ARRONDISSEMENT DE SAINT-MALO
Cancale.
3 communes ont voté sur 4.
Châteauneuf.
7 communes ont voté
Combourg.
6 communes ont voté sur 7.
Dol.
1 commune a voté sur 6.
Le Vivier.
h communes ont voté sur 4.
Miniac-Morvan.
3 communes ont voté
1. À Hirel et à Lillemer les agents municipaux ont voté seuls,
Cancale.
Saint-Coulomb.
Saint-Méloir-des-Ondes.
Châteauneuf.
Saint-Jouan-des-Guérets.
Saint-Père.
Bonnaban.
Saint-Guinoux.
Saint-Suliac.
La Gouesnière.
Combourg.
Tremeheuc.
Saint-Léger.
Cuguen.
Bonnemain.
La Chapelle-aux-Filzméen.
Le Vivier.
Hirel.
La Fresnaye.
Lillemer!.
Miniac-Morvan.
Tressé.
Plerguer.
VOTES
NÉGATIFS
TOTAL
COMMUNES AYANT YOTÉ
VOTES
I commune.
sur les navires corsaires.
1. L'administration cantonale a été transférée à Saint-Broladre. 2. Les administrateurs font remarquer qu’il y a peu de votes à cause des marins absents
CANTONS AFFIRMA- TIFS Paramé. Paramé. 95 1 commune.
Pleurtuil. Pleurtuit. 52 1 commune.
Roz-sur-Couesnon!. Roz-sur-Couesnon. 23 6 communes ont voté sur 6. Cherrueix. 106 Saint-Broladre. 15 Saint-Marcan. 2 Saint-Georges-de-Grehaigne. I Sains. TI Saint-Enogat. Saint-Enogat. 83 3 communes ont voté sur 3. Saint-Briac. 13 Saint-Lunaire. 28 Saint-Malo. Saint-Malo ?. 508 1 commune.
Saint-Pierre-de-Plesquen. Saint-Pierre-de-Plesguen. 54 5 communes ont voté sur 5. Lanhelin. 9 Meillac. 150 Pleugueneuc. 98 Plesder. 141 h52 Saint-Servan. Saint-Servan ?, 274
VOTES
NÉGATIFS
3. M. Haize, dans son ouvrage sur Saint-Servan, donne le chiffre de 225 acceptants. Il n'indique pas de référence. Les registres de la municipalité donnent 251 signatures, et 4 chez le notaire Chabossière. Personne n’a voté le rejet de la constitution.
RS a
TOTAL
MORE ESS CANTONS COMMUNES AYANT VOTÉ AFERMA- TOTAL NÉGATIFS TIFS Tinténiac. Tinténiac. 27 6 communes ont voté sur 7. | La Baussaine. 48 Saint-Domineuc. 64 CAE Tréverien. 27 Tu:
Saint-Thual. 7 Trimer. 8 Trans. Trans. 45 5 communes ont voté sur 6. | La Boussac. 48 Vieuxviel. 26 Pleine-Fougères. 5r 176 Sougeal. 6 53 communes ont voté sur 62. 2 708 on) Ye 6. — ARRONDISSEMENT DE VITRÉ Chäteaubourg. Chäteaubourg !. 30 30 1 commune a voté sur 6.
Domagné. Domagné.
4 communes ont voté sur 4. | La Valette. 2 ; Ossé. l Se He Chaumeré ?. I Domalain. Domalain. 2 2 = [= 2 communes ont voté sur 3. | Bais. ny 117 [17 | Gennes. Gennes. 42 2 communes ont voté sur 4. Saint-Germain-du-Pinel. 10 52 p2
1. C'est le seul registre qui ait pu être ouvert dans le canton. 2. Dans ces 4 communes il n’y a guère que les votes des agents municipaux et de leurs
adjoints,
VOTES | vorEs
COMMUNES AYANT VOTÉ Arrmmma-| TOTAL NÉGATIFS
TIFS
Izé.
1 commune a voté sur 5.
La Guerche. La Guerche. | 188
2 communes ont voté sur 5. | Chelun. 3 191
Le Teil. Le Teil. 165
; 3 communes ont voté sur 4. | Essé. : 100 Thourie. . I
Louvigné-de-Bais. Louvigné-de-Bais ?. 53 53
1 commune a voté sur 5.
