INTRODUCTION XI
maire dans l'arrondissement de Fougères en 1804, d’après un document officiel de la sous-préfecture. Sur 57 communes, 26 seulement ont des écoles plus ou moins fréquentées : le nombre des élèves n'’atteint pas 600. J'ai fait figurer sur ce tableau l'indemnité de logement fournie par les communes aux instituteurs, ainsi que le chiffre des rétributions scolaires. On y observe neltement les graves défauts qui entravèrent depuis l’origine le développement de l'instruction primaire : pénurie d'instituteurs et insuflisance des rétributions qui décourage les meilleures volontés (Tableau F).
Le dernier tableau est relatif au plébiscite pour l'hérédité impériale. Il est établi sur le même plan que les deux précédents (D et E\. Pour chaque commune avec les noms des maires en fonctions, trois chiffres de votes se trouvent indiqués de manière à rendre faciles les comparaisons avec les plébiscites de l’an VIIT et de l’an X. Le chiffre des votes négatifs est devenu insignifiant: 11 sur 21 205 suffrages exprimés. J'ai noté exactement les votes favorables du clergé: 389 prêtres, curés ou desservants, c'est-à-dire la majeure partie des ecclésiastiques pourvus de fonctions officielles dans le département, s’empressent de reconnaître l'établissement de l’empire. C'est le résultat naturel du Concordat. Mais pour l’ensemble du plébiscite, 1l y a moitié moins de votants qu’en l'an X. Cette diminution s’explique un peu par l'indifférence ou l’apathie des cultivateurs, mais surtout par l’abstention commune des royalistes désabusés sur le compte de Bonaparte et des républicains attachés à la vraie tradition (Tableau ).
Au cours de toutes mes recherches mon souci constant a été de n’avancer aucune assertion qui ne fût confirmée par des documents dignes de fois. J'ai cherché aussi à donner les noms de tous les personnages qui purent par leurs fonctions exercer une influence réelle : présidents de municipalités cantonales, commissaires du Directoire, conseillers généraux, conseillers d'arrondissement, juges de paix, magistrats des nouveaux tribunaux, membres des collèges électoraux de département et d'arrondissement, maires des communes. Beaucoup de nos contemporains de Bretagne pourront ainsi, je l'espère, retrouver avec plaisir le rôle de quelques ancêtres, ou l’action de leur famille dans le passé : ils se sentiront plus que jamais solidaires des générations disparues. « Nourrie, pour ainsi dire, des sucs du terroir, l'histoire nationale sera plus vivante et mieux comprise". »
tr. Maurice Faure, Circulaire du 25 février 1917, relative à l’enseignement de l’histoire locale, Bulletin instruction publique, n° 1970.