‹ Le Régime Corporatif ItalienChapitre 2 sur 58 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis quelques années, l’économie mondiale souffre d’un malaise dont il est difficile, encore, de prévoir la fin.

Il n’est pas douteux que la guerre n’ait été à l’origine des événements actuels ; mais l’énorme surproduction qu’elle a entraînée dans tous les pays est-elle la véritable cause du mal ou n’a-t-elle fait seulement que hâter la venue d’un phénomène inévitable ? La crise que nous subissons a pris, en effet, de telles proportions ; son ampleur, son intensité, sa persistance surtout sont telles qu’elle ne ressemble plus, que de très loin, aux perturbations qui troublaient périodiquement l’économie d’avant-guerre.

Sans aller jusqu’à parler, comme certains, de la faillite du capitalisme, 1l semble qu'il y ait cependant dans le malaise actuel quelque chose de plus qu'une simple crise de production, et, l’on est en droit de se demander si nous n’assistons pas à une évolution très générale vers une nouvelle organisa-

tion économique et sociale du monde.

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Même en France, où les défenseurs de l’économie libérale sont encore en grosse majorité, les interventions de l'Etat dans le domaine économique ne se comptent plus, mais elles restent isolées et ne font pas partie d’un plan d'ensemble.

Dans d’autres pays, au contraire, des expériences plus complètes ont été tentées : parmi celles-là, l'expérience corporative italienne nous semble particulièrement intéressante à étudier.

Elle se développe tout près de nous. Peut-être cette proximité la rend-elle plus accessible que les plans soviétiques ‘ou les tentatives rooseveltiennes. Mais surtout l’idée corporative a une origine bien française. L'influence de certains de nos écrivains tel que La Tour du Pin sur la doctrine fasciste ‘est indéniable. Mais c’est peut-être celle de G. Sorel qui a été Ja iplus prépondérante.

Mussolini et ses plus fidèles partisans de la première heure, les Bianchi, les Rossom étaient fortement imprégnés des idées soréliennes. Au début de l'ère fasciste, M. C. Malaparte affirmait : « qu'il n’y «avait au point de vue doctrinal, aucune différence «essentielle entre le syndicalisme soréhien et le « fascisme » (1).

Cette influence n’a pas cessé. En 1930, un auteur italien écrivait ‘en effet : (:G. Sorel ‘demeure encore un des esprits qui nous sont les plus proches. Cer-

taines idées fondamentales du syndicalisme révolu-

(1) L'Europe vivante, 1928, ‘p.'4.

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