‹ Le régime de la production en Russie des Soviets 1917 à 1925 ses résultats, ses conséquencesChapitre 23 sur 70 · SR RS · texte numérisé non relu

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Des « comités des pauvres », ou Combieds, furent créés dans chaque commune avec mission de réaliser le partage de la jouissance des terres. Réellement effectué dans chaque village, celui-ci n'eut pas lieu entre les différentes communes. Si les paysans aisés furent spoliés comme la noblesse et leurs terres distribuées aux malheureux et aux soldats démobilisés de retour au pays (1), les habitants d’une commune favorisée n’acceptèrent jamais de partager avec ceux d’un bourg plus pauvre. Sans se soucier des principes socialistes, les déshérités des campagnes voulaient donc uniquement assouvir leur haine et leur jalousie vis-à-vis de

leurs parents à leur aise.

B. — La question agraire de février 1918 à février 1919.

Pour parvenir à supprimer le rôle de l’argent dans l’économie russe, le parti communiste essaya de s'emparer au printemps 1918 de la direction de l’agriculture en même

temps que de celle de l’industrie.

« La nouvelle organisation de l'Economie nationale est sur le point d'atteindre la période où l'on

peut envisager la solution pratique de la question

dont la grandeur aurait été fonction du nombre des membres d’une famille paysanne. En Russie, en effet, la famille du moujik est patriarcale.

(1) Ils furent si nombreux qu’il y eut bientôt plus de partageants que de terres à partager.

AA mise à l'ordre du jour : le paiement intégral des

salaires én nature » (1).

Le 19 février, il publia un Code agraire proclamant la socialisation de la terre. Désireux de créer l'égalité dans les moyens de production, il adopta le système parcellaire où les paysans possédaient seulement l’usufruit de la terre qu'ils cultivaient, sans pouvoir la vendre ni la louer tout en conservant la libre disposition de leurs produits. Système bâtard, ce régime « coupait à l'intérêt personnel du moujik, moteur de son activité économique, sinon les ailes, du moins les plumes maîtresses des ailes, comme on ferait à un oiseau qu'on veut bien voir voleter dans la maison, mais pas au delà » (2).

Ce Code accordait cependant encore trop de liberté à l'initiative individuelle pour permettre l'établissement définitif du régime collectiviste dans l’industrie. Pour parvenir à remplacer la monnaie par des bons de travail, il était, en effet, nécessaire pour le Gouvernement de devenir l'unique propriétaire des vivres nécessaires à l’approvisionnement des villes et à l'exportation. Devant l’opposition irréductible des paysans à toute idée véritablement socialiste, ce dernier recourut à un compromis, le fameux régime de la Prodrazverstcka.

Au point de vue agraire, rien n’était changé mais

le paysan se voyait enlever la libre disposition des fruits

(1) Les Isvestia du Comité central exécutif panrusse, n° 150 de 1949.

(2) M. Descamps, Histoire des doctrines économiques.

ITU de son travail. La loi du 13 mai prescrivait, en effet, que tout le surplus de la production paysanne serait abandonné gratuitement à l'État. En compensation, celui-ci se chargeait de pourvoir gratuitement à tous les besoins des cultivateurs en produits industriels.

Par cette loi, le Gouvernement tuait définitivement la liberté du commerce en même temps qu'il portait le coup de grâce à l'intérêt du moujik d'augmenter la producti-

vité de son travail.

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