Marcillé-Robert. Marcillé-Robert. 89
2 communes ont voté sur 3. | Moulins. 9
Martigné. Martigné-Ferchaud. ne)
À 3 communes ont voté sur 3. | Eancé.
Forges. 19
Retiers. Retiers3. 58
2 communes ont voté sur 3. | Coësmes. 22
es /sbel à] BR ls pes
Vitré. Vitré. 219 I 216
1 commune a voté sur 3.
24 communes ont voté sur 62. 1 659 I 1 660
1. La municipalité n’a pas voulu ouvrir de registre : les 3 votes sont envoyés par le juge de paix.
2. Signature de François Le Roy, ministre du culte et instituteur.
3. Parmi les votants l'ex-conslituant, curé de Retiers, Lancelot, son vicaire Juroche, et Mauny, curé de Visseiche.
La première remarque que suggère l'examen de ce tableau détaillé est relative au petit nombre des votes émis. Le total s'élève seulement à 967o : soit 9 632 votes aflirmatifs et 38 négatifs. Ce chiffre est très faible, car si nous prenons pour terme de comparaison un document intéressant de 1790 où se trouve indiqué par une liste manuscrite le nombre des citoyens actifs ou électeurs du premier degré dans l’Ille-et-Vilaine, nous constatons que ces citoyens sont au nombre de 65 448. Il faut évidemment tenir compte de la notable diminution de population dans le département, telle que nous la signalions au chapitre 1* de cette étude, à la suite de longues années de troubles ; mais cette réduction nécessaire une fois faite, on remarque qu'un cinquième à peine des citoyens en âge et en état de faire connaître leur sentiment dans cette consultation populaire, ont pris part au vote de nivôse. Dans bien des communes, les agents municipaux et leurs adjoints sont seuls à voter. Ces abstentions si nombreuses s'expliquent par l’état troublé du département, «la terreur qu'inspiraient les bandes insurrectionnelles, enfin par la défiance ou l’apathie des populations rurales. Dans plusieurs cantons occupés par les chouans, les administrateurs font remarquer, à l’aide de notes jointes aux registres, que bien des cultivateurs sont restés chez eux par crainte de représailles ; souvent aussi les communications sont trop longues et trop périlleuses entre leurs demeures et le centre principal de la commune: c’est le cas pour les cantons de Parcé, de La Guerche, de Châteaubourg, de Saint-Aubind’Aubigné, de Plélan, et pour les petits bourgs ruraux des environs immédiats de Rennes ei de Fougères.
D'autres cultivateurs ne veulent pas s'engager par un vote public que toute la commune peut connaître et discuter; ils préfèrent attendre la réalisation des promesses du nouveau gouvernement et surtout connaître quelle sera son attitude dans la question religieuse, car c’est là — n’en doutons pas — le grand souci de la plupart d’entre eux qui suivent les conseils et l'inspiration des prêtres réfractaires déjà revenus en grand nombre à la faveur de l’amnistie, et ceux-ci recommandent la plus grande réserve. Les administrateurs du canton de Saint-Georges-de-Reintembault ont la franchise de consigner sur leur registre les réflexions que beaucoup d’autres font tout bas : « Le peuple de cette contrée se serait porté avec bien plus d’ardeur pour l'acceptation s'il avait déjà le libre exercice de son culte pour lequel il soupire toujours. » Aussi n’avons-nous relevé dans ces registres du plébiscite de l'an VIII que onze adhésions de membres du clergé qui sont des prêtres assermentés : Le
Coz, l’évêque constitutionnel de Rennes; Lancelot-Dubourg, ex- Constituant, curé de Retiers, avec son desservant Juroche ; Mauny, curé de Visseiche, réfugié à Retiers; Tual, desservant de Saint- Hilaire-des-Landes ; Allaire, prêtre assermenté à Plélan ; Trébault, curé de Sens; Verdier, curé d'Ercé-près-Liffré; Boulanger, curé à Andouillé-Neuville ; Gohel, curé de Gahard ; François Le Roy, curé de Louvigné-de-Bais.
