‹ Le régime de la production en Russie des Soviets 1917 à 1925 ses résultats, ses conséquencesChapitre 13 sur 70 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Règne du contrôle ouvrier

(novembre 1917-mars 1918).

Avant la Révolution d'octobre, les bolcheviks ont provoqué une agitation intense en faveur du « contrôle ouvrier ». Sous leur pression, le Gouvernement provisoire créa des comités d'usine chargés uniquement de représenter le personnel auprès de la direction de l’entreprise et de traiter avec elle les difficultés relatives à l'organisation du travail (1).

Maîtres du pouvoir, les bolcheviks ont décrété, le 27 novembre 1917, « le contrôle ouvrier » obligatoire afin d’arracher à la bourgeoisie la direction des entreprises pour la confier à la classe ouvrière.

« Il est établi un contrôle des ouvriers sur la production, la vente et le magasinage des produits ainsi que sur la gestion financière de l'entreprise... Les commissions auront le droit d'en surveiller la production, d'en fixer

(1) Ces comités étaient semblables à ceux établis par la loi allemande du 5 décembre 1916.

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le minimum de rendement et de prendre les mesures nécessaires à l'établissement du prix de revient des objets fabriqués » (1).

Ils accordèrent ainsi aux commissions de contrôle le droit de prendre connaissance de la correspondance de chaque entreprise, d'assister aux séances des conseils d'administration et d'intervenir dans la discussion. Ils reconnurent même à leurs décisions un caractère obligatoire pour le directeur de l'usine (2).

En plus de ces droits de surveillance, ces comités possédaient de nombreuses prérogatives politiques. [ls participaient, en particulier, à l'étude des questions relatives à l'exploitation rationnelle des entreprises et à leur démobilisation. Ils étaient donc logiques avec eux-mêmes en s’emparant d’une direction (3) qui leur était en fait abandonnée malgré les prescriptions du règlement (4).

Pour empêcher cependant l'intérêt particulier de prévaloir

(1) Le règlement interprétatif du décret reconnaissait aux commissions de contrôle le droit de :

1° Déterminer les stocks de marchandises et de combustibles possédés par l’entreprise ainsi que l'outillage dont elle a besoin.

2° Déterminer les besoins de l'entreprise.

30 Prévoir les arrêts dans la production et d'en rechercher les causes.

4° Déterminer les mesures à prendre pour y maintenir la discipline.

(2) Règlement de janvier, région de l’Oural.

(3) °Le centre des comités des usines et ateliers de Pétrograd dans ses instructions aux commissions de contrôle des entreprises l’interprétait « comme faisant les ouvriers propriétaires de facto de ces dernières » (Antonoff, p. 9-25).

(4) Le décret reconnaissait aux propriétaires des usines le droit de donner des ordres pour la gestion de l’entreprise. La commission de contrôle ne devait pas s’y ingérer. Elle n'avait donc pas la responsabilité de sa marche et de son fonctionnement (art. 7-8).

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