des instructions où se révèlent cette hâte fébrile, cette impatience du résultat, cette inquiétude du succès qui caractérisent souvent sa correspondance militaire : € Vous avez besoin surtout de remuer les généraux qui ne se donnent pas assez de mouvement. Ne souffrez pas qu'ils restent dans les villes; le poste d'honneur, c’est le bivouac et les granges », et dans une autre missive qu'il adresse à La Barolière, commandant la 13° division militaire à Rennes : « Je n’entends point parler que vos colonnes soient en mouvement et que vous et vos généraux soyez encore sortis des villes. Faites que J'apprenne bientôt que vous avez surpris à la pointe du jour les Ho au rassemblements des chouans et que vous les avez dispersés”. » Il ordonne à Brune de renvoyer à Paris tous les généraux qu'il jugera trop âgés ou trop inactifs pour cette guerre de surprises et de marches rapides, et il place sous ses ordres d'excellents lieutenants : Gardanne, Dumoulin, Milhaud, Tilly, Humbert. Des renforts sont expédiés à l’armée de l'Ouest. Voici l’état des troupes qui se trouvaient réparties dans l'Ille-et-Vilaine à la fin de pluviôse an VIII (février 1800)°:

À Rennes et à Ne De 2 bataillons de la 29° demi-bri-

gade légère. . . AU NL ee CRE RE 754 hommes.

A Roanes. Hédé et Ridon 1 bataillon de la 21° de ligne,

SONT ; 970 — À Saint-Malo et environs, .3 RUE à 1 la 82e … ar A 1930 — À Redon, Bain, Fougeray, 3 bataillons de la 6° re SOIt. |: 2920 — À Rennes, 9° A du 1° régiment d’artillerie à pied. 32 — À Saint-Malo, 1°, 2°, 9° compagnies du 4° d'artillerie à pied. 180 — À Saint-Servan, 6° HO du 5° du d'artillerie à

Cheval re Re 7 — À Rennes, dépôt du pe ann d ar rollers à Cat see 38 — À Rennes, 4° compagnie d’ ouvriers d'artillerie, soit. . . . 88 —

1. Arch. nat., AF 1v, 1590. État de situation de l’armée d'Angleterre au 26 nivôse (16 janvier). |

2. Arch. nat., AF 1v, 861. Bonaparte à Brune 24 nivôse an VIII (t4 janvier) et AF*, 1Y, registre 21. Boat à la Barolière (2 pluviôse, 22 janvier 1800).

3. Arch., nat., AF 1v, 1590. Situation de l’armée de l'Ouest au 10 ventôse (1° mars 1800). L’ état est in par Tilly, chef d'état-major.

À ces troupes de ligne qui représentaient un effectif d'environ 6000 hommes, il faut ajouter les compagnies franches d’Ille-et- Vilaine évaluées à 2 490 hommes disponibles. Avec ces forces réunies on pouvait agir. Des colonnes nombreuses cernèrent les principales bandes d’insurgés. IL y eut dès lors beaucoup de soumissions et l’apaisement commença dans une grande partie du département.

Par une lettre écrite à Rennes, le 17 février, La Prévalaye avertit Brune que toutes les bandes placées sous ses ordres sont entièrement licenciées'. De Boisguy qui n'avait plus avec lui qu'une centaine d'hommes se rendit, et beaucoup d’insurgés remirent leurs armes. Des états dressés par le commandant de la place de Rennes, Mayeux, portent que du 9 au 18 ventôse (28 février au 10 mars 1800) 656 fusils et 39 baïonnettes furent déposés à l'arsenal de Rennes”. Dans les cantons ruraux l'opération fut plus difficile. La Barolière dut prendre un arrêté sévère pour obtenir le désarmement. On n'’accorda de certificat d’amnistie qu'à ceux qui remettaient leurs armes en bon état avec les munitions. Les champs etles maisons où l’on trouverait des dépôts d'armes seraient mis sous séquestre, indépendamment d’une forte amende que devrait supporter la commune”.

Brune prenait d'ailleurs des mesures habiles pour la pacification. Il commença par traiter avec beaucoup de douceur les prêtres insermentés qui jusqu'alors avaient joué un grand rôle dans l'insurrection. Le premier consul lui avait donné à ce sujet des instructions très nettes. Il fit mettre en liberté ceux d’entre eux qui étaient détenus à Rennes et à Vannes, leur donnant à tous des cartes de sûreté pour l'obtention desquelles il se contentait de leur demander une promesse d’adhérer à la constitution de l’an VIIT*.

IV. — Durant le mois de nivôse avait eu lieu le plébiscite pour l'acceptation de la loi du 23 frimaire an VIIL. Des registres de votes furent ouverts dans les diverses municipalités et aussi chez les notaires et les juges de paix du département. Ces registres ne sont

1. Arch. hist. de la guerre. Correspondance de l’armée de l'Ouest, an VIIT.

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