‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 6 sur 221 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

ne tarda pas à se rendre compte qu'il n'était pas prudent pour un préfet soucieux de conserver son crédit à Paris, de créer des diflicultés locales susceptibles d’entraver l'œuvre d’unification religieuse, si chère à Bonaparte, et dans son discours au Conseil général de l'an XIL, il pouvait se féliciter « de voir fonctionner sans trop de heurts le nouvel organisme religieux ».

Il avait aussi mené à bonne fin la réorganisation de l’enseignement public d’après la loi du 11 floréal an X. Le lycée de Rennes fut inauguré solennellement, sous sa présidence, le 10 octobre 1803, et il ÿ prononça un discours fort original. C’est une page vraiment curieuse pour la psychologie de Mounier : on y voit réapparaitre le libéral sincère, le disciple des penseurs du xvin* siècle; elle nous fait oublier le préfet du Consulat, souvent empressé comme tant d’autres à exalter toutes les idées du maître de la France et à préparer son élévation définitive à l'Empire. Il sollicite de ses administrés des vœux et des adresses en faveur du Premier consul : 1l est peut-être dupe, comme beaucoup d’autres, du prétendu libéralisme de Bonaparte. Son extrême désir de stabilité gouvernementale lui fait accepter volontiers le sénatus-consulte organique de l'an XII. Le grand succès du plébiscite impérial fut l'aboutissement logique de toute l’œuvre administrative de Mounier. Il se déclarait heureux Qd’avoir rallié par l'expérience à des principes de liberté raisonnable les opinions du département si longtemps exaltées dans des sens différents ». D'ailleurs les progrès de la richesse publique étaient indémiables dans l’Ille-et-Vilaine et la plupart de ceux qui donnèrent leurs suffrages à Napoléon crurent sincèrement travailler à la prospérité de leur commune et à la grandeur de la France tout entière.

Quatre tableaux sont joints à cette dernière partie de notre travail. Le premier donne les résultats du plébiscite pour le Consulat à vie. Les votes y sont relevés par communes, avec le nom des maires en exercice, et permettent la comparaison avec les chiffres de l’an VIIT; le rapprochement est significatif : au lieu de 9 600 suffrages exprimés,il y a maintenant {0 866 votes, dont 72 seulement sont négaüfs. Beaucoup d'’électeurs ont accompagné leurs votes d’adulations excessives qui doivent encore exalter l'ambition de Bonaparte (Tableau E).

Le second tableau présente le relevé des 43 Justices de paix du département, depuis la réduction du 25 brumaire an X ; avec les 43 cures qui résultent de l'application du Concordat, et leurs 299 succursales (Tableau F).

Un troisième tableau renseigne sur l’état de l'enseignement pri-

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