CHAPITRE IV
SOMMAIRE
I. — Caractère et passé du premier préfet d’Ille-et-Vilaine. Borie fut président du directoire du département en 1791. Il est accueilli avec sympathie dans le département. L'ancienne administration municipale de Rennes est encore maintenue en fonctions. Première organisation des bureaux de la préfecture. Réclamations nombreuses. Situation précaire des anciens commissaires du Directoire près les administrations municipales.
II. — Les biens nationaux dans l’Ille-et-Vilaine. Inquiétude des principaux acquéreurs ; circulaires rassurantes de Fouché. Mesures militaires prises pour la surveillance des côtes et des émigrés. Bernadotte remplace Brune comme général en chef de l’armée de l'Ouest (28 germinal, 18 avril 1800). Diminution dans l'effectif de cette armée. Le régime constitutionnel est rétabli dans le département (4 floréal, 24 avril).
III. — Les premiers collaborateurs de Borie. Organisation du secrétariat général et du Conseil de préfecture. Nomination des sous-préfets (17 germinal, 7 avril): Boullet à Saint-Malo, Baron à Fougères, Baymé à Redon, Maudet à Montfort, Thomas à Vitré. Leur rôle pendant la Révolution.
IV. État des communes rurales. Influence des prêtres réfractaires. La lutte en faveur des offices du dimanche, de l’ancien calendrier et de l’usage des cloches.
Impossibilité de maintenir le décadi. Borie, par de prudentes instructions, évite de compromettre l’œuvre d’apaisement.
I. — Quand il fallut désigner le premier préfet d'Ille-et-Vilaine, Bonaparte fit un choix heureux, car Borie n'était pas un étranger pour le département qu ‘il allait administrer: ses concitoyens le connaissaient de longue date et avaient pu déjà apprécier ses qualités dans la direction des Pre publiques". Né à Tréguier le 24 février 17997, 1l fut d’abord avocat au Parlement de Rennes, puis procureur du roi au présidial de cette ville ; il devint sénéchal au même présidial en 1783 et fut le dernier sénéchal de Rennes ; c’est en cette qualité qu'il se lia d'amitié avec M. Bertrand, le dernier intendant de Bretagne. C'était un représentant distingué de cette haute bourgeoisie de l’ancienne France qui s'élevait presque au rang de la noblesse par la considération légitime dont elle était entourée, et souvent la surpassait par les vertus domestiques et la continuité des services rendus à la province ou à l’ État. Borie mérita d’être appelé par les élus du tiers ordre à la présidence de leur assemblée dans les anciens États de Bretagne, aux sessions de 1788 et 1789. 11 maintint avec
Bibliographie.
A. Archives départementales.
1 M x (Personnel, affaires générales).
8 M 13 (Lettres du ministre de la police générale). 9 M 8r, 82 (Troubles de l’Ouest. Correspondance du préfet). 16 M 54 (Correspondance du préfet).
1 Q 189 (Ventes de biens nationaux).
B. Archives municipales de Rennes.
Registre D‘7, fol. 126.