Les votes les plus nombreux sont ceux de l'arrondissement de Saint-Malo, où 53 communes sur 62 exprimèrent 2712 votes; ensuite ceux de l'arrondissement de Rennes avec 2531 suffrages. Dans les arrondissements de Fougères et de Vitré le chiffre des abstentions fut déjà considérable, car la moitié des communes seulement exprimèrent une opinion (63 sur 119). Quant aux arrondissements de Montfort et de Redon, on ne relève que 840 suffrages exprimés pour 92 communes ! Les votes négatifs ne sont qu'au nombre de 38: 18 à Mellé (canton de Louvigné-du-Désert), 1 à Tremblay (canton d’Antrain), 1 à Rennes, 1 à Vitré, 1 à La Bouexière (canton de Dourdain), 11 à Médréac et 1 à La Chapelledu-Lou (canton de Montauban), 4 à La Chapelle-aux-Filzméen (canton de Combourg). Tous ces opposants portent des noms sans notoriété ; la plupart ne sont que de simples cultivateurs; un seul indique son modeste emploi: c’est l’opposant unique parmi les 1 308 votants de Rennes, Goupil, garde-magasin de l'hôpital militaire.
Nous arrivons à cette conclusion que dans l'Ille-et-Vilaine, les 9 670 votants qui donnèrent leur avis sur les journées de brumaire, forment en réalité une minorité. La plupart des approbateurs sont certainement ces patriotes qui mettent leur espoir en Bonaparte, ces républicains décidés, dont parle le délégué consulaire Challan, « qui sont en petit nombre et n'ont de force que par leur courage »'. La majorité apparlient aux abstentionnistes, c’est-à-dire aux royalistes dont beaucoup luttent encore les armes à la main, et aux habitants des campagnes terrorisés, défiants, qui voient maintenir autour d'eux tout l'appareil militaire indispensable pour réprimer la rébellion.
V. — Le général Brune, après avoir parcouru les départements. de Maine-et-Loire et du Morbihan, arriva dans la ville de Rennes, le 15 ventôse (6 mars) et fut reçu solennellement par l'administration municipale. Celle-ci se plaignit amèrement au général que la commune de Rennes, partageant le sort de toutes les autres cités du
t. Arch. nat., FI 552, rapport cité.
département, eût été mise hors de la constitution, après toutes les preuves nombreuses qu'elle avait données de son dévouement aux institutions républicaines ‘. Brune, désireux de se concilier la reconnaissance des administrateurs, publia dès le lendemain de son arrivée un arrêlé où 1l déclarait que le gouvernement voulait donner à la ville de Rennes un témoignage de satisfaction pour la conduite distinguée qu'elle avait tenue pendant les troubles de l'Ouest; en conséquence, elle rentrait sous l'empire de la constitution, mais devait rester provisoirement en état de siège. L'administration, que présidait Parcheminier, vota aussitôt des remerciements enthousiastes au général et fit afficher une proclamation pour annoncer l’heureuse nouvelle.
Mais l'autorité militaire, forte des avantages obtenus, n'était pas toujours assez respectueuse des droits de l'administration civile. Ainsi Brune voulut puiser, pour satisfaire les réclamations de ses troupes, dans les caisses publiques, avant même d’avoir reçu l’autorisation consulaire. L’arriéré de la solde lui paraissait une raison suffisante pour justifier ces emprunts forcés et peu remboursables aux finances de Rennes et du département *. Il était donc nécessaire qu'un représentant accrédité du gouvernement central vint calmer tant de défiances et remplacer des administrateurs fatigués de leurs difficiles fonctions : il serait plus autorisé qu'eux pour maintenir l'exercice du pouvoir militaire dans de justes limites. Le 11 ventôse an VIIT (2 mars 1800), Bonaparte nommait trente et un préfets ; parmi eux se trouvait le premier préfet d’Ille-et-Vilaine, Borie*. La Constituante, dans la réorganisation administrative de 1790, avait voulu décentraliser les services, en tenant compte des critiques de Necker: « C’est du fond des bureaux, avait dit ce ministre, que la France est gouvernée. » Mais les résultats de cet essai avaient été peu satisfaisants ; la trop grande autonomie donnée aux directoires de départements avait souvent amené l'anarchie et mis en péril l'ordre public. Bonaparte voulut tout remettre sous le contrôle immédiat des divers ministères, et la loi du 28 pluviôse (17 février 1800) venait de décider l'établissement des préfets, véritables successeurs des intendants de l’ancien régime.