‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 96 sur 221 · DE © D · texte numérisé non relu

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d'une fois les arrêtés de nomination qu'adresse le préfet lui sont renvoyés. Les acceptations sont particulièrement difficiles dans les communes où sont cantonnées les troupes. Ce fut seulement dans les derniers jours de fructidor an VIII (septembre 1800)que les diverses municipalités à la nomination du préfet se trouvèrent presque toutes organisées après bien des incertitudes et des remaniements. Parfois les nouveaux élus du préfet avaient été l’objet de dénonciations locales qui allaient jusqu’au ministre de la police. Tels le maire de Pleine-Fougères, Richard, et son adjoint Jénouvrier, accusés d’avoir donné asile aux chouans. Le préfet avait été obligé de faire procéder à des enquêtes pour mettre à néant les calomnies qui souvent étaient formulées par d'anciens fonctionnaires du Directoire, aigris et mécontents de ne plus participer aux affaires”. Le 18 fructidor an VIIT (5 septembre 1800) Borie put adresser au ministre de l'Intérieur un état nominatif des maires et adjoints. Les municipalités étaient entièrement formées dans les arrondissements de Rennes, Saint-Malo et Montfort; dans l’arrondissement de Fougères manquait encore celle de Louvigné-du-Désert; dans l’arrondissement de Redon, celle de Langon ; dans l'arrondissement de Vitré 1l fallait encore faire les choix pour Moussé, Domalain, Baïs, Moulins, Le Teil, Essé, Arbressec, Martigné et Forges : au total 3/40 communes étaient organisées sur 351 *. Tous les choix ne pouvaient être parfaits. Borie avait surtout cherché à écarter les royalistes ou les jacobins pour confier la direction des communes à des hommes d'opinion modérée, jouissant de l'estime publique dans leurs villages ou bourgs respectifs. Mais très souvent, faute d’autres candidats il avait dû placer à la mairie de bons cultivateurs presque illettrés, dont l'ignorance devait être parfois nuisible pour l'exécution des lois, ou tout au moins fâcheuse pour la bonne tenue des registres de l’état civil. Nous constaterons dans l'étude du plébiscite de l'an X qu'un grand nombre de maires savent à peine écrire. D'ailleurs le cas n’est point particulier à l’Ille-et-Vi aine. L'analyse des procès-verbaux des conseils généraux en l'an IX nous apprend que 73 départements se plaignent de l'ignorance des maires.

Les municipalités à la nomination du Premier Consul dans les communes dont la population dépassait 5 000 habitants ne furent complètement organisées qu'au début de l'an IX. Ces communes

1. Borie à Fouché, 15 thermider an VIIL Arch. nat., FT 9750. 2. Arch. nat., F1B 71, Ille-et-Vilaine, 2. x

étaient au nombre de six'. Rennes (25 404), Saint-Malo (9147), Saint-Servan (8836), Vitré (8809), Fougères (7297), Pleurtuit (6596). Pour le poste de maire de Rennes, Bonaparte avait d’abord désigné par l'arrêté du 28 germinal an VIIE (18 avril 1800) Sollier- Latouche; gros marchand de la ville, Sollier est consul dans les années 1769, 1791, 1773, prieur en 1780, échevin en 1789. Il figure au procès-verbal des juges consuls de Rennes, dans l’assemblée du 31 mars 1789°. Il fut ensuite administrateur du département. Sollier n'accepta point ; il se contenta des fonctions de conseiller général, et la mairie fut confiée à Lorin. Le nouveau maire de Rennes avait 46 ans (né le 3 juin 1754). Avant la Révolution il avait rempli les fonctions d’inspecteur des domaines; puis après 1789, il devint officier municipal à Saint-Brieuc, administrateur du département des Côtes-du-Nord. Sa fortune personnelle était assez considérable pour l'époque et dans un pays de médiocre aisance, puisqu’il disposait d’un revenu de 6000 francs. L'arrêté du 28 fructidor an VIIT (15 septembre 1800) lui donna comme adjoints Jollivet, Pollet et Ruaulx, qui tous trois avaient figuré déjà parmi les administrateurs municipaux de la cité rennaise, au cours de la période révolutionnaire. À Saint-Malo furent nommés quelques mois plus tard (23 ventôse an IX), 14 mars 1801, comme maire, de Brecey, propriétaire, ancien président de l'administration municipale, assisté des adjoints Marion et Amsinck, tous deux négociants. Ces trois administrateurs avaient été recommandés au Premier consul par le Conseil municipal malouin, dans sa séance du 2 pluviôse an IX (22 janvier 1801)’. Pointel, fabricant de cordages et ancien député aux Anciens, fut maire de Saint-Servan‘, assisté des adjoints Moras et Le Turc, tous deux anciens officiers municipaux. A Vitré l’arrêté consulaire du h frimaire an IX (25 novembre 1800) désigna comme maire Mesnage, ancien administrateur municipal et pour adjoints Loychon père négociant, ex-administrateur, et Guyot du Tremble, propriétaire. La mairie de Fougères fut donnée à Lemercier des Alleux, avocat, avec Patard, ancien procureur de la commune, et Hochet, ancien membre du Conseil général, pour adjoints”. De La Bouëxière,

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