‹ Le régime de la production en Russie des Soviets 1917 à 1925 ses résultats, ses conséquencesChapitre 22 sur 70 · ROSE · texte numérisé non relu

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commune ou Mir en accordait seulement la jouissance aux familles paysannes selon un système de répartition périodique » (1).

Les procédés de culture ne pouvant dans ces conditions s'améliorer, la réserve des terres n'était pas assez grande pour satisfaire les besoins d’une population agricole prolifique (2).

M. Stolypine essaya de remédier, en 1906, à cette situation eu créant une forte classe moyenne agricole par la destruction du Mir. Par oukase des 9-22 novembre 1906 (L. 27 juin 1910), chaque chef de famille membre d’un Mir possédait le

droit de se faire attribuer à titre de propriété privée les terres

dont il avait jusqu'ici la jouissance (3).

Les paysans profitèrent largement des dispositions libérales de cette loi. On assista à l’éclosion de fermes champêtres et à la création d’une classe de moujiks aisés. Les fruits de cette réforme ne se firent cependant réellement sentir qu’en 1914. « La guerre éclata au moment où 15 à 20 0/0 de l'im- . (4) G. Kokovtzolf, La terre aux paysans.

(2) La surface des terres de Russie d'Europe était en 1905 de 387.753 mil-

lions de déciatines (1 déciatine : 4 Ha 093), à l'exclusion de celles de Courlande, Lethonie et Esthonie.

Tableau du mouvement des terres appartenant à des particuliers de 1861 à 1917.

1861 1877-78 1905 1916 Paysans.......... se 111,6 » 171,7 188 dont 42,5 pour Non paysans......... 120 102 82

la noblesse.

(3) Ce droit était refusé aux ouvriers des villes non définitivement détachés du Mir afin d'éviter la menace perpétuelle d’un nouveau partage.

GuÉRIN. 0

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mense travail de réorganisation était seulement effectué » (1).

Au moment de la Révolution, le nombre des petits propriétaires était ainsi très restreint. La chute du tzarisme eut, dans ces conditions, un profond retentissement dans les campagnes où elle fut considérée comme une occasion propice pour le partage des terres. Les paysans profitèrent de la désorganisation générale accompagnant toujours les changements brusques de régime pour s'emparer de ce qu'ils croyaient devoir leur appartenir. ;

Devant ce mouvement tout spontané, le Gouvernement provisoire essaya de réagir. Rapidement débordé par les événements et trop faible pour joindre l’action à la parole, son président M. Kérensky ne parvint pas à résister à cet assaut des campagnes éprises des tendances égalitaires dont il avait été lui-même l’instigateur sous le Gouvernement du tzar (2).

Appelé à lui succéder au mois d'octobre 1917, le Gouvernement soviétique avait trop intérêt à s'attacher les masses paysannes pour ne pas accéder à leurs désirs. Le moujik ne se contenta plus de s'emparer des terres de la noblesse, il voulut également faire disparaître la classe des petits propriétaires vivant depuis 1906 dans des fermes isolées et employant des salariés. La classe la plus pauvre tenta la réalisation du « partage noir », pensant ainsi établir une éga-

lité réelle parmi les membres des différents villages (3).

(4) Il aurait encore fallu, pour le C. Kokovizoff, une dizaine d'années pour résoudre et liquider complètement la question agraire.

(2) Il était chef du parti Troudovik (populaire) à la Douma.

(3) La Russie se serait ainsi trouvée divisée en une infinité de petits lots

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