NOÉ
sur l'intérêt général, ces commissions étaient hiérarchisées. À leur tête se trouvait le Conseil supérieur de l'Économie nationale chargé par décret du 18 décembre 1917 de « centraliser et de diriger les travaux des sections économiques locales » (art. 5 du décret).
Organes du contrôle ouvrier
placés dans leur ordre hiérarchique :
1° Commission ouvrière de contrôle de chaque entreprise ;
2° Commission de contrôle du syndicat professionnel de la branche industrielle intéressée ;
3° Commission régionale de contrôle;
4 Conseil supérieur de l'Économie nationale.
En raison même de leur double caractère d'organismes publics et professionnels, ces commissions de contrôle n’osèrent pas, en réalité, s’opposer aux exigences de leurs électeurs. Par leur négligence à défendre les intérêts de l'État, elles laissèrent se constituer dans chaque usine des comités ouvriers de direction substituant leur volonté à celle du propriétaire de l'entreprise, et mettant en application les théories syndicalistes des Confédérations générales du travail française et italienne, babituellement désignées par la formule : la terre aux paysans, la mine aux mineurs, l'usine aux ouvriers, les transports aux cheminots.
Elaborant le taux des salaires, normalisant les travaux, changeant les directeurs sans tenir compte de la compétence
technique nécessaire, ces comités ne réussirent pas à maintenir
ne os
la discipline du travail, moins encore sa productivité (1).
Après s'être ainsi substitués à l’ancien entrepreneur dans la direction de son industrie (2), ils n’ont nullement songé à défendre l'intérêt général contre les appétits de leurs électeurs. S'occupant uniquement des intérêts particuliers de l’établissement et le gérant avec le seul souci de plaire aux ouvriers, ces comités se firent entre eux la même concurrence pour l'achat et la vente qu'auparavant de simples particuliers. Ils dilapidèrent les réserves de matières premières afin de distribuer des salaires élevés.
Le Conseil supérieur de l'Économie nationale, véritable ministre du Commerce et de l'Industrie, ne put ainsi mettre
en vigueur son programme de production industrielle.
(1) Antonoff, Deux années de dictature, p. 24-29.
(2) Le propriétaire fournissait uniquement les moyens financiers nécessaires à la marche de l’entreprise. Son rôle se réduisait à poser sa signature sur des chèques pour des sommes indiquées par la commission de contrôle.